La Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences - LFDA

La Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences - LFDA Faire évoluer le droit en faveur des animaux à l'aide d'arguments éthiques et scientifiques.

« La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences (LFDA) a pour projet de faire progresser la condition des animaux, les droits des animaux, grâce aux progrès de la science traduits dans les progrès du droit. C’est une grande ambition, une ambition permanente, qui s’exprime notamment grâce à des colloque internationaux que nous organisons, qui permettent de rassembler les experts du monde entier po

ur faire progresser la condition animale. » Louis Schweitzer, président de la LFDA

Créée en 1977, la LFDA est devenue reconnue d’utilité publique depuis 1999. Elle mène des actions contre un élevage industriel qui ignore les besoins et le bien-être des animaux, mais aussi contre la captivité des animaux sauvages, la chasse et la pêche de loisir, les abus de l’expérimentation animale. La LFDA est notamment à l'origine de l’étiquetage du mode d’élevage des poules sur les boîtes d’œufs, de l’étiquette bien-être animal, et son action de plaidoyer auprès des pouvoirs publics, du gouvernement et des parlementaires a permis la prise en compte de la sensibilité des animaux dans le code civil en 2015.


🔵 Quelles sont les missions de la Fondation LFDA ?

• Faire reconnaître dans le code civil et le code de l’environnement, la nature d’être sensible à tout animal, vertébré ou invertébré apte à ressentir la douleur, comme à éprouver des émotions.

• Faire connaître, améliorer et étendre les législations et réglementations nationales, communautaires et internationales visant à préserver de la disparition les espèces animales vivant à l’état de liberté et à garantir le bien-être, la santé et la sécurité de tous les animaux, domestiques ou sauvages détenus ou utilisés par l’humain.

• Veiller à l’exécution stricte des lois et réglementations de protection animale.

• Soutenir, développer, réaliser des études et recherches pluridisciplinaires scientifiques (biologiques, sociologiques, économiques, historiques), juridiques, philosophiques, littéraires ou artistiques, portant sur les relations entre l’humain et les animaux, et visant à valoriser le respect du bien-être animal comme de la réservation de la biodiversité animale.

• Promouvoir, diffuser, mettre en œuvre des informations, formations et enseignements fondés sur l’éthique liée à la connaissance et au respect de la vie animale.

• Coopérer à la réalisation de ces objectifs avec les parlementaires, les pouvoirs publics et les instances nationales, supranationales ou internationales, les établissements d’enseignement et de recherche, les organisations non gouvernementales de protection des animaux, ainsi que les corps professionnels concernés par les animaux.

🦋🦗 Il y a quelques semaines, nous faisions le point sur la sentience des insectes. Les études convergent, plusieurs fami...
10/06/2026

🦋🦗 Il y a quelques semaines, nous faisions le point sur la sentience des insectes. Les études convergent, plusieurs familles d’espèces ont une capacité à ressentir la douleur et peut-être à éprouver un large spectre d'émotions.
https://www.fondation-droit-animal.org/elevages-dinsectes-faillite-economique-et-morale/

Ces données éclairent d'une autre façon l'histoire de l'industrie des élevages d'insectes et notamment le cas Ÿnsect.

En 2011, la startup française naît sur une idée séduisante : élever des vers pour produire de la farine, des engrais et des composants pharmaceutiques. Une réponse à la pression démographique mondiale anticipée par la FAO dès le début des années 2000. En 2017, une première usine voit le jour (Dole, Jura) qui doit préfigurer l’inauguration en 2021 de la plus grande usine d’insectes au monde (Poulainville, Somme). Trois ministres sont présents, au total 600 millions d'euros investis dont 250 à 300 millions d'argent public (https://www.linkedin.com/posts/tom-bry-chevalier-6a53b711b_dans-une-tribune-parue-ce-jour-dans-lhumanit%C3%A9-share-7465328825728577537-Q3cJ/).

Mais les usines se révèlent rapidement défaillantes, les alertes internes se succèdent sans réponse, des licenciements massifs ont lieu, la cessation d'activité est prononcée (https://www.vakita.fr/fr/ynsect-du-reve-au-desastre/watch/490).

