Migreurop

Migreurop (EN) Migreurop is a network of activists and researchers from Europe, Africa and the Middle East.

(FR) Migreurop est un réseau d’associations, de militant-e-s et de chercheur-se-s présent-e-s dans une vingtaine de pays d’Europe, d’Afrique et du Proche-Orient, dont l'objectif est de faire connaître et de dénoncer les politiques de mise à l’écart des personnes en migration, en particulier l’enfermement dans des camps, les formes diverses d’expulsion, la fermeture des frontières ainsi que l’exter

nalisation des contrôles migratoires pratiquée par l’Union européenne et ses États-membres. It aims to raise awareness and to denounce policies which marginalize migrants, in particular through detention in camps, different forms of deportation, border closures, as well as the externalization of migratory controls carried out by the European Union and its member states.

Allemagne : la résistance est possible !En Allemagne, depuis 2024, le nombre de renvois forcés n’a cessé d’augmenter, et...
29/05/2026

Allemagne : la résistance est possible !

En Allemagne, depuis 2024, le nombre de renvois forcés n’a cessé d’augmenter, et risque de se multiplier avec l'entrée en application du Pacte sur l'asile et la migration en juin 2026.

Près d'un tiers des expulsions de personnes exilées ont lieu à l'aéroport de Francfort. Un projet de rénovation de l'aéroport prévoit la construction d’un centre de rétention agrandi et situé à l'écart, permettant de doubler le nombre d’expulsions. Face à cette situation, 54 organisations de la société civile appellent à la résistance. A l'initiative de We'll Come United, une manifestation se tiendra le 30 mai 2026 à l'aéroport de Francfort, dans le cadre d'une série d'actions décentralisées contre les renvois forcés.

Dans leur appel à la manifestation, les organisations rappellent que la résistance est possible et indispensable. En 2025, plus de 1 600 expulsions ont déjà échoué. Dans près d’un tiers des cas, ce sont des pilotes de vols commerciaux qui ont refusé de se faire complices, soit environ 500 cas. Dans 300 autres cas, ce sont les personnes directement visées qui ont résisté et empêché leur propre expulsion.

D’autres villes allemandes se mobilisent contre la multiplication des infrastructures aéroportuaires dédiées aux expulsions. Munich est parmi les cas les plus emblématiques. Une résistance continue s'est organisée depuis 2025 contre la construction d'un nouveau terminal dans l'aéroport exclusivement destiné aux expulsions, qui permettrait d'expulser jusqu'à 100 personnes par jour. Une manifestation en février 2026 a réuni un millier de personnes, qui se sont rassemblées devant la mairie de Munich pour exiger l'abandon du projet.

Avec l'entrée en application imminente du Pacte sur la migration et l'asile et des récentes textes sur les « pays d'origine sûrs » et les « pays tiers sûrs », les renvois forcés depuis l’Allemagne deviendront plus faciles et plus rapides.
Le règlement « retour », dont le texte définitif est actuellement en négociation, s’inscrit dans la continuité du Pacte et vise à multiplier ces expulsions. Les personnes exilées pourront ainsi être renvoyées de force vers des pays tiers qu’elles n'ont jamais foulés, via des accords conclus entre les États membres de l’UE et des États hors d'Europe (les return hubs).

Le gouvernement allemand s'appuie sur ces textes pour poursuivre son projet d'expulsion des personnes étrangères, y compris vers des pays comme l'Afghanistan ou la Syrie, exposant les personnes expulsées à la mort.
La mobilisation continue, plus nécessaire que jamais, pour résister à ce projet inhumain et répressif.

Retrouvez ici l'appel à la manifestation : https://www.welcome-united.org/articles/4ICzYRmfCUbzxKkC1pcWFR

Comme annoncé le 12 mai par la Commission européenne, l’UE s’apprête à accueillir une délégation de talibans. Le but est...
27/05/2026

Comme annoncé le 12 mai par la Commission européenne, l’UE s’apprête à accueillir une délégation de talibans. Le but est de poursuivre les discussions sur l’expulsion de ressortissant·es afghan·es depuis le territoire européen. Les échanges, présentés comme « techniques » et non diplomatiques, ont été engagées sous la pression de certains États membres pour relancer les expulsions vers l'Afghanistan.

