Migreurop

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Migreurop (EN) Migreurop is a network of activists and researchers from Europe, Africa and the Middle East.

(FR) Migreurop est un réseau d’associations, de militant-e-s et de chercheur-se-s présent-e-s dans une vingtaine de pays d’Europe, d’Afrique et du Proche-Orient, dont l'objectif est de faire connaître et de dénoncer les politiques de mise à l’écart des personnes en migration, en particulier l’enfermement dans des camps, les formes diverses d’expulsion, la fermeture des frontières ainsi que l’externalisation des contrôles migratoires pratiquée par l’Union européenne et ses États-membres. It aims to raise awareness and to denounce policies which marginalize migrants, in particular through detention in camps, different forms of deportation, border closures, as well as the externalization of migratory controls carried out by the European Union and its member states.

🔍Migreurop recrute un·e chargé·e de financement en remplacement de congé maternité de janvier à juillet 2027 (CDD de 6 m...
20/10/2026

🔍Migreurop recrute un·e chargé·e de financement en remplacement de congé maternité de janvier à juillet 2027 (CDD de 6 mois)
Missions et modalités disponibles ici ⤵ :

Migreurop recrute un·e "Chargé·e de financement (CDD de 6 mois) - Paris" - Migreurop est un réseau euro-africain d’associations, de militant·e·s et de chercheuses et chercheurs dont l'objectif est de faire connaître et de dénoncer les politiques migratoires européennes.

‼️Le 8 octobre 2026, le ministère des Affaires étrangères a confirmé l’ouverture d’un « dialogue technique » avec le rég...
20/10/2026

‼️Le 8 octobre 2026, le ministère des Affaires étrangères a confirmé l’ouverture d’un « dialogue technique » avec le régime des talibans pour faciliter l’expulsion de ressortissant·es afghan·es dépourvu·es de droit de séjour en France. Après l’UE, l’Allemagne et l’Autriche, la France ouvre à son tour des discussions avec ce régime liberticide, non reconnu par l’Union et ses membres.

🇪🇺 Ces discussions s’inscrivent dans une dynamique européenne. Fer de lance sur cette question, l’Allemagne, après avoir rouvert le dialogue avec les talibans dès 2024, a procédé à des expulsions groupées d’Afghan·es condamné·es par la justice, d’abord via le Qatar (2024, 2025) puis directement (2026) pour des demandeur·ses d’asile débouté·es. L’Autriche a mis en avant une collaboration technique avec les talibans pour procéder à une expulsion directe fin 2025. La Suède et la Belgique ont soutenu cette ligne, et la Commission européenne et des représentant·es d’une vingtaine d’États membres ont reçu une délégation talibane à Bruxelles le 23 juin 2026 pour examiner les possibilités de renvoyer de force des exilé·es en Afghanistan.

Le porte-parole du ministère a affirmé que seul·es les ressortissant·es afghan·es sans droit au séjour et présenté·es comme un risque pour la sécurité nationale seraient concerné·es. Néanmoins, ni critère précis, ni nombre de personnes n’ont été avancés. L’exemple allemand montre où mène cet argument fallacieux : un décret de juillet 2026 a levé la restriction qui réservait les expulsions aux personnes condamnées pour crime. Le profil retenu est désormais celui d’un « homme, adulte, célibataire et légalement tenu de quitter le territoire ». Le 28 juillet, un Afghan sans casier judiciaire et débouté de l’asile a ainsi été expulsé d’Allemagne vers l’Afghanistan.

Quels que soient les arguments avancés par les autorités européennes, aucune expulsion ne peut être justifiée vers un pays notoirement non sûr. Toutes les organisations internationales de défense des droits y ont documenté des violations massives des droits humains (Human Rights Watch, Amnesty International, ONU), et la Cour pénale internationale a rendu publics début octobre 2026 des mandats d’arrêt contre le chef suprême des talibans et trois hauts responsables pour crime contre l’Humanité, rendant toute expulsion contraire à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme (prohibition des traitements inhumains et dégradants).

🤝Paris, comme Bruxelles, Berlin et Vienne, se retranche derrière le caractère « technique » et pragmatique des échanges sur les modalités d’expulsion, et répète qu’ils ne valent pas reconnaissance du régime taliban. Mais en ouvrant la voie à des négociations, les États européens offrent une forme de réhabilitation politique et de légitimité à un régime mis au ban international pour ses graves violations des droits.