Le cas n'est pas isolé : en 2025, le Danois ENORM dépose le bilan (https://eagmark.net/news/danish-insect-producer-declares-bankruptcy), le Canadien Aspire Food Group est placé en redressement judiciaire (https://www.cbc.ca/news/canada/london/london-ont-cricket-plant-ordered-into-receivership-amid-41m-debt-bill-to-creditor-1.7533755), le Sud-Africain Inseco ferme à son tour (https://agfundernews.com/south-african-insect-ag-co-inseco-calls-it-quits-amid-power-cuts-pivots-we-ran-out-of-time).

Beaucoup analysent ces fiascos d’un angle purement économique : une croissance trop rapide, un marché mal identifié, des débouchés incertains. Ce diagnostic n'est peut-être pas faux mais il laisse de côté une question indispensable, celle du bien-être animal.

En 2020, entre 1 000 et 1 200 milliards d'insectes d'élevage ont été abattus (https://www.fondation-droit-animal.org/120-elever-des-insectes-et-des-licornes-lessor-dune-filiere/). Ce chiffre vertigineux prend une autre dimension à la lumière de ce que la science établit aujourd'hui : en 2023, plus de 60 organisations scientifiques et de protection animale, dont la LFDA, ont signé une déclaration estimant qu'il est assez probable qu'une grande partie des insectes soient sentients, et appelant à agir sans attendre pour leur bien-être.

La question n'est donc pas de savoir si les insectes ont le même niveau de conscience qu'un mammifère. Jeremy Bentham l'avait formulé dès 1789 : "La question n'est pas « peuvent-ils raisonner ? » ni « peuvent-ils parler ? » mais « peuvent-ils souffrir ? »" (https://pedagogie.ac-rennes.fr/sites/pedagogie.ac-rennes.fr/IMG/pdf/texte_de_bentham_sur_la_souffrance_animale.pdf). Si les insectes souffrent de leur élevage, et nous avons de bonnes raisons de le penser, alors cette industrie est moralement indéfendable.

Les faillites des élevages d’insectes ont été analysées comme des erreurs de marché. Mais même une filière rentable aurait été une catastrophe éthique.

Notre article complet → https://www.fondation-droit-animal.org/elevages-dinsectes-faillite-economique-et-morale/

Les élevages d'insectes s'effondrent : Ynsect, ENORM, Aspire… derrière la faillite économique d'une filière survalorisée, une faillite morale que personne ne veut nommer. Car les insectes, contrairement aux promesses de l'industrie, ne sont pas des animaux insensibles.

⚖️ Rappel – Les candidatures pour le Prix de droit Louis Schweitzer sont encore ouvertesIl reste quelques jours pour sou...
08/06/2026

⚖️ Rappel – Les candidatures pour le Prix de droit Louis Schweitzer sont encore ouvertes
Il reste quelques jours pour soumettre votre dossier – date limite le 1er juillet 2026.

Doté de 4 000 €, ce prix récompense les travaux qui contribuent à faire du droit animal une véritable discipline juridique : renforcement des protections légales, prise en compte de la sensibilité animale, amélioration de l'application des textes.
Ouvert à tout praticien du droit.

→ Informations et candidatures :

Le Prix de droit Louis Schweitzer récompense les avancées dans le domaine du droit animal. Candidatures ouvertes jusqu'au 30 juin 2026.

03/06/2026

Qu’est-ce que la sentience ?

Un concept dont on parle beaucoup et que nous voulions clarifier avec vous aujourd’hui. On a donc posé la question à Georges Chapouthier, neurobiologiste, zoosémioticien, directeur de recherche émérite au CNRS et administrateur de la LFDA.

Nous avons été contraints de synthétiser pour les besoins des réseaux sociaux, mais des articles reviennent plus en détails sur la question sur le site internet de la LFDA.

