01/02/2026
Tribune de Hovhannes Guevorkian : Les raisons de mon engagement
Les élections du CCAF sont un moment important pour la communauté arménienne de France. Elles sont une occasion de mobilisation et d’engagement. Les deux listes en présence rassemblent des femmes et des hommes investis, porteurs d’idées, d’analyses et de parcours différents, qui contribuent à nourrir le débat et à renforcer le CCAF. Cette diversité est une richesse.
Le CCAF est une institution de première importance. C’est pourquoi je souhaite avant tout appeler chacun à s’inscrire et à voter. Votre participation est la condition de la vitalité de notre représentation collective.
Si j’ai choisi de m’engager sur la liste Unis pour l’Arménie, c’est d’abord par volonté de préserver l’unité de la communauté arménienne. Lorsque l’on tient à ce qui nous est cher, il faut accepter de s’engager, au service d’une institution qui dépasse les personnes et les sensibilités.
Mon engagement est aussi guidé par la conviction que la cause de l’Artsakh fait pleinement partie de la cause arménienne. J’ai le privilège de représenter l’Artsakh et je souhaite que cette cause soit renforcée, portée plus largement et inscrite durablement dans l’action du CCAF. L’Artsakh n’est pas seulement un territoire. Il est à la fois un symbole et une incarnation. Symbole d’une lutte pour la liberté, le droit et la justice. Incarnation d’un peuple qui, malgré l’épreuve, refuse l’effacement.
Enfin, mon engagement est profondément tourné vers la diaspora arménienne de France elle-même. Cette diaspora est une chance immense. Elle est appréciée, respectée, reconnue. Elle a donné à la France et au monde des personnalités remarquables dans tous les domaines, culture, arts, sciences, sport, politique, qui font notre fierté commune. Elle a toujours su défendre et soutenir l’Etat d’Arménie et l’Etat d’Artsakh, avec constance, parfois avec fermeté, parfois dans le débat, y compris en exprimant des désaccords lorsque les principes fondamentaux étaient en jeu. Mais aujourd’hui, cette diaspora a aussi besoin de soin, d’attention et de projection. Elle a besoin de ses écoles, qui ne sont pas seulement des lieux d’apprentissage, mais des espaces de transmission de la langue, de l’histoire et de l’identité arméniennes. Elle a besoin de ses ensembles culturels, artistiques et musicaux, qui font vivre notre héritage, le rendent visible et le partagent avec la société française. Elle a besoin de sa jeunesse, ouverte au monde, fière de ses origines, souvent brillante, parfois en quête de repères, et qui constitue notre avenir collectif. Elle a besoin de ses structures associatives, de ses médias, de ses réseaux économiques et de ses outils d’influence politique, sans lesquels aucune cause ne peut être portée durablement.
Prendre soin de la diaspora arménienne de France, ce n’est pas se détourner de l’Arménie ou de l’Artsakh. Au contraire, une diaspora structurée, unie, confiante et organisée est nécessairement plus efficace, plus audible et plus respectée.
C’est dans cet esprit que je m’engage. Pour renforcer nos institutions communes, pour consolider ce qui existe, pour transmettre ce qui nous a été légué et pour préparer l’avenir. Parce que bâtir une institution est long et exigeant, mais la fragiliser ou la détruire est toujours plus facile… et souvent irréversible.
https://www.armenews.com/tribune-de-hovhannes-guevorkian-les-raisons-de-mon-engagement/