03/08/2026
Doctolib et l'IA
L'Union Dentaire exige des garanties
Depuis le 1er août, Doctolib a lancé un programme de recherche en intelligence artificielle (IA) reposant sur les données de santé de ses 50 millions d’utilisateurs. Sont notamment concernées les informations saisies par les professionnels de santé (notes cliniques, antécédents, traitements, état de santé), ainsi que certains documents, images et ordonnances.
L'Union Dentaire reconnaît évidemment l’aide que peut apporter l'intelligence artificielle pour améliorer la qualité des soins et soutenir la recherche médicale. MAIS, la sensibilité exceptionnelle des données de santé impose un niveau d'exigence élevé en matière de transparence et de protection.
Cette utilisation de l’IA en santé soulève notamment les interrogations suivantes :
- Le recours à un système d’« opt-out » (les données sont utilisées sauf opposition explicite) plutôt qu'un consentement préalable ("opt-in"), ce qui est discutable sur le plan éthique
- Le volume exceptionnel des données concernées (plus de 50 millions d'utilisateurs).
- Le fait que les professionnels de santé ont une responsabilité morale vis-à-vis de la confidentialité des informations que leurs patients leur confient, même lorsque celles-ci transitent par un prestataire numérique.
À ce titre, l'Union Dentaire demande à Doctolib de préciser les garanties, sur :
- La gouvernance du projet (instances scientifiques et éthiques indépendantes, représentation des professionnels de santé et des patients)
- La sécurité des données (modalités de pseudonymisation , traçabilité des accès, audits indépendants) ;
- Les usages autorisés, avec l'exclusion de toute utilisation commerciale ou de toute évaluation individuelle des praticiens ou des patients ;
- Les droits des patients, notamment une information claire et une procédure d'opposition simple ;
- Les garanties pour les chirurgiens-dentistes, afin que les notes cliniques et les données produites dans l'exercice professionnel ne soient pas réutilisées au-delà des objectifs annoncés.
L'Union Dentaire adresse dans le même temps une lettreouverte * à Doctolib pour solliciter une rencontre et la publication des réponses à ces questions.
La confiance entre patients, professionnels de santé et acteurs du numérique repose sur une transparence complète des garanties scientifiques, éthiques, juridiques et techniques entourant ce projet.
Votre droit d’opposition
Dans un mail, passé souvent inaperçu, envoyé début juillet par l’Equipe Doctolib à chaque praticien utilisateur (l’avez-vous lu ?)Doctolib explique sa démarche, à partir du premier août et pendant 3 ans, à ce projet de recherche, visant « à améliorer les parcours de soins grâce à l’IA ». L ‘entreprise précise que chacun peut exercer ses droits d'accès, de rectification, d'effacement ou d'opposition , via le formulaire dédié mis en place.https://www.doctolib.fr/privacy-settings?open=research_exclusion_form&lid=dr4wvwf0wyho
Vous pouvez aussi accéder, rectifier, limiter ou demander la suppression de vos données en écrivant à [email protected].
Pour déposer une réclamation, vous pouvez consulter le site de la CNIL.
Attention, la suppression ne sera plus possible une fois les travaux de recherche terminés (« afin de préserver la validité scientifique du projet », argue Doctolib).
Dans son mail de juillet, l’entreprise indique que les données utilisées seront conservées au maximum 5 ans. Pourra-t-on avoir alors, une assurance d’effacement effectif réel ?
Par ailleurs, dans un communiqué de presse publié le 6 juillet, la Ligue des Droits de l’homme (LDH) a appelé toutes les patientes et tous les patients à refuser l’utilisation de leurs données dans ce cadre ».
L’UD est à vos côtés.
Elle vous alerte et défend vos droits.