→ Le mot sentience entre dans le Larousse https://www.fondation-droit-animal.org/102-le-mot-sentience-entre-dans-le-larousse-2020/

→ Les insectes sont-ils sentients ? https://www.fondation-droit-animal.org/116-les-insectes-sont-ils-sentients/

Georges Chapouthier sera présent le 8 juin au colloque “ Sentience animale, engagements humains (université de Grenoble)” : https://societefrancaisedezoosemiotique.fr/colloque-8-juin-2026-g-chapouthier-au-colloque-sentience-animale-engagements-humains-universite-de-grenoble/

Merci surtout Guillaume Meurice d'aborder ce sujet avec justesse et poésie.  Les "barrières sémantiques" précipitent nos...
29/05/2026

Merci surtout Guillaume Meurice d'aborder ce sujet avec justesse et poésie.

Les "barrières sémantiques" précipitent nos "naufrages moraux" : il est beaucoup plus simple de prélever un million d'ESOD que de tuer un million de renards (https://www.fondation-droit-animal.org/esod-la-destruction-des-renards-est-couteuse-et-inefficace/).

Plus simple de produire 5,8 millions de tonnes équivalent-carcasse (https://www.franceagrimer.fr/sites/default/files/2025-07/SYN-VIA-Conso%20viande%20Fce2024_0.pdf) que de tuer 1 milliard d'animaux sensibles (https://www.l214.com/animaux/chiffres-cles/statistiques-nombre-animaux-abattus-france-viande/).

Changeons de regard, prenons du recul pour « aimer ce qu’il reste à sauver, pour sauver ce qu’il reste à aimer ».

Lire cet ouvrage à la lumière de la zoolinguistique c’est endosser le rôle d’une interprète chargée de traduire la manière dont les animaux marins y sont évoqués.

🐝 Les insectes et la sentience (partie 1)https://www.fondation-droit-animal.org/116-les-insectes-sont-ils-sentients/ Lon...
28/05/2026

🐝 Les insectes et la sentience (partie 1)
https://www.fondation-droit-animal.org/116-les-insectes-sont-ils-sentients/

Longtemps considérés comme des entités négligeables, les insectes ont une mauvaise réputation. Leur système nerveux central est plus simple que le nôtre et beaucoup les considèrent comme des petites machines. Illustration : en 2010, l’UE publie la directive 2010/63/UE (https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32010L0063) sur la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, et les insectes ne sont même pas mentionnés.

Pourtant, la recherche avance et bat l’idée en brèche.

Une r***e systématique publiée en 2022, analysant plus de 350 études, conclut que plusieurs ordres d'insectes satisfont 3 à 6 des 8 critères scientifiques établis pour évaluer la sensibilité à la douleur. https://www.sciencedirect.com/science/chapter/bookseries/abs/pii/S0065280622000170

Détail peut-être le plus important : les auteurs précisent qu’ils n’ont trouvé « aucune preuve robuste qu’aucun de ces ordres n’échoue à satisfaire l’un des critères ». Lorsque des critères sont considérés comme insatisfaits, cela tient à une absence de preuve (absence d’études), et non à une preuve de l’absence. Donc quand peu de critères sont satisfaits à ce jour, il faut plutôt considérer que leur sensibilité à la douleur est inconnue plutôt qu’improbable.

En mai 2026, une équipe de l'Université de Sydney publie une étude sur les grillons domestiques – l'une des espèces les plus élevées industriellement – qui démontre leur sensibilité à la douleur. https://royalsocietypublishing.org/rspb/article-abstract/293/2070/20260609/481623/Flexible-self-protection-as-evidence-of-pain-like?redirectedFrom=fulltext

Au-delà de la douleur, la sentience implique la capacité à ressentir du plaisir, des émotions. Les études sont encore rares, mais on a vu chez les bourdons une capacité à calculer le bénéfice coût-risque d’une décision. Ils ont également montré des biais pessimistes et négatifs semblables à ce qu’on observe chez les vertébrés.