📰Chaque semaine, Migreurop partage une actualité récente concernant les politiques migratoires et en propose sa lecture.

🔗Source : https://www.infomigrants.net/fr/post/74101/france--paris-ouvre-un-canal-de-discussions-avec-les-taliban-pour-expulser-des-afghans

📅 Les 16, 17 et 18 octobre 2026, associations, citoyen·nes, artistes, et personnes exilées se retrouvent à Calais pour c...
15/10/2026

📅 Les 16, 17 et 18 octobre 2026, associations, citoyen·nes, artistes, et personnes exilées se retrouvent à Calais pour commémorer les 10 ans du démantèlement de la « Grande Jungle » et dresser le bilan de dix ans de politiques migratoires de dissuasion à la frontière franco-britannique.

En octobre 2016, les autorités françaises démantelaient ce bidonville où vivaient plus de 7 000 personnes exilées. Cette évacuation n’a pas mis fin à leur présence sur le littoral nord, entre 2 000 et 3 000 personnes exilées continuent d'y vivre. Malgré la violence et la précarité extrême des conditions de vie, le bidonville était aussi un espace de solidarité, d’entraide et d’auto-organisation des personnes exilées. Depuis, la politique de « zéro point de fixation » se traduit par des expulsions répétées des lieux de vie, la confiscation des effets personnels et des entraves à l’accès aux distributions de nourriture et d’eau, aggravant la précarité des personnes exilées.

Dans le même temps, la frontière franco-britannique n’a cessé d’être renforcée par des dispositifs de surveillance et de contrôle toujours plus lourds. Depuis le début des années 2000, environ 540 personnes sont décédées en tentant de traverser cette frontière, du fait de contrôles qui rendent les méthodes de franchissement de plus en plus dangereuses.

📣Cette mobilisation sera l’occasion de revenir sur une décennie de politiques migratoires, de donner la parole aux personnes mobilisées sur le territoire et de mettre en lumière les solidarités. Conférences, ateliers, projections, expositions, temps de commémoration et balades commentées aborderont notamment l’évolution des politiques migratoires, la mémoire des personnes décédées ou disparues en migration et les solidarités qui persistent.

À Calais, la solidarité citoyenne et associative résiste depuis plus de dix ans à des politiques publiques qui privilégient la répression et la dissuasion à l’accueil.

Chaque semaine, Migreurop partage une mobilisation inspirante pour montrer que les résistances citoyennes continuent face aux politiques migratoires répressives.
🔗 Retrouvez le programme complet de ces trois jours sur le site internet d'Utopia 56.
https://utopia56.org/wp-content/uploads/2026/10/Programme-flashback-VERSIONFINAL-1.pdf

🇪🇺 Un Pacte européen sur la migration et l’asile 2.0 ? Trois mois après l’entrée en application du Pacte le 12 juin 2026...
07/10/2026

🇪🇺 Un Pacte européen sur la migration et l’asile 2.0 ?

Trois mois après l’entrée en application du Pacte le 12 juin 2026, les ministres de 18 pays se sont réunis le 26 septembre dernier pour discuter de sa révision afin de renforcer le contrôle, la surveillance et l’expulsion des personnes exilé·es.

📃 Adopté en 2024, le Pacte européen sur la migration et l'asile institutionnalise l’enfermement aux frontières des personnes en migration, restreint davantage leur accès effectif à l’asile, et facilite les procédures d’expulsion. Alors qu’il est encore tôt pour pleinement évaluer et analyser l'impact de ce nouvel instrument juridique européen, et notamment ses répercussions sur les droits des personnes en migration, certains États veulent déjà le réviser.

En tête de leurs priorités : demander à la Commission européenne de revenir d'ici mi-2027 avec une « simplification législative » du Pacte. Ces discussions s'ajoutent aux démarches allant vers toujours plus d’externalisation, portées par plusieurs États européens souhaitant déléguer davantage la gestion des mouvements et du contrôle migratoire hors UE, notamment via des camps d’enfermement externalisés. En parallèle, la Commission européenne compte réformer le mandat de l'agence Frontex en octobre 2026, pour lui donner davantage de moyens et de prérogatives.

