01/05/2026
Lettre ouverte à Monsieur Carlos Martens Bilongo, député,
Monsieur Bilongo,
Les sujets historiques aussi sensibles que ceux que vous évoquez ne peuvent pas être traités avec légèreté ni réduits à des formules politiques prêtes à l’emploi. Répéter des éléments de langage issus de certains cercles militants ou diasporiques ne constitue ni un travail d’historien, ni une posture responsable d’élu de la République.
Vous abordez une question complexe avec des affirmations simplifiées, sans référence rigoureuse aux archives, sans prise en compte des débats historiographiques, et sans mesurer l’impact de vos propos sur une partie importante de vos concitoyens, notamment d’origine turque.
Car oui, en tenant ce type de discours, vous ne contribuez pas à l’apaisement. Vous alimentez des tensions inutiles, vous stigmatisez, et vous jouez avec les équilibres sociaux dans des territoires où la cohésion devrait être une priorité.
Dans le même temps, la réalité évolue. L’Arménie elle-même, par la voix de son Premier ministre Nikol Pachinian, s’inscrit aujourd’hui dans une logique de normalisation et de stabilisation régionale. Quand l’État arménien regarde vers l’avenir, pourquoi certains responsables politiques en France s’enferment-ils dans une lecture figée et politisée du passé ?
Si votre objectif est réellement la vérité historique, alors soutenez clairement l’ouverture complète des archives : ottomanes, russes, arméniennes, françaises et britanniques. Un travail sérieux ne peut se faire que sur des bases documentées et contradictoires. À défaut, il faut assumer qu’il s’agit d’un positionnement politique, et non d’une démarche de vérité.
Nous vous rappelons également un précédent : à Sarcelles, le maire François Pupponi, après des propos visant les Turcs et leurs lieux de culte, a dû présenter des excuses publiques face à la réaction légitime de la société civile. Ce type de dérive n’est pas sans conséquence politique.
Notre recommandation est claire : faites preuve de responsabilité. Ne transformez pas un sujet aussi grave en outil de communication électorale. Ne jouez pas avec les sensibilités des communautés pour quelques gains politiques à court terme.
Dans le cas contraire, assumez un véritable débat.
Je vous mets au défi : débattons publiquement, de manière contradictoire, avec des historiens, des archives et des faits.