12/06/2026
Le Comité français pour Yad Vashem a appris avec une profonde tristesse le décès d’Arlette Tesyler, née Reimann, Présidente de l’Union des Déportés d’Auschwitz, survivante de la Shoah et témoin engagée de la mémoire.
Enfant, Arlette grandit à Paris auprès de ses parents, Abraham et Malka Reimann, originaires de Pologne, et de sa sœur Madeleine. Famille juive française, fièrement attachée à la France et à ses valeurs, les Reimann voient leur vie bouleversée par la guerre, les persécutions antisémites et les arrestations.
En 1941, Abraham Reimann est arrêté après avoir répondu à la convocation du « billet vert », puis interné à Pithiviers. Il sera déporté par le convoi n°4 du 25 juin 1942 vers Auschwitz, d’où il ne reviendra pas.
Le 16 juillet 1942, lors de la rafle du Vel d’Hiv, Arlette, sa sœur Madeleine et leur mère Malka sont arrêtées à Paris par des policiers français, puis conduites au Vélodrome d’Hiver avant d’être transférées au camp de Beaune-la-Rolande.
En août 1942, grâce à l’action de l’OSE, Jeanne Philippeau vient chercher les deux fillettes alors âgées de 11 et 9 ans et les emmène à Pezou, puis à Vendôme dans le Loir-et-Cher, où elles sont cachées et protégées, notamment par Jean et Jeanne Philippeau. Quelques mois plus t**d, leur mère les rejoint et travaille dans les fermes avoisinantes.
Malgré le danger permanent, la proximité de la Kommandantur et la présence quotidienne de soldats allemands, la famille Philippeau fait preuve d’un courage et d’une humanité exemplaires.
Arlette Reimann, avec sa sœur Madeleine, n’ont jamais cessé d’exprimer leur reconnaissance envers celles et ceux qui les ont sauvées en témoignant inlassablement auprès des jeunes.
Le 24 août 2022, Yad Vashem a décerné à Jeanne et Jean Philippeau le titre de Juste parmi les Nations. La cérémonie de remise de médaille, à titre posthume, s’est tenue le 16 juin 2025 à Vendôme en présence de la ministre Aurore Bergé.
Nous adressons nos plus sincères condoléances à ses proches.
Que son histoire et son témoignage continuent de résonner comme un appel à la vigilance qu’elle n’a cessé de transmettre.