✍️ Parmi les modifications proposées :

* Les représentants des États réunis à Munich veulent ouvrir une première brèche dans le Pacte en permettant, dans certains cas, de retirer la protection des personnes exilées, notamment lorsqu’elles ont été condamnées pour des infractions graves. Cette modification viserait ensuite à faciliter leur expulsion.
* Les États envisagent également de modifier le Pacte afin de créer une base juridique permettant le recours à l’intelligence artificielle pour l’interprétariat lors des procédures d’asile. Une évolution qui risque de fragiliser les conditions dans lesquelles les personnes exilées peuvent faire entendre leur récit et faire valoir leur demande de protection.
* L’extension du système d'information Eurodac, base de données européenne en matière d'asile et de migration, afin d’y intégrer les informations recueillies lors du filtrage des personnes aux frontières, fait également partie des options envisagées. Celle-ci renforcerait la collecte et la conservation de données personnelles des personnes exilées dès leur arrivée sur le territoire européen.

👀 Derrière ces différentes propositions de modifications du Pacte se dessine une même logique : renforcer le contrôle, la surveillance et le renvoi des personnes exilées, au détriment du respect de leurs droits.

🔴 Alors que les effets du Pacte sur les droits des personnes exilées ne peuvent encore être évalués, vouloir déjà en modifier le contenu 3 mois après son entrée en application révèle une faillite politique, en plus d’une surenchère sécuritaire sans fin.

The Pact on migration and asylum entered into force three months ago, but there are already calls for an overhaul

📢Au Sénégal, la Caravane des Visas part à la rencontre des populations pour dénoncer les conséquences de l’externalisati...
30/09/2026

📢Au Sénégal, la Caravane des Visas part à la rencontre des populations pour dénoncer les conséquences de l’externalisation des frontières européennes et ouvrir des espaces de dialogue sur la mobilité.

Depuis plusieurs années, les citoyen·nes sénégalais·es, et plus généralement du “Sud global”, font face à un durcissement des politiques de visas, principalement imposé principalement par les pays européens dans le cadre de leur politique d’externalisation des frontières.

Les politiques de visas sont l’un des instruments de l’externalisation des frontières européennes. Le contrôle s’exerce ainsi avant même le départ, dans les pays où les personnes déposent leur demande de visa. Au Sénégal, cette logique s’articule avec d’autres formes d’externalisation : renforcement des contrôles aux frontières et en mer, coopération avec les autorités sénégalaises et financement européen des dispositifs de contrôle des mobilités.

La Caravane des Visas, initiée par l’Association pour la Solidarité des Migrants et des Familles Démunies (ASMFD), a pour vocation de dénoncer ces injustices et d’exposer la complicité institutionnelle qui rend ces restrictions possibles.

Elle se déplace dans différentes régions du Sénégal, des zones urbaines aux zones rurales, afin de toucher un large public et de documenter les expériences des personnes les plus affectées par les politiques migratoires restrictives.

La caravane entend recueillir les témoignages des personnes confrontées à des obstacles à l’obtention d’un visa, créer des espaces de dialogue autour des expériences vécues et organiser des projections, des rencontres et des débats publics.

Partie le 15 septembre, la caravane relie les villes de Dakar, Mbour et Thiès, pour partir à la rencontre de la population et sensibiliser aux conséquences de l’externalisation des frontières européennes sur le sol africain.

Les organisateur·ices revendiquent le droit à l'identité et à la dignité de chaque migran·e. Le slogan de la caravane : “Visas pour tous, ou visas pour personne !”.

Pour découvrir les prochaines étapes de la caravane, suivre les actions menées dans les différentes régions du Sénégal et soutenir cette mobilisation :

Rendez-vous sur la page Facebook de l’ASMFD : pour la Solidarité des Migrants et des Familles Démunies

📢 Venez nous rejoindre le samedi 10 octobre à Darna (Montreuil) pour une soirée d’échanges sur les pratiques policières ...
23/09/2026

📢 Venez nous rejoindre le samedi 10 octobre à Darna (Montreuil) pour une soirée d’échanges sur les pratiques policières de contrôle de la frontière franco-britannique et les façons de leur résister.

🎤 Travis Van Isacker, auteur principal de la contre-enquête "How "stopping the boats" kills", présentera les principaux résultats cette nouvelle investigation de Border Forensics qui dévoile les techniques policières mortifères sur le littoral à la frontière franco-britannique.

