Migreurop

Migreurop (EN) Migreurop is a network of activists and researchers from Europe, Africa and the Middle East.

(FR) Migreurop est un réseau d’associations, de militant-e-s et de chercheur-se-s présent-e-s dans une vingtaine de pays d’Europe, d’Afrique et du Proche-Orient, dont l'objectif est de faire connaître et de dénoncer les politiques de mise à l’écart des personnes en migration, en particulier l’enfermement dans des camps, les formes diverses d’expulsion, la fermeture des frontières ainsi que l’exter

nalisation des contrôles migratoires pratiquée par l’Union européenne et ses États-membres. It aims to raise awareness and to denounce policies which marginalize migrants, in particular through detention in camps, different forms of deportation, border closures, as well as the externalization of migratory controls carried out by the European Union and its member states.

⚠️ Rafler, enfermer, expulser : le modèle ICE adopté par l’UEHier, 17 juin, le Parlement européen a adopté définitivemen...
18/06/2026

⚠️ Rafler, enfermer, expulser : le modèle ICE adopté par l’UE

Hier, 17 juin, le Parlement européen a adopté définitivement le règlement « retour », dont le texte final avait été approuvé le 1er juin. Il entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel de l'UE.

Les eurodéputé·es de droite et d’extrême droite ont célébré l'adoption sous les applaudissements et en scandant « Send them back ! » (« Renvoyez-les ! »). Une exultation indécente pour un texte qui autorise des rafles à domicile et dans les espaces publics, la détention massive de personnes étrangères, et les expulsions forcées vers des pays tiers de l’UE avec lesquels les personnes concernées n'ont aucun lien.

Les « mesures de détection » des personnes en situation dite « irrégulière », qui avaient été supprimées avant les négociations en trilogue, sont revenues dans la version définitive du texte sous le nom de « mesures d'investigation ». Elles autorisent des méthodes similaires à celles de l’ICE aux États-Unis :

▪️ La possibilité de mener des rafles à domicile et dans d'autres lieux publics, afin de détecter les personnes dépourvues de droit au séjour et d’en faciliter l’expulsion forcée
▪️ L'obligation pour les personnes concernées de fournir leurs données biométriques, dont les empreintes digitales, avec la possibilité de recourir à la contrainte
▪️ La saisie d'effets personnels, notamment d'appareils électroniques

Aucun lieu ne sera donc sûr. Domiciles privés, hôpitaux, églises ne seront pas à l'abri des interventions policières. Le profilage racial sera systématisé. Les informations sensibles et les données biométriques pourront être partagées avec des États tiers de l’UE à des fins d'expulsion. Ces mesures ouvrent la voie à des violations flagrantes du droit à la vie privée, qui mettent en péril la vie et la sécurité des personnes étrangères.

Le règlement prévoit egalement : une architecture massive de détention, la création de « plateformes d'expulsion » hors de l'UE, l'obligation de coopérer à son propre renvoi forcé, un système de coopération entre États membres pour faciliter les expulsions.

L’adoption si rapide de ce règlement illustre que l'agenda de l'extrême droite s'impose désormais au sommet des institutions européennes avec la complicité de la droite et du centre. Les eurodéputé·es de droite et d’extrême droite du PPE, de l'ECR, des Patriotes pour l'Europe et de l'ESN ont voté pour le texte, comme prévu, mais aussi la majorité du groupe centriste Renew Europe. Au sein du groupe des Socialistes et Démocrates, dont la ligne officielle était de s'y opposer, 11 député·es se sont abstenu·es et 9 ont voté en faveur. Il est possible de consulter le détail des votes individuels sur le site du Parlement européen.

Le règlement retour retour franchit une ligne rouge, en instaurant un régime de surveillance étendue et en réduisant à néant les droits des personnes exilées. Il poursuit, en continuité avec les dernières législations européennes en matière de migration, le démantèlement du droit de l'Union, remodelé au service des idéologies racistes d'extrême droite.

Mais partout en Europe, la société civile s’organise pour informer, protéger les personnes ciblées, s’opposer aux arrestations et aux expulsions. C’est le moment de résister.

