12/10/2026
"Il est temps de passer de la performance à la robustesse."
C’est le message porté par Christelle Thieffinne, présidente de la CFE-CGC, le 8 octobre à l’ESCP, à l’occasion de la cérémonie de clôture du parcours Dialogue social et environnemental (DSE) de la Convention des Entreprises pour le Climat.
Au programme : des échanges en petits groupes autour des retours d’expérience, des enseignements tirés du parcours et une restitution collective en plénière où Christelle Thieffinne a rappelé un enjeu majeur : le changement climatique est un fait, et pour une transition réussie nos entreprises doivent passer de la performance à la robustesse.
La plupart des entreprises restent largement guidées par la pression financière et une vision à court terme. La robustesse, au contraire, s’inscrit dans le temps long : celui de nos organisations comme celui du vivant. Et elle n’est pas incompatible avec la compétitivité.
Pour engager cette transformation, Christelle Thieffinne appelle à faire évoluer les indicateurs. Les indicateurs extra-financiers existent, mais la CSRD (Corporate sustainability reporting directive, appelée CSRD, est une directive européenne adoptée en 2022 renforçant les obligations des entreprises sur la publication d’informations sur les questions environnementales, sociales et de gouvernance) a laissé un goût amer, en raison de sa complexité et de son manque d’opérationnalité. Il reste donc à inventer des outils plus adaptés mais aussi à concevoir l’avenir différemment « Je pousse à la création d’un nouveau modèle économique ».
Autre point essentiel : la contrainte est nécessaire. Faisant référence aux incendies de cet été, la présidente de la CFE-CGC, a rappelé que lorsque l’urgence s’éloigne, les priorités reprennent rapidement leur place. « On ne peut pas se faire mal tout seul, il faut donc des contraintes qui viennent de l’extérieur et qui nous poussent à agir »
Dans l’aéronautique, par exemple, de nombreux ingénieurs se rendent au travail à vélo. Mais la question de la transformation du secteur ne se résume pas à des choix individuels : « Doit-on cesser de construire des avions ? » La question concerne bien d’autres secteurs et doit trouver sa réponse dans l’innovation.
C’est précisément là que le dialogue social prend toute sa dimension. Une transition de cette ampleur ne peut se décréter : elle doit se construire et se négocier avec les salariés et commencer par un préalable indispensable : un diagnostic partagé.