18/09/2026
🚨 En Grèce, environ 80 personnes en quête de protection ont été enfermées près d'un mois à Le**os, avec l'entrée en application du Pacte européen sur la migration et l'asile en 12 juin 2026.
L'association grecque Refugee Support Aegean (RSA) a récemment documenté les conséquences du Pacte, dans un rapport adressé au Conseil de l'Europe. Adopté en 2024, le Pacte impose de nouvelles étapes administratives avant l'accès à l'asile, dont un filtrage préalable de 7 jours pour toute personne arrivant aux frontières extérieures de l'UE. À Le**os, qui depuis 2015 est le théâtre de l'enfermement massif des personnes en migration, les personnes arrivant sur l'île ont été les premières à subir les conséquences de l'application du Pacte.
Malgré un délai de deux ans entre l'adoption du Pacte et son entrée en application, la Grèce n'était vraisemblablement pas préparée à mettre en œuvre cette procédure de filtrage, ce qui a entraîné de nouvelles violations des droits des personnes exilées. À Le**os, la mise en place du Pacte s'est traduite par des délais rallongés, une privation d'accès à la procédure d'asile et une privation de liberté.
En effet, avant le 12 juin 2026, les personnes arrivant à Le**os étaient maintenues dans le centre d'accès contrôlé et fermé de Mavrovouni, mais une fois leur carte de demandeur d'asile obtenue, elles pouvaient en sortir durant la journée. Mais à l'application du Pacte, le délai avant d'obtenir cette carte s'est allongé, ce qui a entraîné l'enfermement des personnes sans possibilité de sortir.
RSA cite l'exemple d’un couple arrivé à Le**os le 12 juin 2026, dont la femme est enceinte : sans enregistrement de leur demande d'asile, ils sont restés enfermés près d'un mois, comme environ 80 autres personnes arrivées à la même période, sans qu'aucune justification individualisée ne leur soit donnée. Sans carte de demandeurs d'asile, ces personnes ont été enfermées dans le camp, sans la possibilité d'en sortir et d'accéder aux services proposés par les associations en dehors du camp — distribution de vêtements et de produits d'hygiène, aide juridique et médicale complémentaire. Cette situation représente une privation arbitraire de la liberté de se mouvoir des demandeur·euses d'asile et entrave leur accès aux services de première nécessité.
Le cas de Le**os illustre une double atteinte aux droits des personnes en migration. D'une part, le Pacte européen sur la migration et l'asile, par les nouvelles étapes qu'il impose avant l'accès à la procédure d'asile, rallonge la détention administrative aux frontières de l'Union. D'autre part, le défaut d'anticipation de la mise en application du Pacte a aggravé cette atteinte : à Le**os, il a prolongé de plusieurs semaines l'enfermement de dizaines de personnes, au-delà de ce que le Pacte prévoit déjà.
Pour aller plus loin, lire le rapport de Refugee Support Aegean - Υποστήριξη Προσφύγων στο Αιγαίο
https://rsaegean.org/en/eu-migration-pact-asylum-breakdown-arbitrary-detentio
RSA documents the breakdown of asylum procedures, suspended registrations and arbitrary detention of refugees during the first month of the EU Migration Pact.