Pour aller plus loin :

ℹ️Retrouvez la synthèse de l'analyse ici. Dans la continuité des réformes législatives attentatoires aux droits adoptées dernièrement (Pacte européen sur l'immigration et l'asile, réforme Code…

Le 14 juin, 54 % des électeur·ices suisses ont rejeté l'initiative anti-immigration « Pas de Suisse à 10 millions ! ». P...
15/06/2026

Le 14 juin, 54 % des électeur·ices suisses ont rejeté l'initiative anti-immigration « Pas de Suisse à 10 millions ! ». Portée par le parti d’extrême droite UDC, l’initiative désignait les demandeur·euses d’asile comme la cause d’une croissance démographique mettant en péril la « durabilité » du pays.

Le texte exigeait de maintenir la population résidente permanente sous le seuil de dix millions d'habitants d’ici 2050, à travers des mesures migratoires répressives et contraires aux obligations du pays en matière de protection et d’asile. Si elle avait été adoptée, la Suisse aurait été le premier pays du monde à inscrire un tel plafond dans sa constitution.

Selon le texte de l'initiative, dès que la population résidente permanente aurait atteint 9,5 millions de personnes, les demandeur·euse·s d’asile admisà titre provisoire n'auraient plus eu aucune perspective de rester dans le pays.

ℹ️ Dans le système suisse, les « admis à titre provisoire » peuvent concerner deux profils : les personnes dont la demande d'asile a été rejetée ou les personnes qui ne remplissent pas les critères de l’asile selon la loi suisse, mais pour lesquelles un retour serait dangereux ou impossible. Dans les deux cas, l'expulsion est suspendue et la personne est autorisée à rester temporairement en Suisse.

En cas de dépassement des 10 millions, les accords internationaux accusés d'encourager la croissance démographique auraient dû être renégociés, voire dénoncés. Des textes tels que le Pacte mondial sur la migration, la Convention européenne des droits de l'Homme, la Convention de Genève relative au statut des réfugié·es et l’Accord européen sur la libre circulation des personnes auraient été menacés.

Ces dispositions auraient exposé les personnes exilées à un risque réel de refoulement aux frontières et de suspension des procédures d'asile. La remise en cause des accords internationaux aurait entraîné un affaiblissement général de la protection des droits humains pour tou·tes, et pas seulement les personnes exilées.

La majorité des étrangers·ères présents en Suisse y résident pour des motifs de travail et sont originaires de pays européens. Pourtant, l'extrême droite suisse a fondé sa campagne sur l'argument mensonger que la croissance démographique serait due à une « immigration incontrôlée » liée notamment à l'asile. Mais les personnes issues de l'asile ne représentent que 1,7 % de la population résidente : les mesures qui les visaient n'auraient eu aucun impact réel sur l'évolution démographique du pays.

La campagne de communication menée en faveur de l’initiative était un concentré de désinformation et de visuels xénophobes et islamophobes, diffusés massivement sur les réseaux sociaux. En promouvant l’« initiative sur la durabilité », l’UDC mobilisait des discours pseudo-écologistes qui dissimulaient mal ses intentions racistes.

L'initiative a échoué grâce à la forte opposition des associations patronales et syndicales, qui craignaient de lourdes répercussions sur l'emploi et la croissance. Même si beaucoup d’arguments pour le « non » étaient de nature économique, le rejet de l’initiative reste une victoire importante et un revers contre le projet de société de l’extrême droite. Plutôt que de considérer les exilé·es comme une variable économique, il est essentiel de se battre pour défendre les droits de tou·tes.

Pour en savoir plus :

L'initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » sera soumise au vote en juin 2026. Le texte de l'UDC (parti d'extrême droite suisse) se focalise beaucoup sur l'asile, attribuant à ce secteur de la…

12/06/2026

Aujourd'hui entre en application le Pacte européen sur la migration et l'asile, adopté en avril 2024. Il constitue une reforme globale de la politique européenne, en systématisant les dispositifs d’enfermement, de fichage, de tri et d’expulsion des personnes migrantes.

Parmi les mesures phares, le Pacte prévoit de bloquer les exilé·es aux frontières pour mener des procédures de filtrage, d'asile et d'expulsion, pendant lesquelles ils/elles seront détenu·es et ne seront pas considéré·es comme se trouvant sur le territoire européen. La privation de liberté s’impose ainsi comme norme, et l’accès à l’asile et aux droits fondamentaux est drastiquement restreint.