🇬🇧🇫🇷 Grâce à des méthodes d'enquête innovantes, la contre-enquête révèle que la politique “Stop the Boats” du gouvernement britannique, ainsi que les plus de 625 millions de livres sterling versés à la France pour empêcher les départs en mer, ont directement contribué à une forte augmentation des décès les personnes migrantes tentant de traverser la Manche à bord de ce que l’on appelle des “small boats".

🗣️ La présentation sera suivie d'une discussion sur l'actualité des pratiques policières sur le littoral Nord, les récents accords passés entre la France et le Royaume-Uni, et la criminalisation des exilé-es qui traversent la mer, en présence du Gisti, d'Utopia 56 et d'Ibrahim Aboubakar, exilé soudanais détenu puis relaxé par les autorités françaises, membre de Captain Support.

🍹Bar et restauration sur place.

✊Une centaine d’organisations dénoncent les violences contre les personnes migrantes à Ceuta📝 Migreurop est co-signatair...
21/09/2026

✊Une centaine d’organisations dénoncent les violences contre les personnes migrantes à Ceuta

📝 Migreurop est co-signataire d'un communiqué conjoint à l'initiative de Border Resistance qui dénonce les violations de droits exercées par les États espagnol et marocain contre les personnes exilées à Ceuta. Le travail de documentation réalisé par l’équipe de et des activistes indépendant-es grâce au travail des sections de l’Association Marocaine des Droits Humains (Tétouan, Fnideq et Nador) met en lumière un schéma de violence physique et psychologique systématique.

🇪🇸🇲🇦 Le texte souligne la dimension raciste et genrée de ces violences et montre qu’elles s’inscrivent dans un contexte de tensions frontalières entre le Maroc et l’Espagne qui est le fruit d’une situation coloniale et de décennies de politiques d’externalisation.

💰Le Maroc, l'Espagne et l'Union européenne transforment les personnes migrantes en monnaie d’échange dans un conflit politique et économique, tout en exerçant une violence directe et systématique sur les corps des personnes particulièrement exposées à la violence institutionnelle et frontalière. Mais les personnes qui se déplacent ne sont pas des instruments politiques des États : elles ont leurs propres motifs, besoins, attentes et décisions, qui doivent être écoutés.

📣 Les organisations signataires exigent :

* L’ouverture d’une enquête internationale indépendante et impartiale sur toutes les violations des droits humains survenues à Ceuta et Melilla, du côté espagnol comme du côté marocain, comprenant le recueil de témoignages directs des victimes et la réalisation d’un examen médical indépendant des blessures.
* La révélation immédiate et transparente de l’identité et du nombre des victimes et des personnes disparues, ainsi que la communication de ces informations à leurs familles.
* La cessation immédiate de toutes les formes de passages à tabac systématiques, de l’obligation faite aux personnes d’entrer dans la mer et de la confiscation de leurs effets personnels, menées par les autorités publiques à Ceuta.
* La garantie d’un procès équitable et du droit à la défense pour tous les jeunes détenus à Tétouan et à Nador, la révision des peines sévères prononcées en l’absence de défense et la libération des mineurs détenus.
* Que toute instrumentalisation des êtres humains comme outil de pression politique dans le cadre d’accords ou de tensions diplomatiques entre Rabat et Madrid fasse l’objet de comptes et de responsabilités.
* La garantie de la continuité de la distribution de nourriture et d’eau, ainsi que de l’assistance médicale et psychologique, à toutes les personnes se trouvant à Ceuta.
* Une protection effective pour les activistes, les volontaires, les journalistes et la population locale solidaire face aux menaces et aux agressions
* L’ouverture d’une enquête indépendante sur l’origine des publications incitatives qui ont précédé les événements du 30 juillet et l’établissement des responsabilités des plateformes numériques ayant permis leur diffusion sans contrôle.
* L’ouverture des enquêtes judiciaires nécessaires contre tous les appels et agressions racistes émis par plusieurs parties, directement ou indirectement, y compris sur les réseaux sociaux, contre les migrants à Ceuta.
* De garantir une protection effective des femmes, des personnes LBTIQ+ et des mineures non accompagnées, ainsi qu’une enquête sérieuse et indépendante sur toutes les agressions se*****es et violations commises à leur encontre.