Si l’UE ne reconnaît pas officiellement le régime taliban – revenu au pouvoir en 2021–, plusieurs États membres ont depuis 2024 expulsé des exilé·es afghan·es vers l'Afghanistan. D'abord, via des pays tiers qui se chargeaient ensuite d'organiser leur renvoi forcé vers Kaboul : c'est le cas de l'Allemagne via le Qatar en 2024, ou de l'Autriche via la Turquie en 2025. Mais en février 2026, l'Allemagne a été le premier pays européen à procéder à une expulsion directe depuis la prise de pouvoir des talibans.

L'UE se retranche derrière la nature "technique" de ces discussions et le "pragmatisme" (il faut bien dialoguer avec le pays d'origine pour expulser), tout en précisant que cette coopération ne signifie pas la reconnaissance diplomatique de ce régime. Pourtant, recevoir officiellement des représentants à Bruxelles revient à donner aux talibans une forme de légitimité internationale. Cette attitude hypocrite va à l'encontre des condamnations européennes, qui dénoncent les violations massives des droits humains commises par le régime.

Le règlement « retour » – dont le mandat de négociation a été adopté par le Parlement européen en mars 2026 – offre une couverture juridique idéale à ce type d’arrangements. Le texte prévoit en effet la possibilité d'expulser vers tout pays hors de l'UE ayant conclu un accord formel ou informel avec un État membre ou avec l'Union, et précise que toute communication avec un État tiers aux fins de « réadmission » ne saurait être interprétée comme une reconnaissance ou un soutien du régime en place.

Ce n'est pas la première fois que l'Union et ses États membres négocient en matière migratoire avec des régimes qu'ils condamnent par ailleurs. D'autres discussions « techniques » ont constitué des précédents, notamment avec la Libye ou la Syrie. Mais avec l'Afghanistan des talibans, un pas supplémentaire dans l'indignité est franchi. L’ONU atteste de violations systématiques des droits humains et d’un “apartheid de genre”. Deux dirigeants sont poursuivis par la CPI pour crimes contre l’humanité.

Ces discussions actent la coopération décomplexée avec des régimes autoritaires et criminels. Peu importe que des expulsions vers ce pays puissent violer le principe de non-refoulement ou constituer des renvois dangereux. Désormais, tout est permis pour expulser à tout prix.

Du 19 au 21 mai, les juges de la CPI ont examiné les preuves à charge contre Khaled Mohamed Ali El Hishri, un haut respo...
21/05/2026

Du 19 au 21 mai, les juges de la CPI ont examiné les preuves à charge contre Khaled Mohamed Ali El Hishri, un haut responsable de la prison de Mitiga à Tripoli et membre de la milice libyenne des Forces spéciales de dissuasion (SDF/Radaa).

El Hishri, arrêté en Allemagne en juillet dernier, est soupçonné d’avoir directement commis, ordonné et facilité de multiples crimes grâce à l’autorité qu’il exerçait sur la prison de Mitiga à Tripoli, entre 2014 et 2020.

Le procureur l'a inculpé de 17 chefs d’accusation, dont crimes de guerre, crimes contre l’humanité, torture, viol, meurtre, d’esclavage et persécutions, sur la base des témoignages de victimes recueillis par des associations de survivant·es comme Refugees in Libya, ainsi que des rapports réalisés par des ONG comme Human Rights Watch. Les victimes auraient été ciblées en fonction de leur genre, leur nationalité, leur origine ethnique, leur orientation sexuelle, et leur statut migratoire. L’audience en cours examine la « confirmation des charges » pour déterminer si l’affaire le concernant doit être renvoyée en jugement.