Toutes les personnes arrivant aux frontières extérieures de l'UE seront soumises à une procédure de « filtrage » obligatoire pouvant durer jusqu'à 7 jours, qui détermine la suite du parcours des exilé·es : procédure d'asile à la frontière (avec expulsion en cas de rejet), procèdure d'asile ordinaire, transfert vers un autre État membre. Le temps de cette procédure, les personnes sont privées de liberté aux frontières. Ce mécanisme de sélection étend à l’échelle européenne l'approche « hotspot » qui, depuis plus de dix ans, est mise en place en Grèce et en Italie.

Après le filtrage, certaines personnes seront soumises à la procédure d'asile à la frontière. Pendant cette procédure accélérée, elles seront détenues et maintenues dans une « fiction de non-entrée » juridique : physiquement présentes sur le territoire européen, elles sont juridiquement considérées comme n'y étant pas entrées, ce qui permet aux États de les expulser plus facilement et à moindre coût.

Pour la majorité des États membres, il s'agit d'un changement majeur, mais pas pour la France, dont les « zones d'attente » ont tristement inspiré le Pacte. La fiction était jusqu’à maintenant limitée à 26 jours en droit français, mais le Pacte permettra de l'appliquer aux frontières de l'espace Schengen pour une durée d'enfermement pouvant aller jusqu'à 6 mois.

Alors que le Pacte est entré en vigueur en 2024, la majorité des États membres est en re**rd dans l’élaboration de leurs plans de mise en œuvre en droit national. Les modalités concrètes d’application des nouvelles procédures restent, à ce jour, largement floues. Plusieurs États membres ont choisi de maintenir une grande opacité autour de leurs stratégies de mise en œuvre, et ont privilégié le recours à des ordonnances et à des décrets pour transposer le Pacte. Procédures d’urgence qui limitent le débat public, restreignent la possibilité de confrontation démocratique et réduisent la capacité d’influencer le contenu des réformes. Cette opacité ne relève pas d’un simple défaut de préparation : elle résulte d’un choix politique.

Contre ce Pacte attentatoire aux droits, plusieurs mobilisations se tiendront dans toute l’Europe dans les prochaines jours. Il est plus que jamais nécessaire de résister : mobilisons-nous !

Pour aller plus loin :

09/06/2026

Depuis plusieurs jours, les Africain·es subsaharien·nes en Libye sont la cible d’une chasse aux migrant·e·s menée à la fois par des citoyen·ne·s hostiles, par les forces de police et par des milices. Des rafles sont organisées dans plusieurs villes. Les exilé·es sont interpellé·es dans leurs habitations, la rue ou sur leur lieu de travail, et violenté·es par des Libyen·nes dans la rue. Beaucoup se cachent et n’osent plus sortir de peur d’être attaqué·es.

Tout est parti d’une “fake news” sur l’existence d’un programme de réinstallation de réfugié·e·s en Libye. Ces discours mensongers ont été alimentés par le gouvernement qui a communiqué sur son opposition au “plan de réinstallation”, ajoutant à la confusion ambiante.

Des manifestation anti-immigration se sont succédées pendant plusieurs jours devant le siège du HCR à Tripoli, atteignant des centaines de personnes jeudi 4 juin. Les manifestant·es réclament le départ du HCR de Libye et la fin des services d’aide aux réfugié·es. La mission de l’ONU en Libye nie l'existence d'un plan de réinstallation des migrant·e·s, affirmant que ces informations « sont infondées » et dit s’inquièter « du discours de haine » sur les réseaux sociaux. Elle précise qu'elle travaille avec les autorités libyennes pour trouver des solutions aux personnes qui ont fui les conflits. Pourtant, ces mêmes autorités mènent depuis plusieurs jours des rafles massives dans les quartiers où vivent les exilé·es.

En réaction à la pression xénophobe, la police libyenne conduit des arrestations arbitraires et emprisonne les migrant·es. En parallèle, des citoyen·ne·s libyen·nes attaquent les personnes étrangères, en toute impunité. Des publications en ligne appellent à “tuer” les Africain·e·s subsaharien·nes.