En conclusion, et pour reprendre les mots de Thomas White et Kate Lynch (University of Sydney) : “La question n'est peut-être pas de savoir si certains insectes ressentent, mais pourquoi nous avons supposé qu'ils ne le pouvaient pas." https://theconversation.com/370-billion-crickets-are-farmed-for-food-every-year-scientists-have-discovered-they-may-feel-pain-279855

Une étude sur la sentience des insectes, publiée le 14 novembre 2022, conclut que certains insectes ressentiraient la douleur.

📚 La question animale fait son entrée en BTS Tout au long de cette année, les quelques 220 000 élèves de BTS ont étudié ...
20/05/2026

📚 La question animale fait son entrée en BTS

Tout au long de cette année, les quelques 220 000 élèves de BTS ont étudié le grand thème “L'animal et nous : imaginer, connaître, comprendre l’animal" par le biais de différentes matières : français, littérature, histoire, philosophie, art…

Une initiative intéressante du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace qui rappelle que le sujet animal doit être étudié en articulant toutes ses dimensions – scientifiques, juridiques, éthiques, politiques, etc. – pour en comprendre les enjeux et permettre les meilleures relations possibles entre les animaux humains et non-humains.

Certains élèves ont pu approfondir le sujet en classe en étudiant la Déclaration des droits de l’animal (https://www.fondation-droit-animal.org/la-fondation/declaration-des-droits-de-lanimal/) ou en découvrant notre exposition itinérante https://www.fondation-droit-animal.org/exposition-lanimal-aujourdhui/ dans leur établissement. Bravo aux enseignants qui se sont saisis du sujet pour transmettre la notion de respect des intérêts propres des animaux et la tolérance face la différence, des valeurs qui bénéficient tant aux animaux qu’aux êtres humains.

Rappelons que depuis 2021, le respect des animaux doit être enseigné du CP au lycée. https://www.fondation-droit-animal.org/121-le-respect-du-aux-animaux-desormais-au-programme-du-cp/. Une demande que la LFDA a portée auprès du ministère de l’Éducation nationale jusqu’à son inscription effective dans les programmes scolaires récemment. https://www.fondation-droit-animal.org/124-leducation-au-respect-des-animaux-un-objectif-de-longue-date-pour-la-lfda/. Malheureusement, sa mise en œuvre reste encore incomplète et tributaire de la sensibilité des enseignants.

Hier, les étudiants avaient notamment le choix entre deux sujets : “Selon vous, l’affection des humains pour leurs animaux de compagnie peut-elle devenir excessive ?” ou “Respectons-nous vraiment les animaux quand nous en faisons nos compagnons ?”

Et vous, quel plan auriez-vous proposé ?

L'exposition de la LFDA présente les bases de connaissances nécessaires pour mieux comprendre les enjeux liés à la condition animale.

📖 📚 La LFDA est très fière d’annoncer la publication du n°126 de sa r***e trimestrielle. https://www.fondation-droit-ani...
15/05/2026

📖 📚 La LFDA est très fière d’annoncer la publication du n°126 de sa r***e trimestrielle. https://www.fondation-droit-animal.org/r***e-trimestrielle-126/

Notre billet d'édito —

Les progrès pour les animaux n’avancent jamais en ligne droite. Ils avancent par pressions, expérimentations, et très souvent par des victoires partielles qui en appellent d’autres. Plusieurs des textes que nous vous proposons dans ce numéro 126 témoignent d’un même mouvement de fond : la difficulté persistante à faire reconnaître les animaux pour ce qu’ils sont, et non pour la seule fonction que les humains leur ont assignée. Les refuges pour animaux d’élevage en Europe en sont un exemple frappant : faute de cadre juridique adapté, des animaux sortis de la chaîne de production restent juridiquement traités comme des bêtes d’abattoir, avec toutes les absurdités que cela implique.

Le droit, ici, est en re**rd sur les pratiques et sur l’éthique.

Cette tension entre ce que le droit dit et ce qu’il devrait permettre traverse aussi le débat sur les dénominations des produits végétaux : appeler un steak un steak, ou pas ? Derrière une querelle de mots se jouent des enjeux de marché, de lobbying, et au fond, de transition alimentaire. La LFDA a pris position, et ce numéro explique pourquoi cette bataille n’est pas anodine pour les animaux.

