26/10/2026
🔴 Je viens d’être censuré par Le Figaro au sujet de l’attentat de Trappes. C’est la première fois que cela m’arrive en plus de huit ans d’engagement antiraciste. Croyez-moi, la raison invoquée vaut le détour. Je vous raconte tout : j’étais invité cet après-midi sur Figaro TV, dans l’émission de Victoire Sikora, pour revenir sur l’attaque de Trappes, dénoncer les différentes récupérations politiques, de tous bords, et défendre une conception véritablement universaliste de l’antiracisme.
Ma condamnation de cette attaque, dont les motivations racistes semblent aujourd’hui se préciser, est évidemment entière et sans réserve. Mais les enseignements que j’en tire diffèrent sensiblement de ceux que l’on entend depuis plusieurs jours dans le débat public.
J’avais donc l’intention de défendre un discours différent des banalités ambiantes.
Seulement voilà : une heure avant l’interview, j’apprends que la présentatrice a demandé l’annulation de ma venue.
Surpris, je demande naturellement pourquoi. On m’explique alors que mes positions sur le racisme anti-Blancs pourraient « teinter » l’interview.
Pardon ?
D’abord, je n’avais absolument pas prévu d’aborder ce sujet. La rédaction connaissait d’ailleurs parfaitement les arguments que je souhaitais développer, puisqu’elle me les avait demandés le matin même. Une pratique que je n’avais encore jamais rencontrée en huit ans d’interventions médias.
Mais surtout, depuis quand le fait de reconnaître l’existence du racisme anti-Blancs serait-il incompatible avec la dénonciation d’un crime raciste visant des personnes noires ou arabes ?
Depuis quand faudrait-il choisir les victimes que l’on accepte de défendre pour avoir le droit de s’exprimer sur le racisme ?
Notre association rassemble des personnes de toutes origines et de toutes convictions. Nous combattons le racisme sous toutes ses formes, sans hiérarchiser les victimes. C’est d’ailleurs ce qui devrait constituer le socle de tout engagement antiraciste.
Je ne m’attarderai pas davantage sur cette histoire. Elle dénote très justement une forme de racisme et elle est finalement plus humiliante pour le journal que pour moi.
Mais elle révèle quelque chose d’encore plus inquiétant, que je dénonce déjà depuis 3 jours : le récit politique imposé depuis l’attentat de Trappes semble désormais dicter les limites de ce qu’il est permis de penser et de dire.
Même des rédactions que l’on croyait attachées à la liberté du débat semblent désormais redouter qu’une parole vienne troubler le récit structuré par le maire de Trappes, LFI et Emmanuel Macron.
Ces jours-ci, presque tous les médias se couchent, même à droite.
Triste car Le Figaro était un journal que je prenais encore plaisir à lire.
Et, si cette histoire m’attriste, ce n’est pas pour ma petite personne.
Mais parce que notre pays change et qu'il semblerait que la « Soumission » évoquée par Houellebecq soit déjà là.