Même si ces derniers jours il y a eu une escalade de violence, les attaques envers les migrant·es subsaharien·nes sont depuis longtemps recensées en Libye : l'existence d'un système de traite, torture et esclavage est largement documentée.

Malgré cela, l’UE continue de faire de la Libye un partenaire privilégié pour empêcher les exilé·es de traverser la Méditerranée. Elle finance les équipements des garde-frontières libyens ainsi que les "centres de détention" en Libye. Et le HCR, censé protéger les réfugié·es, sert de caution humanitaire pour permettre aux États européens de justifier leur coopération avec un État où les droits sont systématiquement bafoués. Refugees in Libya documente dans son rapport "Book of Shame" les défaillances systémiques du dispositif de "protection" des réfugié·es en Libye : la carte de demandeur d'asile prodiguée par le HCR ne protège ni des arrestations policières ni des milices. Les employé·es du HCR en Libye tiennent ell·eux-mêmes des propos racistes envers les exilé·es.

Les exilé·es en Libye sont ainsi pris·es au piège des politiques migratoires européennes sécuritaires : impossibilité de rester, impossibilité de partir, et ce au péril de leur vie.

Pour aller plus loin : https://www.refugeesinlibya.org/book-of-shame

🛑 L’Union européenne vient de franchir une nouvelle étape dans le durcissement de sa politique migratoire.Lundi, les nég...
02/06/2026

🛑 L’Union européenne vient de franchir une nouvelle étape dans le durcissement de sa politique migratoire.

Lundi, les négociateurs du Parlement européen et des États membres se sont accordés sur le nouveau « règlement retour », qui vise à faciliter l’expulsion des personnes étrangères.

Le texte prévoit notamment :
- Une architecture massive de détention : Toutes les personnes faisant l’objet d’une “décision de retour” pourront être placées en rétention. La période de détention pourrait aller jusqu'à 24 mois dans un État membre, avec une prolongation de six mois possible.

- L’obligation de coopérer à son renvoi forcé, nouveau concept introduit par le texte : sous peine de détention prolongée, les personnes faisant l’objet d’une décision de retour seront “tenues de coopérer” avec les autorités.

- Une “injonction européenne de retour”, instaurant un système de coopération entre États membres pour faciliter les expulsions. Ainsi, un État membre pourra reconnaître et exécuter une décision de retour prise par un autre État membre. Les décisions de retour seront mises à disposition des autres États membres à travers la base de données du système d’information Schengen (SIS).

- La création de « hubs de retour » hors de l’Union européenne : cette dernière mesure constitue l’un des changements les plus significatifs. Une personne pourrait être expulsée vers un pays avec lequel elle n’a aucun lien, sur la base d’un simple accord conclu entre un État membre et un pays tiers. Par exemple, une personne algérienne résidant en Allemagne sans droit au séjour peut être renvoyée de force vers le Pakistan, même si elle n’y a jamais mis les pieds.

Par ailleurs, certains pays européens, comme le Danemark, la Grèce, l’Autriche ou l’Allemagne, ont déjà entamé des discussions avec le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan, pour y installer des camps de détention extraterritoriaux en vue d‘y transférer les personnes expulsées d’Europe.

Le règlement “retour” entrera en vigueur après sa publication. Plusieurs dispositions, notamment en ce qui concerne les “hubs de retour”, s’appliqueront immédiatement. D'autres seront appliquées 12 mois après l'entrée en vigueur du texte.

Face à la multiplication des normes européennes racistes, inhumaines et attentatoires aux droits fondamentaux, il est plus que jamais nécessaire de s’organiser et de résister, par tous les moyens possibles, partout en Europe et au-delà.

Pour aller plus loin, lire notre analyse du règlement retour ⤵️

ℹ️Retrouvez la synthèse de l'analyse ici. Dans la continuité des réformes législatives attentatoires aux droits adoptées dernièrement (Pacte européen sur l'immigration et l'asile, réforme Code…

Allemagne : la résistance est possible !En Allemagne, depuis 2024, le nombre de renvois forcés n’a cessé d’augmenter, et...
29/05/2026

Allemagne : la résistance est possible !

En Allemagne, depuis 2024, le nombre de renvois forcés n’a cessé d’augmenter, et risque de se multiplier avec l'entrée en application du Pacte sur l'asile et la migration en juin 2026.