Un rassemblement a été organisé le 18 mai à l’appel de Refugees in Libya devant la Cour Pénale Internationale à La Hague pour faire entendre la voix des survivant·es, réclamer la fin de l’impunité et dénoncer le rôle de l'Europe dans la mise en place d’un système de détention et de traite en Libye par le biais de politiques d'externalisation des frontières.

Un communiqué signé par 35 organisations de solidarité avec les personnes migrantes salue une “avancée importante vers la justice pour les victimes après plus d'une décennie d'impunité” et note que “cette audience leur offre une première occasion de voir leurs témoignages examinés officiellement devant un tribunal". Les associations appellent à poursuivre et étendre ces enquêtes sur l'ensemble des crimes commis en Libye et en Méditerranée, et à poursuivre les principaux responsables – qu'il s'agisse d'acteurs libyens ou européens – qui commettent et facilitent ces crimes systématiques.

🔗Retrouvez ici le communiqué conjoint :

11.05.2026The confirmation of charges hearing marks a crucial step towards justice. We, the undersigned organizations, stand in solidarity with survivors and victims of international crimes in Libya and remain committed to supporting their pursuit of justice.After over a decade of impunity, the conf...

Moussa Tchangari, secrétaire général d’Alternative Espaces Citoyens - Niger (membre de Migreurop) et défenseur des droit...
19/05/2026

Moussa Tchangari, secrétaire général d’Alternative Espaces Citoyens - Niger (membre de Migreurop) et défenseur des droits humains, reconnu comme un porte-parole des revendications de la société civile nigérienne en matière de démocratie, de sécurité, de souveraineté sur les ressources et d'indépendance, a été arrêté le 3 décembre 2024 pour avoir exprimé des opinions critiques à l'égard des autorités au pouvoir.

Un mois plus t**d, Moussa Tchangari a été placé en détention provisoire sous mandat de dépôt à la prison de Filingué, dans une zone de forte insécurité à 180 kilomètres de Niamey, où il est toujours détenu arbitrairement dans l'attente de son procès.

Sa demande de remise en liberté provisoire, examinée par la chambre de contrôle de la cour d’appel, a finalement été rejetée le 15 mai, après des mois de bataille judiciaire menée par ses avocats.

Des citoyen·nes et associations du monde entier expriment leur inquiétude face à la répression des défenseur·euses des droits humains au Niger et les attaques extrêmes qui s’exercent contre la liberté d’expression et la liberté associative.

Alors qu’il est une voix importante de la société civile, Moussa Tchangari est traité par les autorités comme un criminel et une menace pour la sûreté de l’Etat.

Nous appelons à sa libération immédiate et à l’abandon de toutes les poursuites à son encontre.

✊ Victoire de la solidarité ! Le 15 mai, la cour d'appel norvégienne du Hålogaland a rejeté le mandat d'arrêt européen é...
18/05/2026

✊ Victoire de la solidarité !

Le 15 mai, la cour d'appel norvégienne du Hålogaland a rejeté le mandat d'arrêt européen émis par la Grèce à l'encontre de Tommy Olsen, fondateur de l'ONG Aegean Boat Report, accusé de charges infondées liées à son activisme pour les droits des migrant·es. Il risquait une extradition vers la Grèce. La cour a jugé que les actes qui lui sont reprochés ne constituent pas une infraction pénale au regard du droit norvégien, et a estimé que son extradition aurait entraîné un risque de violation du droit à la liberté d'expression.

Cette décision s'appuie sur la documentation institutionnelle et de la société civile faisant état du ciblage systématique des défenseur·euse·s des droits des éxilé·es en Grèce. Elle est aussi le fruit de la mobilisation transnationale de nombreuses organisations de défense des droits.

Tommy Olsen avait été arrêté à son domicile de Tromsø et placé en détention provisoire en mars 2026. Libéré quelques jours plus t**d, il demeurait sous la menace d'une extradition en Grèce. Parmi les accusations figuraient : participation à une organisation criminelle, trafic d'êtres humains, aide à l'entrée et au séjour dits “irréguliers”. En réalité, Aegean Boat Report documente les violations des droits humains commises par les autorités grecques. Ces activités sont légitimes et protégées par le droit international, comme l’a souligné la cour norvégienne.

