24/07/2026
السالم عليكم ورحمة للا تعالى وبركا ته
Mesdames et Messieurs, chers condisciples, distingués invités !
Nous évoquons aujourd'hui l'histoire d'un Homme dont les prédispositions génétiques et mystiques, de même que les efforts consentis tout au long de sa trajectoire, ont rendu exceptionnel parmi les Héros du Ciel.
L'exercice auquel nous nous adonnons est des plus périlleux : devant lui, nous sommes plus humbles que la fourmi devant le fils de Daoud. Comment apercevrions-nous alors, ne serait-ce qu'un aspect, de la stature de cet être d'exception ?
La réponse à cette question nous invite à renoncer à évoquer son histoire, ou même à tenter de présenter sa stature. Par pur réalisme, nous nous limiterons donc à reconnaître ses prouesses sur le plan de la formation et de la transformation de ses disciples.
Le sujet sur lequel nous nous prononcerons est intitulé :
« SEYDI MOUHAMADOUL MOUSTAPHA SY : LA PÉDAGOGIE QUI FORME ET L'ALCHIMIE QUI TRANSFORME ».
Les notions de pédagogie, de formation, d'alchimie et de transformation sont bien connues dans le contexte général, mais le sont-elles pour autant dans le paradigme d'Al Mourchid ? Est-il plus approprié de parler de la pédagogie ou de SA pédagogie ? Serait-il possible d'établir une dichotomie entre la formation et la transformation dans ce contexte ? Son alchimie touche-t-elle aux métaux vils ou aux cœurs et aux âmes en apnée existentielle ?
La pédagogie du Cheikh est inspirée de la source à laquelle il doit ses premières notions apprises, ses premiers concepts maîtrisés, son abreuvement majeur : le Coran. Ce dernier, pour avoir teinté et façonné sa démarche intellectuelle, l'a affranchi de toutes les langues, de toutes les idéologies et de toutes les disciplines. Ces dernières sont devenues pour lui, non pas des cadres régissant, mais des repères qu'il oriente au gré de sa profondeur intellectuelle et mystique. Il incarne dès lors une transdisciplinarité qui profite à tout son auditoire.
À l'image du Coran, jugé désordonné par un non-initié surpris par le non-agencement de ses thématiques, le discours du Cheikh est une collection de pierres précieuses. Chaque aspirant a la possibilité de les assembler harmonieusement, sans les dénaturer certes, mais de sorte qu'elles répondent mieux à ses préoccupations d'ici-bas et de l'au-delà.
Sa communication non verbale, quant à elle, est également tributaire de la dimension ésotérique du Coran. Elle ne renvoie ni à sa gestuelle, ni à sa posture, mais au verbe non prononcé, imperceptible à la vue de par la lecture et à l'ouïe de par l'écoute. Mais ceci n'est réservé qu'à une classe supérieure de son auditoire.
Interpellé sur sa démarche pédagogique par des observateurs lui suggérant une méthode académique, l'Homme démontra que sa méthode est plus Re-créatrice qu'autre chose. Il établit ainsi la différence entre le Professeur (Al Oustaz) et l'Accompagnateur (Al Maç-hûb). Ce dernier ne se limite nullement à la dispensation de cours ; il a le sacerdoce d'accompagner son disciple devant toute épreuve au potentiel d'une poussée d'évolution.
Mais comment cela se matérialise-t-il ?
L'Homme a hérité de Seydina Cheikh RTA la Tarbyati bil Himmati wal Hâli, qu'il a mise en application dans un cadre régi par autre chose que l'espace (min warâ-i Judur). En ce sens, son alchimie est la forêt cachée par l'arbre de sa pédagogie. Ici, l'aspirant ne jouit pas simplement de cours théoriques. Il évolue dans un cadre où rien ne prévaut, si ce n'est sa capacité à performer sur les plans mental, moral, spirituel, mais aussi sur celui de l'action rémunératrice. En un mot, il développe sa Himma par un engagement personnel.
La beauté de ce processus réside moins dans cette Himma que dans la rétribution qui en découle. En effet, il est admis dans notre monde que toute œuvre soit rétribuée à la hauteur du mérite de son auteur. Mais dans l'univers d'Al Mourchid, la rétribution est attribuée non pas au disciple, mais à l'initiateur et responsable du cadre. Celui qui, de par sa Himma supérieure, donne l'opportunité à quiconque souhaite œuvrer dans le champ de son homonyme, le Prophète (PSL).
Vous me demanderez, comme tout auditeur attentif, quelle serait alors la rétribution du disciple. Là intervient la notion de Hâl. Celle-ci est une émanation de la lumière divine. Elle se propage telle une onde, de sa source première à ses destinations finales, en passant par ses sources secondaires. En bénéficier ou pas demeure à la fois une question de performance et de Providence. L'apport du Cheikh, source secondaire, étant dans ce contexte un effet catalyseur et amplificateur. Devinez, chers auditeurs, au vu de ce qui précède, par quelle voie le disciple est à la fois rétribué, formé et transformé.
Chers condisciples, les attributs de ce Guide nous interpelle tous. S'il est indiscutable qu'il dispose de la meilleure des graines, sommes-nous le plus fertile des terres ? Faisons-nous preuve d'assez d'abnégation en réponse à sa générosité ? Qui sommes-nous pour mériter un compagnonnage, une proximité ou une synchronicité avec Lui ?
والسالم عليكم ورحمة للا تعالى وبركاته
Mouhamed Lamine Sembene, Plume Du Maître 2026