Communiqué à retrouver en intégralité sur le site de Migreurop en français, anglais, espagnol et arabe :

Migreurop est co-signataire de ce communiqué qui dénonce les violations de droits exercées par les États espagnol et marocain contre les personnes exilées à Ceuta. Le travail de documentation réalisé…

🚨 En Grèce, environ 80 personnes en quête de protection ont été enfermées près d'un mois à Le**os, avec l'entrée en appl...
18/09/2026

🚨 En Grèce, environ 80 personnes en quête de protection ont été enfermées près d'un mois à Le**os, avec l'entrée en application du Pacte européen sur la migration et l'asile en 12 juin 2026.

L'association grecque Refugee Support Aegean (RSA) a récemment documenté les conséquences du Pacte, dans un rapport adressé au Conseil de l'Europe. Adopté en 2024, le Pacte impose de nouvelles étapes administratives avant l'accès à l'asile, dont un filtrage préalable de 7 jours pour toute personne arrivant aux frontières extérieures de l'UE. À Le**os, qui depuis 2015 est le théâtre de l'enfermement massif des personnes en migration, les personnes arrivant sur l'île ont été les premières à subir les conséquences de l'application du Pacte.

Malgré un délai de deux ans entre l'adoption du Pacte et son entrée en application, la Grèce n'était vraisemblablement pas préparée à mettre en œuvre cette procédure de filtrage, ce qui a entraîné de nouvelles violations des droits des personnes exilées. À Le**os, la mise en place du Pacte s'est traduite par des délais rallongés, une privation d'accès à la procédure d'asile et une privation de liberté.

En effet, avant le 12 juin 2026, les personnes arrivant à Le**os étaient maintenues dans le centre d'accès contrôlé et fermé de Mavrovouni, mais une fois leur carte de demandeur d'asile obtenue, elles pouvaient en sortir durant la journée. Mais à l'application du Pacte, le délai avant d'obtenir cette carte s'est allongé, ce qui a entraîné l'enfermement des personnes sans possibilité de sortir.

RSA cite l'exemple d’un couple arrivé à Le**os le 12 juin 2026, dont la femme est enceinte : sans enregistrement de leur demande d'asile, ils sont restés enfermés près d'un mois, comme environ 80 autres personnes arrivées à la même période, sans qu'aucune justification individualisée ne leur soit donnée. Sans carte de demandeurs d'asile, ces personnes ont été enfermées dans le camp, sans la possibilité d'en sortir et d'accéder aux services proposés par les associations en dehors du camp — distribution de vêtements et de produits d'hygiène, aide juridique et médicale complémentaire. Cette situation représente une privation arbitraire de la liberté de se mouvoir des demandeur·euses d'asile et entrave leur accès aux services de première nécessité.

Le cas de Le**os illustre une double atteinte aux droits des personnes en migration. D'une part, le Pacte européen sur la migration et l'asile, par les nouvelles étapes qu'il impose avant l'accès à la procédure d'asile, rallonge la détention administrative aux frontières de l'Union. D'autre part, le défaut d'anticipation de la mise en application du Pacte a aggravé cette atteinte : à Le**os, il a prolongé de plusieurs semaines l'enfermement de dizaines de personnes, au-delà de ce que le Pacte prévoit déjà.

Pour aller plus loin, lire le rapport de Refugee Support Aegean - Υποστήριξη Προσφύγων στο Αιγαίο
https://rsaegean.org/en/eu-migration-pact-asylum-breakdown-arbitrary-detentio

RSA documents the breakdown of asylum procedures, suspended registrations and arbitrary detention of refugees during the first month of the EU Migration Pact.

🔎Frontière Pologne-Biélorussie : une enquête de deux ans révèle comment la militarisation tue  Border Forensics  (qui ra...
10/09/2026

🔎Frontière Pologne-Biélorussie : une enquête de deux ans révèle comment la militarisation tue

Border Forensics (qui rassemble depuis 2021 chercheur·euses, juristes, journalistes, survivant·es des routes migratoires etc.) a mené une enquête approfondie sur la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Ses conclusions, publiées le 8 septembre, sont sans appel : la mort de 102 personnes migrantes à cette frontière ne résulte pas de causes naturelles, mais est la conséquence directe d'une architecture frontalière militarisée, mise en place avec le soutien de l'Union européenne. Caméras, tours d'observation, patrouilles et systèmes de surveillance ont été déployés pour canaliser les déplacements, entraver les communications et empêcher toute aide extérieure, un dispositif renforcé depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.

