21/01/2026
📣 Avis du SNECA/CFE-CGC – Projet SDD / « La Suite » lors du CSE exceptionnel du 16 janvier 2026 :
Le Comité Social et Économique est réuni dans le cadre de la procédure d’information-consultation relative au projet SDD, après analyse des documents transmis par la Direction et au regard des conclusions de l’expertise SECAFI pour rendre un avis.
Le SNECA/CFE-CGC rappelle que son avis doit être rendu sur la base d’une information complète, loyale et sincère, permettant une compréhension claire des objectifs poursuivis, des impacts du projet et des moyens mis en œuvre.
🔎 Constat général du SNECA/CFE-CGC
Le projet SDD (Stratégie Distributive Dynamique) repose sur deux axes principaux :
• la mise en place d’une nouvelle segmentation dynamique valeur/potentiel et de nouvelles règles de mise en portefeuille visant des portefeuilles dits « purs » ;
• la création d’un nouveau modèle d’agences, « La Suite », venant compléter le réseau de proximité.
À l’issue de l’analyse des documents transmis et au regard de la synthèse du rapport d’expertise SECAFI, le SNECA/CFE-CGC constate que ce projet constitue une transformation profonde du modèle distributif, des métiers, de l’organisation du travail et de l’emploi.
Si certains constats partagés par la Direction sont pertinents (déformations actuelles des portefeuilles, multibancarisation, potentiel de développement par l’équipement et la conquête), le SNECA/CFE-CGC considère que le projet demeure largement orienté vers une rationalisation des moyens et une réduction des effectifs du réseau de proximité, sans garanties suffisantes sur la soutenabilité du modèle cible, les conditions de travail et la qualité de la relation client.
🧩 Nous allons détailler 5 points :
1️⃣ Nouvelle segmentation et gestion des portefeuilles :
Le SNECA/CFE-CGC prend acte de la volonté de segmenter la clientèle en trois marchés (particuliers, patrimonial et banque privée) basés sur le « potentiel » et la « valeur ».
Cependant, le SNECA/CFE-CGC alerte sur plusieurs points majeurs :
• la fiabilité des données conditionne la réussite du modèle, sans garantie à ce stade de leur exhaustivité, de leur mise à jour et de leur robustesse ;
• le recalcul fréquent des modèles et la rotation annuelle des portefeuilles sont incompatibles avec une relation client stable et de qualité ;
• certains clients, qualifiés « d’essentiels », feront l’objet d’une moindre intensité relationnelle, avec un risque accru d’attrition, notamment sur la clientèle grand public ;
• les portefeuilles ne sont pas aujourd’hui « purs » et leur instabilité est renforcée par un fort turnover et des réaffectations successives.
Le SNECA/CFE-CGC considère que cette segmentation fait peser un risque important sur la promesse client et sur la satisfaction à moyen terme.
2️⃣ Pro-activité commerciale et charge de travail :
La Direction affiche un objectif de renforcement de la pro-activité commerciale.
Le SNECA/CFE-CGC constate toutefois une contradiction majeure entre cette ambition et la réalité du travail :
• les salariés sont déjà fortement sollicités par une activité réactive ;
• aucun moyen opérationnel n’est clairement identifié pour dégager du temps commercial ;
• le calibrage des portefeuilles repose sur des fourchettes très larges, sans métriques partagées ni règles homogènes selon les formats d’agence.
En l’absence de cadre clair, le SNECA/CFE-CGC estime que ce calibrage relève davantage d’une logique empirique que d’une organisation maîtrisée, avec des conséquences directes sur la charge de travail, la santé des salariés et l’équité de traitement entre agences.
3️⃣ Impacts sur l’emploi, les métiers et l’organisation :
Le SNECA/CFE-CGC constate que le projet se traduit par un solde net négatif en emplois, estimé entre 50 voir 80 ou + de suppressions de postes, hors impacts complémentaires du projet GDV.
Il va en résulter :
• des mobilités fonctionnelles et géographiques contraintes ;
• des transformations de métiers vécues comme des déqualifications, notamment pour certains CCL Patri repositionnés ;
• une réduction des postes d’encadrement intermédiaire (12 étant déjà annoncé à ce stade du projet) ;
• une forte incertitude sur les parcours professionnels et les délais de repositionnement.
Le SNECA/CFE-CGC regrette que le dossier de consultation soit très centré sur les postes et insuffisamment sur les salariés, l’accompagnement RH, les conditions de mise en œuvre et les garanties individuelles et collectives.
4️⃣ Le concept d’agence « La Suite »
Le SNECA/CFE-CGC prend acte des objectifs affichés de développement de l’accessibilité et de l’expertise, notamment via des horaires élargis.
Néanmoins, le SNECA/CFE-CGC formule de fortes réserves :
• l’organisation du travail (plannings, absences, priorisation, charge) n’est pas définie ;
• la séparation des rôles entre responsables de la relation et experts fragilise la continuité de la relation client ;
• les portefeuilles envisagés sont particulièrement volumineux ;
• le dimensionnement des expertises (notamment pour le crédit) n’est pas démontré ;
• le modèle rompt les synergies existantes entre marchés et affaiblit le réseau de proximité.
Quel avenir pour les postes de responsables de la relation client : n’y a-t-il pas un risque de perte des compétences puisqu’ils ne traiteront plus les dossiers, ils les transmettront aux différents experts ?
Le SNECA/CFE-CGC s’interroge sur l’efficacité de ce nouveau concept et son apport au développement du fonds de commerce.
5️⃣ Impacts clients :
Le SNECA/CFE-CGC relève que plusieurs centaines de milliers de clients sont amenés à changer de portefeuille et d’interlocuteur.
Ce volume est probablement sous-estimé car il n’intègre pas l’ensemble des effets liés aux suppressions, créations et transformations de postes.
Le SNECA/CFE-CGC alerte sur un risque élevé d’insatisfaction client, lié à l’instabilité des portefeuilles, à la baisse de l’intensité relationnelle et à l’éloignement du service de proximité.
❗ Conclusion :
Au regard de l’ensemble de ces éléments, le SNECA/CFE-CGC émet un avis défavorable sur le projet SDD tel que présenté.
Le SNECA/CFE-CGC considère que :
• l’information transmise est insuffisamment stabilisée ;
• les impacts sociaux, organisationnels et humains sont sous-estimés ;
• les conditions de travail, l’emploi et la qualité du service client sont fortement fragilisés ;
• le projet SDD affiche plus une volonté de rationalisation des coûts, dans une attitude défensive, qu’une volonté de développement du fonds de commerce et ne démontre en rien comment sera obtenu le doublement des parts de marché tel que présenté initialement dans le grand lancement du projet NOR.
Le SNECA/CFE-CGC demande en conséquence :
• des garanties concrètes en matière d’emploi, d’accompagnement et de conditions de travail pour les salariés de la Caisse Régionale du CADIF.
• Et réitère sa demande d’analyse de la charge de travail et de la charge mentale des différents métiers au travers d’une expertise sur les conditions de travail.
🗳️ Avis défavorables à l’unanimité des votants (24 personnes - 4 OS)