04/10/2026
𝐃𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐑𝐨𝐬𝐜𝐚𝐧𝐯𝐞𝐥, 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐯𝐢𝐯𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐊𝐚𝐛𝐲𝐥𝐞𝐬
Grâce au travail de Marcel Burel, historien et passeur de mémoire de Roscanvel, avec le soutien de l’Association pour la Valorisation du Patrimoine de Roscanvel (AVPR) et de la municipalité, une Table du livre en hommage aux Communards et aux Kabyles déportés depuis Roscanvel a été inaugurée le samedi 3 octobre, au fort de Quélern, en présence du maire, Jean-Paul Rivasseau, de Mélanie Thomin, députée, ainsi que de nombreux élus et responsables associatifs. Le Réseau Citoyen de la Coordination des Berbères de France était représenté par Mustapha Saadi.
Marcel Burel rattache cette histoire aux lieux mêmes où ces hommes furent détenus et d’où certains partirent vers la Nouvelle-Calédonie.
Cette Table du livre ouvre une nouvelle page de mémoire.
Ici, à Quélern, des hommes furent enfermés parce qu’ils avaient voulu changer leur destin. Des Communards, après l’écrasement de la Commune de Paris, furent détenus ici avant d’être déportés vers la Nouvelle-Calédonie. Puis vinrent les insurgés kabyles de 1871, eux aussi vaincus, condamnés et arrachés à leur terre.
Deux révoltes, deux histoires, deux peuples — mais une même année, 1871, et une même terrible destination : la déportation.
À Paris, les Communards s’étaient levés pour la République sociale, pour la démocratie et pour le droit du peuple à décider de son avenir. En Kabylie, l’insurrection de 1871 fut notamment nourrie par la dépossession des terres, les contraintes du pouvoir colonial et la défense de l’identité et de la liberté des communautés kabyles.
Après leur défaite, les uns et les autres se retrouvèrent sur les mêmes chemins de l’exil. À Quélern, leurs destins se croisèrent avant que les bateaux ne les emportent vers l’autre bout du monde.
Et là-bas, en Nouvelle-Calédonie, leurs histoires allaient encore se rencontrer.
C’est cette histoire que nous voulons faire sortir du silence.
Nous voulons nous souvenir des Communards.
Nous voulons nous souvenir des Kabyles déportés.