Ce système produit des cycles de violence répétés : des personnes refoulées d'un pays à l'autre, battues, dépouillées de leurs effets personnels, blessées par les clôtures, contraintes de traverser marécages et rivières, exposées au froid sans assistance. Les décès, souvent attribués à l'hypothermie ou à la noyade, masquent en réalité une chaîne de décisions politiques et administratives ayant rendu cet environnement mortel. Les disparitions prolongent cette violence aux frontières au-delà du passage, laissant des familles entières dans l'incertitude, souvent à des milliers de kilomètres.

L'enquête revient notamment sur le cas de Mahlet Kassa, une jeune femme éthiopienne de 28 ans décédée en février 2023 alors que les secours, pourtant alertés, ne sont jamais arrivés. C'est la mobilisation citoyenne qui a permis de retrouver son corps et de le rapatrier. Son oncle, présent au lancement de l'enquête, a rappelé l'importance de ces contre-enquêtes pour établir la vérité et obtenir justice, pour Mahlet, mais aussi pour toutes les personnes migrantes confrontées à ces violences aux frontières.

Lire le rapport complet de Border Forensics :

Download full report: The Death Zone – The Making of a Lethal Pushback Regime Across the Polish–Belarusian Borderlands

🇪🇺 🇹🇷 Accord UE-Turquie : Dix ans après, quelles conséquences ?Dans une analyse publiée sur le site de Migreurop, la soc...
31/08/2026

🇪🇺 🇹🇷 Accord UE-Turquie : Dix ans après, quelles conséquences ?

Dans une analyse publiée sur le site de Migreurop, la sociologue Didem Danış montre que l’externalisation européenne a renforcé durablement le régime de contrôle migratoire en Turquie.

Il y a plus de dix ans, le 18 mars 2016, l’Union européenne signait avec la Turquie un accord qui est resté emblématique de l’externalisation des frontières européennes vers des pays tiers. Présenté à l’époque comme une réponse pragmatique à une situation d’urgence, cet accord devait avant tout limiter les arrivées irrégulières vers les îles grecques et organiser une coopération plus étroite entre l’Union européenne et la Turquie.
Cette politique a eu des conséquences documentées en terme de décès et de violations des droits aux frontières extérieures de l’UE, notamment en mer Égée et sur les îles devenues des « hotspots ». Mais quelles ont été les conséquences de cet accord pour les personnes migrantes en Turquie ?

Au-delà de l’objectif immédiat de limiter les traversées vers les îles grecques, l’accord de 2016 a profondément redéfini les relations entre l’Union européenne et la Turquie en matière migratoire.

Il doit donc être compris non comme une simple réponse conjoncturelle, mais comme un modèle de gouvernance externalisée. D’abord, la Turquie est considérée par l’Union européenne comme un « pays tiers sûr » (safe third country), ce qui permet de transférer en dehors de l’UE une partie de la gestion des demandes d’asile.

L’Union européenne a mis en place un mécanisme financier massif à travers le FRIT (Facility for Refugees in Turkey), qui a atteint environ 11 milliards d’euros transférés vers la Turquie. Ces ressources ont joué un rôle important dans le soutien à des services essentiels, notamment l’éducation et la santé des réfugié·es syrien·nes.

Mais l’aide repose largement sur des ressources externes, temporaires et organisées par projets. Elle permet de répondre à des besoins immédiats, sans construire une politique publique durable et intégrée. Depuis quelques années, cette fragilité est devenue encore plus visible avec le retrait progressif de certaines ressources et la restriction des droits. Un exemple récent : depuis le 1er janvier 2026, l’accès gratuit aux services de santé pour les Syrien·nes sous protection temporaire a été supprimé.

Voir l'analyse complète (en français/anglais) sur le site de Migreurop :

Il y a dix ans, le 18 mars 2016, l'Union européenne signait avec la Turquie un accord qui est resté depuis emblématique de l'externalisation des frontières européennes vers des pays tiers. Cette…

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