À l’échelle européenne, d’autres leviers émergent. La réciprocité des normes commerciales, le soft power réglementaire, les dynamiques de la jurisprudence : autant d’instruments à mobiliser pour que la protection animale ne s’arrête pas aux frontières de l’Union. Dans un contexte de renégociation de nombreux accords commerciaux, ce chantier est plus urgent que jamais.

Ce numéro s’attarde aussi sur des sujets plus discrets mais tout aussi révélateurs : la chasse à courre et l’inertie politique face à cette pratique d’un autre temps, la condition animale en Polynésie française et les défis du droit ultramarin, ou encore la douleur chez les crevettes, ces animaux dont la sentience continue d’interroger nos pratiques à très grande échelle.
Enfin, l’entretien avec Axelle Playoust-Braure autour du « Turbopoulet » ouvre une fenêtre sur les contradictions profondes d’un système d’élevage industriel poussé à son paroxysme. Ces pages ne dessinent pas un tableau uniforme. Elles montrent un paysage en tension, où les avancées côtoient les résistances.

Mais c’est précisément ce dialogue entre droit positif et ambition normative, entre faits scientifiques et impératifs éthiques, qui fait la singularité et la nécessité du travail de la LFDA au quotidien.

La r***e en entier → https://www.fondation-droit-animal.org/r***e-trimestrielle-126/

Au sommaire : une enquête sur le "turbopoulet", les difficultés des refuges pour animaux d'élevage, l'encadrement insuffisant de la chasse à courre...

🐔La consommation de poulet s’envole, mais leur bien-être piétine.https://www.fondation-droit-animal.org/126-les-coulisse...
11/05/2026

🐔La consommation de poulet s’envole, mais leur bien-être piétine.
https://www.fondation-droit-animal.org/126-les-coulisses-dune-enquete-inedite-sur-le-turbopoulet/
Il a détrôné le burger dans les fast-foods et incarne aujourd'hui un véritable phénomène de mode (https://www.tf1.fr/tf1/jt-20h/videos/restauration-rapide-le-poulet-detrone-le-burger-02924057.html). La consommation de poulet a bondi de +23,5% en France entre 2019 et 2024 alors que les autres viandes stagnent ou reculent.

Qu'est-ce qui se cache derrière ?
Dans une interview pour la LFDA, la journaliste Axelle Playoust-Braure nous en dit plus. Elle évoque le « turbopoulet », le produit d'une sélection génétique extrême hypertypique. Il atteint 2,5 kg en 5-6 semaines au lieu de 12, alors qu'il n'est encore qu'un poussin. Ses pectoraux représentent 25% de son poids total, contre 10 % en 1950. https://interpro-anvol.fr/volailles-une-viande-a-succes-dans-les-assiettes-des-francais-2/
Les individus peinent à se déplacer, tombent en avant à cause de leur poitrine hypertrophiée, souffrent de douleurs chroniques aux pattes. Certains, paraplégiques, sont condamnés à ramper. D'autres renoncent à se déplacer vers les mangeoires et meurent de faim ou de soif.

Comme l’explique Michèle Tixier-Boichard, directrice de recherche à l'Inrae : « Au nom de l'efficacité économique, un état de souffrance chronique est imposé aux poulets pendant la majeure partie de leur vie ».

Et la France ? 🇫🇷 Plutôt bonne élève ? Non, au contraire.
La directive européenne encadrant l'élevage de poulets date de 2007, et elle fixe une densité de 33 kg/m². Une dérogation existe et elle permet d’aller jusqu’à 42 kg/m², et c’est la France qui en abuse le plus (l'Autriche, le Danemark, l'Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni ont interdit la mise en œuvre de cette dérogation pour leurs exploitations).