Près d'un tiers des expulsions de personnes exilées ont lieu à l'aéroport de Francfort. Un projet de rénovation de l'aéroport prévoit la construction d’un centre de rétention agrandi et situé à l'écart, permettant de doubler le nombre d’expulsions. Face à cette situation, 54 organisations de la société civile appellent à la résistance. A l'initiative de We'll Come United, une manifestation se tiendra le 30 mai 2026 à l'aéroport de Francfort, dans le cadre d'une série d'actions décentralisées contre les renvois forcés.

Dans leur appel à la manifestation, les organisations rappellent que la résistance est possible et indispensable. En 2025, plus de 1 600 expulsions ont déjà échoué. Dans près d’un tiers des cas, ce sont des pilotes de vols commerciaux qui ont refusé de se faire complices, soit environ 500 cas. Dans 300 autres cas, ce sont les personnes directement visées qui ont résisté et empêché leur propre expulsion.

D’autres villes allemandes se mobilisent contre la multiplication des infrastructures aéroportuaires dédiées aux expulsions. Munich est parmi les cas les plus emblématiques. Une résistance continue s'est organisée depuis 2025 contre la construction d'un nouveau terminal dans l'aéroport exclusivement destiné aux expulsions, qui permettrait d'expulser jusqu'à 100 personnes par jour. Une manifestation en février 2026 a réuni un millier de personnes, qui se sont rassemblées devant la mairie de Munich pour exiger l'abandon du projet.

Avec l'entrée en application imminente du Pacte sur la migration et l'asile et des récentes textes sur les « pays d'origine sûrs » et les « pays tiers sûrs », les renvois forcés depuis l’Allemagne deviendront plus faciles et plus rapides.
Le règlement « retour », dont le texte définitif est actuellement en négociation, s’inscrit dans la continuité du Pacte et vise à multiplier ces expulsions. Les personnes exilées pourront ainsi être renvoyées de force vers des pays tiers qu’elles n'ont jamais foulés, via des accords conclus entre les États membres de l’UE et des États hors d'Europe (les return hubs).

Le gouvernement allemand s'appuie sur ces textes pour poursuivre son projet d'expulsion des personnes étrangères, y compris vers des pays comme l'Afghanistan ou la Syrie, exposant les personnes expulsées à la mort.
La mobilisation continue, plus nécessaire que jamais, pour résister à ce projet inhumain et répressif.

Retrouvez ici l'appel à la manifestation : https://www.welcome-united.org/articles/4ICzYRmfCUbzxKkC1pcWFR

Comme annoncé le 12 mai par la Commission européenne, l’UE s’apprête à accueillir une délégation de talibans. Le but est...
27/05/2026

Comme annoncé le 12 mai par la Commission européenne, l’UE s’apprête à accueillir une délégation de talibans. Le but est de poursuivre les discussions sur l’expulsion de ressortissant·es afghan·es depuis le territoire européen. Les échanges, présentés comme « techniques » et non diplomatiques, ont été engagées sous la pression de certains États membres pour relancer les expulsions vers l'Afghanistan.

Si l’UE ne reconnaît pas officiellement le régime taliban – revenu au pouvoir en 2021–, plusieurs États membres ont depuis 2024 expulsé des exilé·es afghan·es vers l'Afghanistan. D'abord, via des pays tiers qui se chargeaient ensuite d'organiser leur renvoi forcé vers Kaboul : c'est le cas de l'Allemagne via le Qatar en 2024, ou de l'Autriche via la Turquie en 2025. Mais en février 2026, l'Allemagne a été le premier pays européen à procéder à une expulsion directe depuis la prise de pouvoir des talibans.

L'UE se retranche derrière la nature "technique" de ces discussions et le "pragmatisme" (il faut bien dialoguer avec le pays d'origine pour expulser), tout en précisant que cette coopération ne signifie pas la reconnaissance diplomatique de ce régime. Pourtant, recevoir officiellement des représentants à Bruxelles revient à donner aux talibans une forme de légitimité internationale. Cette attitude hypocrite va à l'encontre des condamnations européennes, qui dénoncent les violations massives des droits humains commises par le régime.