Ces accusations s'inscrivent dans un contexte de répression accrue des associations d’aide aux exilé·es en Grèce, via une utilisation abusive de la législation contre les passeurs. En 2025, 49 personnes ont été criminalisées en Grèce pour avoir agi en solidarité avec des migrant·es. Des mesures adoptées début 2026 font de l'appartenance à une ONG portant assistance aux migrant·es une circonstance aggravante dans les affaires de trafic d'êtres humains.

Suite à l'arrestation d'Olsen, de larges coalitions d’associations grecques et internationales,se sont mobilisées pour faire pression sur les autorités norvégiennes afin qu'elles refusent son extradition. Parmi les actions menées, Amnesty International a lancé une action urgente permettant d'envoyer une lettre au ministère de la Justice norvégien, en soulignant que la Norvège ne pouvait pas se rendre complice d’une criminalisation injustifiée. Cet argument a été repris dans le communiqué conjoint “Mettez fin aux poursuites contre Tommy Olsen”.

Comme le souligne Aegean Boat Report sur son site, la décision de la cour d'appel norvégienne est une victoire importante, non seulement pour Olsen, mais aussi pour “les journalistes, les défenseurs des droits humains, les travailleurs humanitaires et toutes les personnes qui documentent les abus aux frontières de l'Europe”. Ce verdict rappelle clairement que “le travail humanitaire n'est pas du trafic de personnes, documenter les violations des droits humains n'est pas un crime, et la liberté d'expression ainsi que l'état de droit ont encore leur place en Europe”.

🔗 Retrouvez ici le communiqué d'Aegean Boat Report :

Yesterday, the competent Norwegian Court of Appeal unanimously rejected the European Arrest Warrant issued by the Greek authorities against the founder of Aegean Boat Report, Tommy Olsen. The court…

✊Pour la troisième fois, le Transborder Summer Camp (TSC) 2025 a rassemblé en août dernier à la ZAD de Notre-Dame-des-La...
13/05/2026

✊Pour la troisième fois, le Transborder Summer Camp (TSC) 2025 a rassemblé en août dernier à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes 680 militant·es venu·es d’Afrique, d’Europe et d’Asie, pour une rencontre autour des pratiques de solidarité locale et transnationale le long des routes migratoires, des luttes contre les violences des frontières et les violences policières, et des mobilisations pour la liberté de circulation.

La thématique phare de cette troisième édition était de tisser des liens entre les luttes contre les violences des frontières et les violences policières.

À l’issue de la rencontre, des membres du TSC ont réalisé une brochure rassemblant résumés, comptes-rendus des discussions, poèmes et photographies, qui capture l’esprit exceptionnel de ce rassemblement militant.

La brochure documente des discussions centrales du camp d’été, en abordant un grand nombre de thématiques, dont :

▪️ Les combats croisées des familles de mort·es et disparu·es en migration et de victimes de violences policières racistes, soulignant la nécessité de placer leurs voix au coeur des luttes pour la liberté de circulation

▪️ Les pratiques concrètes de solidarité le long des routes migratoires (lignes d’assistance, guides d’information, villes solidaires) ;

▪️Des analyses sur la criminalisation des personnes migrantes et des militant·es ;

▪️Des perspectives intersectionnelles sur les luttes migratoires, à partir des expériences de femmes et personnes LGBTQ+ en migration ;

▪️Des réflexions sur les rapports de domination à l’intérieur des mouvements de solidarité ;

▪️Les liens entre migrations et luttes de travail, pour construire des ponts entre le mouvement de lutte contre les frontières et le mouvement social.

À travers la documentation des discussions et le référencement de nombreuses organisations qui se mobilisent pour la liberté de circulation, la brochure du TSC constitue une archive précieuse des luttes contre les frontières à l'échelle transnationale, ainsi qu’un outil de soutien aux processus de mise en réseaux qui contribue à nous réinspirer dans nos luttes.