42 kg/m², c’est 20 gros poulets sur une serviette de plage. Environ 80% des poulets élevés en France le sont dans des bâtiments affichant cette densité extrême.
→ En 2018 la Commission européenne a publié un rapport sur la mise en œuvre de la directive, 55 % des poulets élevés à la densité maximale se trouvent en France. https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/c3edd7fc-3f09-11e8-b5fe-01aa75ed71a1/language-fr

Alors que faire ?
Des pistes existent comme l'European Chicken Commitment (ECC). Un cahier des charges qui prévoit notamment : densité réduite, souches à croissance moins rapide, lumière naturelle, abattage moins cruel, audits indépendants. Pas de l'élevage en plein air, mais suffisant pour réduire la souffrance intense de deux tiers. Mais l’ECC repose actuellement sur du volontariat, il n’est prévu par aucune obligation légale.
Nous appelons donc tous les producteurs à se montrer responsable en adoptant rigoureusement l’ECC, et l’Union européenne à en faire une norme contraignante.

La France doit se montrer à la hauteur et commencer à rattraper son re**rd.

Entretien avec la journaliste Axelle Playoust-Braure dans le cadre de la sortie de son enquête sur l’élevage intensif des "turbopoulets".

C’est avec une grande émotion que la LFDA a appris la disparition de Philippe Lazar, l’un de ses plus éminents administr...
06/05/2026

C’est avec une grande émotion que la LFDA a appris la disparition de Philippe Lazar, l’un de ses plus éminents administrateurs. Philippe a apporté à la LFDA son exceptionnelle intelligence et sa bienveillance infinie. Sa curiosité pour la question animale était profondément liée à sa passion pour la recherche et pour la science. Celui qui dirigea avec succès l’Inserm pendant de nombreuses années savait à quel point les progrès scientifiques, surtout s’ils se font dans le cadre d’approches multidisciplinaires, favorisent une nouvelle éthique du vivant.

Il mesurait l’urgence à faire progresser la condition animale. Il était tenace, patient, encourageant et d’une rigueur méthodologique absolue. Il avait l’habitude de nous dire que “dans ces domaines très difficiles que nous abordons avec énergie à la LFDA, les progrès ne peuvent être que... progressifs”.

À titre personnel et au nom de la LFDA, de son Conseil d’Administration et de toute son équipe je veux dire ici combien l’œuvre de Philippe Lazar nous a marquée et combien elle continuera à influencer nos travaux et nos engagements.

Laurence Parisot

🌍 Éthique – One Health : attention au piège anthropocentriste.Les 7-9 avril 2026, la France accueillait le One Health Su...
21/04/2026

🌍 Éthique – One Health : attention au piège anthropocentriste.

Les 7-9 avril 2026, la France accueillait le One Health Summit, un événement international dédié au concept de “One Health” (“une seule santé”). La santé humaine, la santé animale et la santé environnementale sont interdépendantes, agir sur l'un a des impacts sur l'autre. Par exemple, manger trop de viande est mauvais pour la planète, la santé humaine, et évidemment le bien-être animal...

Dans notre dernier article (https://www.fondation-droit-animal.org/one-health-une-seule-sante-beaucoup-denjeux/), nous identifions toutefois un piège. Souvent, l’initiative est vantée sous l’angle “favorisons la santé animale, préservons l'environnement, cela nous sera utile à nous aussi”. Une posture très anthropocentrée, qui continue de placer le reste du vivant comme au service de l’humain.

Soyons clairs : la vision “One Health” propose des pistes très intéressantes qui peuvent aider les animaux tout en préservant la nature et en renforçant la santé publique. Beaucoup des combats menés par la LFDA depuis sa création s’y inscrivent complètement (consommation de viande, agriculture intensive, faune sauvage, etc.). Mais si la préservation de la santé animale et de l’environnement ne sont prônées qu’au nom de la santé humaine, alors nous échouons à opérer une prise de recul nécessaire.

Consciente de l’impact qu’elle a déjà sur toute la Terre, l’humanité se grandirait en considérant avec respect le reste du vivant. Non pas au nom des services rendus, mais au nom d’une forme d’égalité plus universelle.

One health : des perspectives intéressantes, à condition de ne pas tomber dans le piège d'une vision anthropocentrée...

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