Le règlement « retour » – dont le mandat de négociation a été adopté par le Parlement européen en mars 2026 – offre une couverture juridique idéale à ce type d’arrangements. Le texte prévoit en effet la possibilité d'expulser vers tout pays hors de l'UE ayant conclu un accord formel ou informel avec un État membre ou avec l'Union, et précise que toute communication avec un État tiers aux fins de « réadmission » ne saurait être interprétée comme une reconnaissance ou un soutien du régime en place.

Ce n'est pas la première fois que l'Union et ses États membres négocient en matière migratoire avec des régimes qu'ils condamnent par ailleurs. D'autres discussions « techniques » ont constitué des précédents, notamment avec la Libye ou la Syrie. Mais avec l'Afghanistan des talibans, un pas supplémentaire dans l'indignité est franchi. L’ONU atteste de violations systématiques des droits humains et d’un “apartheid de genre”. Deux dirigeants sont poursuivis par la CPI pour crimes contre l’humanité.

Ces discussions actent la coopération décomplexée avec des régimes autoritaires et criminels. Peu importe que des expulsions vers ce pays puissent violer le principe de non-refoulement ou constituer des renvois dangereux. Désormais, tout est permis pour expulser à tout prix.

Du 19 au 21 mai, les juges de la CPI ont examiné les preuves à charge contre Khaled Mohamed Ali El Hishri, un haut respo...
21/05/2026

Du 19 au 21 mai, les juges de la CPI ont examiné les preuves à charge contre Khaled Mohamed Ali El Hishri, un haut responsable de la prison de Mitiga à Tripoli et membre de la milice libyenne des Forces spéciales de dissuasion (SDF/Radaa).

El Hishri, arrêté en Allemagne en juillet dernier, est soupçonné d’avoir directement commis, ordonné et facilité de multiples crimes grâce à l’autorité qu’il exerçait sur la prison de Mitiga à Tripoli, entre 2014 et 2020.

Le procureur l'a inculpé de 17 chefs d’accusation, dont crimes de guerre, crimes contre l’humanité, torture, viol, meurtre, d’esclavage et persécutions, sur la base des témoignages de victimes recueillis par des associations de survivant·es comme Refugees in Libya, ainsi que des rapports réalisés par des ONG comme Human Rights Watch. Les victimes auraient été ciblées en fonction de leur genre, leur nationalité, leur origine ethnique, leur orientation sexuelle, et leur statut migratoire. L’audience en cours examine la « confirmation des charges » pour déterminer si l’affaire le concernant doit être renvoyée en jugement.

Un rassemblement a été organisé le 18 mai à l’appel de Refugees in Libya devant la Cour Pénale Internationale à La Hague pour faire entendre la voix des survivant·es, réclamer la fin de l’impunité et dénoncer le rôle de l'Europe dans la mise en place d’un système de détention et de traite en Libye par le biais de politiques d'externalisation des frontières.

Un communiqué signé par 35 organisations de solidarité avec les personnes migrantes salue une “avancée importante vers la justice pour les victimes après plus d'une décennie d'impunité” et note que “cette audience leur offre une première occasion de voir leurs témoignages examinés officiellement devant un tribunal". Les associations appellent à poursuivre et étendre ces enquêtes sur l'ensemble des crimes commis en Libye et en Méditerranée, et à poursuivre les principaux responsables – qu'il s'agisse d'acteurs libyens ou européens – qui commettent et facilitent ces crimes systématiques.

🔗Retrouvez ici le communiqué conjoint :

11.05.2026The confirmation of charges hearing marks a crucial step towards justice. We, the undersigned organizations, stand in solidarity with survivors and victims of international crimes in Libya and remain committed to supporting their pursuit of justice.After over a decade of impunity, the conf...

Moussa Tchangari, secrétaire général d’Alternative Espaces Citoyens - Niger (membre de Migreurop) et défenseur des droit...
19/05/2026

Moussa Tchangari, secrétaire général d’Alternative Espaces Citoyens - Niger (membre de Migreurop) et défenseur des droits humains, reconnu comme un porte-parole des revendications de la société civile nigérienne en matière de démocratie, de sécurité, de souveraineté sur les ressources et d'indépendance, a été arrêté le 3 décembre 2024 pour avoir exprimé des opinions critiques à l'égard des autorités au pouvoir.