🔗 Pour en savoir plus, retrouvez l'article de Migreurop sur la brochure du TSC 2025 ici :

Le camp d'été transfrontalier (Transborder Summer Camp – TSC) 2025 s'est déroulé du 5 au 10 août 2025 dans la ZAD près de Nantes, rassemblant des centaines de militant·es venu·es d'Afrique, d'Europe…

Durant le mois d'avril, s'est poursuivie l’institutionnalisation des violations des droits des exilé·es en Europe et en ...
11/05/2026

Durant le mois d'avril, s'est poursuivie l’institutionnalisation des violations des droits des exilé·es en Europe et en Afrique : lois répressives, externalisation renforcée, négociations pernicieuses UE/Taliban pour faciliter les expulsions. En contre-partie, la société civile ne cesse de se mobiliser face à ces politiques migratoires chaque fois plus sécuritaires.

🇹🇳 À Tunis, une marche de solidarité contre le racisme s'est tenue malgré la répression généralisée de la société civile. Les participant·es ont dénoncé les campagnes de haine et de désinformation du gouvernement, les arrestations arbitraires de militant·es antiracistes et le rôle de la Tunisie comme "garde-frontière" de l'Europe.

🇧🇪 Le gouvernement belge a approuvé un projet de loi qui permettrait à la police d’effectuer des perquisitions au domicile d’une personne dépourvue de titre de séjour, qui représenterait « un danger pour l’ordre public ou la sécurité nationale » , dans le but de procéder à son arrestation et à son expulsion. Un accord qui suscite de graves inquiétudes au regard du respect des droits fondamentaux.

🇮🇹 Le gouvernement italien a adopté le “décret sûreté”, qui porte un coup au droit de la défense des personnes migrantes. Une prime de 615€ sera en effet versée aux avocat·es et à d’autres acteur·ices impliqué·es dans les retours dits « volontaires », et l'aide juridictionnelle gratuite ne sera plus automatique pour les personnes qui souhaitent contester leur expulsion.

🇬🇷 Les autorités grecques recruteraient depuis des années des personnes migrantes pour refouler d’autres exilé·e·s à la frontière avec la Turquie. En contrepartie, ces "mercenaires" recevraient de l’argent et des documents administratifs leur permettant de demeurer en Grèce pendant 25 jours. Une forme d’exploitation visant à transférer la responsabilité des pratiques attentatoires aux droits humains exercées à l'encontre des personnes exilées.

🇬🇧 🇫🇷 Le Royaume-Uni et la France ont renouvelé le traité de Sandhurst (2018) visant à entraver les traversées de la Manche. Londres financera jusqu'à 766 millions d'euros pour accroître le harcèlement et l'interception des personnes migrantes tentant de rejoindre les côtes britanniques. Il s'agit de l'énième dispositif d'une coopération meurtrière qui se renforce depuis plus de 20 ans.

🇪🇺 L’UE s’apprête à accueillir une délégation de talibans afin de poursuivre les discussions sur l’expulsion de ressortissant·es afghan·es depuis l'Europe. Présentées sous un angle prétendument “technique”, ces discussions pourraient conduire à une institutionnalisation de la violation du principe de non-refoulement, et exposer les personnes concernées aux graves violations de droits en Afghanistan.

Tous les mois, Migreurop réalise une r***e de presse qui compile et analyse une sélection d’articles relatifs à l’actualité des politiques migratoires principalement euro-africaines. Retrouvez la r***e de presse complète (FR/EN) ici : https://migreurop.org/article3588.html?lang_article=fr

Migreurop est un réseau européen et africain de militant·e·s et chercheur·euse·s dont l'objectif est de faire connaître et de lutter contre la généralisation de l'enfermement des étrangers et la…

Le 22 avril, la France et le Royaume-Uni ont trouvé un terrain d'entente pour prolonger l’accord de Sandhurst (2018), vi...
08/05/2026

Le 22 avril, la France et le Royaume-Uni ont trouvé un terrain d'entente pour prolonger l’accord de Sandhurst (2018), visant à empêcher les traversées de la Manche par les exilé·es.

