09/06/2026
𝐌𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐤𝐚𝐛𝐲𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 : Émouvant et sobre hommage à Fatima Medjber Centre Culturel Idir
Jusqu’à son dernier souffle, elle a continué à chanter, à déclamer des poèmes et à taper des mains. Elle aurait pu n’avoir qu’une vie d’artiste. Mais son destin lui a composé des pages multiples, comme autant de tableaux juxtaposés, chacun restituant une dimension singulière de sa personnalité.
Deux heures et demie n’ont pas suffi à retracer tous les moments de la vie de Fatima Medjber — mais elles ont permis au public de prendre la mesure de son étonnante personnalité et de sa capacité à se déployer pour faire face à toutes les situations.
Un diaporama de photos a montré son visage, son entourage et retracé les lieux qu’elle a traversés, de la Kabylie à Hussein-Dey, puis en région parisienne. On la découvre dans de nombreuses situations où elle apparaissait fidèle à elle-même : toujours droite, le visage empreint d’une expression vivante et puissante.
Des clichés anciens, en noir et blanc, la montrent avec sa mère, dans sa Kabylie éternelle, avec en toile de fond le village et les sommets du Djurdjura. D’autres la montrent en famille, entourée de ses enfants et petits-enfants, rayonnante. D’autres encore, nombreuses, la montrent dans des réunions, ou encore dans des manifestations — marchant, levant les bras, ou debout, haranguant la foule.
Une série de vidéos la révèle dans l’art de chanter, de déclamer des poèmes et d’esquisser des pas de danse. Des images filmées ces dernières années la montrent très entourée, stimulée par ses enfants qui l’accompagnent dans les chants qu’elle interprète et les poèmes qu’elle déclame. On la voit avancer dans l’âge, toujours vaillante, avec des moments sublimes — comme la célébration de son anniversaire, ou encore cette évocation de sa kabylité.
Ses enfants présents — Malika, Houria, Abdennour, Ahmed, Aldjia et Sadi — ont chacun su dire, avec émotion et des mots justes, qui était leur mère : une mère aimante et affectueuse, forte et courageuse, juste et généreuse, battante et constante, exemplaire et inspirante, artiste et poète, joyeuse et…
Ses petits-enfants ont tous témoigné de l’importance qu’avait eue leur grand-mère dans leur éducation, leur réussite et les valeurs qu’ils portent aujourd’hui.
Le maire d’Épinay-sur-Seine, Hervé Chevreau, a rappelé le rôle central qu’avait joué Fatima Medjber dans l’animation de la vie culturelle berbère de sa ville, et sa présence remarquable lors des événements qui y étaient organisés.
Ahmed Medjber, son fils et président du Centre culturel IDIR, a introduit la cérémonie en soulignant la portée symbolique du lieu choisi pour cet hommage à sa mère — cet équipement culturel qui porte le nom du grand chanteur Idir, et à la création duquel elle s’était pleinement impliquée.
Djedjiga Asmani, présidente du Réseau culturel franco-berbère, a quant à elle insisté sur l’importance de ce travail de collecte de la mémoire des Kabyles de France — et plus largement des Amazighs — soulignant combien il était nécessaire et d’actualité. La connaissance et la transmission de cette mémoire comptent parmi les missions auxquelles s’attelle la CBF.
Le nombreux public a suivi attentivement le déroulement de cet hommage, rendu vivant, instructif et pédagogique grâce à une animation assurée par Mustapha Saadi, compagnon de route de Fatima Medjber durant trente ans.