Un mois plus t**d, Moussa Tchangari a été placé en détention provisoire sous mandat de dépôt à la prison de Filingué, dans une zone de forte insécurité à 180 kilomètres de Niamey, où il est toujours détenu arbitrairement dans l'attente de son procès.

Sa demande de remise en liberté provisoire, examinée par la chambre de contrôle de la cour d’appel, a finalement été rejetée le 15 mai, après des mois de bataille judiciaire menée par ses avocats.

Des citoyen·nes et associations du monde entier expriment leur inquiétude face à la répression des défenseur·euses des droits humains au Niger et les attaques extrêmes qui s’exercent contre la liberté d’expression et la liberté associative.

Alors qu’il est une voix importante de la société civile, Moussa Tchangari est traité par les autorités comme un criminel et une menace pour la sûreté de l’Etat.

Nous appelons à sa libération immédiate et à l’abandon de toutes les poursuites à son encontre.

✊ Victoire de la solidarité ! Le 15 mai, la cour d'appel norvégienne du Hålogaland a rejeté le mandat d'arrêt européen é...
18/05/2026

✊ Victoire de la solidarité !

Le 15 mai, la cour d'appel norvégienne du Hålogaland a rejeté le mandat d'arrêt européen émis par la Grèce à l'encontre de Tommy Olsen, fondateur de l'ONG Aegean Boat Report, accusé de charges infondées liées à son activisme pour les droits des migrant·es. Il risquait une extradition vers la Grèce. La cour a jugé que les actes qui lui sont reprochés ne constituent pas une infraction pénale au regard du droit norvégien, et a estimé que son extradition aurait entraîné un risque de violation du droit à la liberté d'expression.

Cette décision s'appuie sur la documentation institutionnelle et de la société civile faisant état du ciblage systématique des défenseur·euse·s des droits des éxilé·es en Grèce. Elle est aussi le fruit de la mobilisation transnationale de nombreuses organisations de défense des droits.

Tommy Olsen avait été arrêté à son domicile de Tromsø et placé en détention provisoire en mars 2026. Libéré quelques jours plus t**d, il demeurait sous la menace d'une extradition en Grèce. Parmi les accusations figuraient : participation à une organisation criminelle, trafic d'êtres humains, aide à l'entrée et au séjour dits “irréguliers”. En réalité, Aegean Boat Report documente les violations des droits humains commises par les autorités grecques. Ces activités sont légitimes et protégées par le droit international, comme l’a souligné la cour norvégienne.

Ces accusations s'inscrivent dans un contexte de répression accrue des associations d’aide aux exilé·es en Grèce, via une utilisation abusive de la législation contre les passeurs. En 2025, 49 personnes ont été criminalisées en Grèce pour avoir agi en solidarité avec des migrant·es. Des mesures adoptées début 2026 font de l'appartenance à une ONG portant assistance aux migrant·es une circonstance aggravante dans les affaires de trafic d'êtres humains.

Suite à l'arrestation d'Olsen, de larges coalitions d’associations grecques et internationales,se sont mobilisées pour faire pression sur les autorités norvégiennes afin qu'elles refusent son extradition. Parmi les actions menées, Amnesty International a lancé une action urgente permettant d'envoyer une lettre au ministère de la Justice norvégien, en soulignant que la Norvège ne pouvait pas se rendre complice d’une criminalisation injustifiée. Cet argument a été repris dans le communiqué conjoint “Mettez fin aux poursuites contre Tommy Olsen”.

Comme le souligne Aegean Boat Report sur son site, la décision de la cour d'appel norvégienne est une victoire importante, non seulement pour Olsen, mais aussi pour “les journalistes, les défenseurs des droits humains, les travailleurs humanitaires et toutes les personnes qui documentent les abus aux frontières de l'Europe”. Ce verdict rappelle clairement que “le travail humanitaire n'est pas du trafic de personnes, documenter les violations des droits humains n'est pas un crime, et la liberté d'expression ainsi que l'état de droit ont encore leur place en Europe”.

🔗 Retrouvez ici le communiqué d'Aegean Boat Report :

Yesterday, the competent Norwegian Court of Appeal unanimously rejected the European Arrest Warrant issued by the Greek authorities against the founder of Aegean Boat Report, Tommy Olsen. The court…

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21 Ter Rue Voltaire
Paris
75011

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