Le Royaume-Uni fournira un financement de 766 millions d’euros sur trois ans qui comprend « une partie flexible » (186 millions d’euros), conditionnée à l’efficacité de l’empêchement des tentatives de traversées.

La présence des forces de l'ordre sur les plages françaises augmentera de 40 %, une unité des CRS (la police anti-émeute française) sera dédiée à la « lutte contre l'immigration irrégulière », et du nouveau matériel sera acquis afin de harceler et disperser les personnes tentant de rejoindre le RU.

Cette décision intervient après des mois de tensions, durant lesquels le RU avait insisté pour que la France augmente les interceptions en mer des « small boats » (petites embarcations utilisées pour les traversées de la Manche), faute de quoi il n’aurait pas renouvelé ses financements.

La France s’est au départ opposée à cette requête, le Secrétaire d’État chargé de la Mer ayant souligné que ces interceptions risqueraient de violer le droit international et de mettre « en danger la vie des exilé·es et des agents français ».

En effet, les interceptions par les forces de l'ordre françaises pour ramener les exilé·es vers le littoral français (pullback) – pour le compte du RU – constituent une forme de refoulement, une pratique contraire au droit international et attentatoire au droit d’asile.

De nombreux pullbacks ont déjà été documentés dans le cadre des opérations françaises de « surveillance » dans la Manche financées par le RU, et la police française multiplie depuis des années les opérations mettant en danger la sécurité et la vie des exilé·es : démantèlement violent de campements, utilisation de gaz lacrymogène, agressions physiques.

La coopération franco-britannique ne faiblit pas depuis les accords du Touquet de 2003. Depuis, des accords formels et informels se sont succédés, jusqu’à l’accord « One in, One Out » en 2025. Alors même que ce partenariat ne réduit pas les mouvements migratoires, la France a une nouvelle fois « cédé » au Royaume-Uni au profit d'une coopération mortifère qui se chiffre en millions.

Le dernier rapport de Border Forensics (2026) a mis en évidence que la politique « Stop the boats » tue, avec une augmentation spectaculaire des incidents mortels à partir de l’été 2023, marqué par un renforcement de la surveillance aérienne et de la surveillance policière sur les côtes. De fin 2023 à fin 2025, 112 personnes ont été confirmées mortes ou portées disparues lors de tentatives de traversée de la Manche.

🔗 Pour en savoir plus sur les conséquences de la politique franco-britannique "Stop the boats", retrouvez le rapport de Border Forensics "Comment la politique “Stop the Boats’ tue" :

How ‘stopping the boats’ kills presents findings from a year-long collaborative investigation by researchers at the ESRC Centre for Sociodigital Futures at the University of Bristol, and Border Forensics, an independent research agency based in Geneva, Switzerland. The report demonstrates how t...

✊ Pas de police dans nos maisons ! Le 3 avril, le gouvernement belge a approuvé, en deuxième lecture, un avant-projet de...
07/05/2026

✊ Pas de police dans nos maisons !

Le 3 avril, le gouvernement belge a approuvé, en deuxième lecture, un avant-projet de loi qui permettrait à la police d’entrer de force dans une habitation privée occupée par des personnes en situation dite « irrégulière » et pouvant représenter « un danger pour l’ordre public ou la sécurité nationale », afin d’en faciliter l’arrestation et l’expulsion.

Le projet de loi sur les « visites domiciliaires » avait déjà été proposé en 2018, avant d’être retiré à la suite d’une grande mobilisation de la société civile. Il a été remis sur la table en 2025. Peu après, la campagne « STOP visites domiciliaires » a été lancée par plusieurs organisations, dont le CIRÉ-asbl, le CNCD-11.11.11, la Ligue des droits humains et Le Monde des Possibles, membres de Migreurop.

Le projet doit encore être approuvé par le Parlement : il est donc encore possible de se mobiliser pour faire échouer le vote. Parmi les actions possibles dans le cadre de la campagne :

➡️ Lire et co-signer la “charte blanche” de la campagne, qui condamne le projet de loi
➡️ Interpeller les député·e·s en leur demandant de rejeter le projet de loi, via des modèles d'e-mails mis à disposition par le CIRE
➡️ Interpeller sa commune afin de demander le rejet du projet de loi, en utilisant les modèles de courriers et de motions mis à disposition par le CNCD-11.11.11
➡️ Participer aux mobilisations et aux chaînes humaines de solidarité
➡️Rejoindre, via les réseaux sociaux, des groupes locaux d'habitant·es mobilisé·es dans son quartier, pour organiser des actions décentralisées telles que l’interpellation des élu·es locaux, des débats, des collages, des sessions d’information et des rencontres partout en Belgique

Grâce à cette action citoyenne, 18 communes ont déjà adopté des motions de rejet de la loi, telles qu’Auderghem, Bruxelles, Evere, Forest, Ixelles, Molenbeek, Jette, Liège, Saint-Gilles, Watermael-Boitsfort...

La mobilisation continue pour multiplier la pression à l'échelle locale et nationale, pour empêcher la construction d’un régime de surveillance et de rafles des personnes exilées en Europe, similaire aux pratiques de l’ICE aux États-Unis. Au-delà de ce projet de loi, cette mobilisation citoyenne appelle à combattre toutes les mesures migratoires attentatoires aux droits et à renforcer la solidarité avec les personnes exilées.

🔗Pour découvrir et participer aux actions de la campagne "STOP visite domiciliaires", rendez-vous sur le site :

La société civile s'oppose au projet de visites domiciliaires.

✊🇳🇱 Le 21 avril, suite à une large mobilisation de la société civile néerlandaise, le Sénat a rejeté la proposition de l...
29/04/2026

✊🇳🇱 Le 21 avril, suite à une large mobilisation de la société civile néerlandaise, le Sénat a rejeté la proposition de loi visant à criminaliser le séjour dit "irrégulier" !

Les Pays-Bas s'apprêtaient à adopter une loi “d’urgence” sur l'asile, l’une des plus strictes de leur histoire. Elle aurait érigé en infraction pénale le fait de séjourner aux Pays-Bas de façon dite “irrégulière”, ce qui aurait entraîné un risque accru d’exclusion sociale et une atteinte à l’accès aux droits fondamentaux des personnes exilées, ainsi que l’exposition à des risques juridiques pour les personnes leur apportant une aide humanitaire.

Environ 120 organisations de la société civile ont rejoint la campagne « Stop de asielwetten » (halte aux lois sur l’asile). Parmi les actions organisées figurent des manifestations devant l’entrée du Sénat, l'interpellation des élus, des lettres ouvertes, ainsi que des campagnes d’affichage et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Les municipalités d'Amsterdam, d'Eindhoven, de Groningue et d'Utrecht ont également manifesté leur opposition en exhortant le Sénat néerlandais à voter contre le projet de loi, en soulignant les conséquences sociales qu'il pourrait avoir, particulièrement sur les mineur·es.

Malgré cette victoire, la coalition dénonce l’approbation par le Sénat d’un système de double statut pour les demandeur·euses d’asile et se dit donc prête à poursuivre sa bataille contre les politiques migratoires répressives du gouvernement. Une lutte qui apparaît de plus en plus urgente dans le contexte européen actuel, dominé par les idéologies racistes et les législations attentatoires aux droits des personnes migrantes.

➡️ Pour découvrir les actions de la campagne menée contre le projet de loi, rendez-vous sur le site

Roep de politiek op tegen deze onmenselijke en onuitvoerbare wetten te stemmen! Ze lossen niets op en zetten de samenleving onder druk.

Adresse

21 Ter Rue Voltaire
Paris
75011

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