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https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/11/22/les-descendants-d-immigres-se-disent-autant-discrimines-que-les-immigr...
22/11/2024

https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/11/22/les-descendants-d-immigres-se-disent-autant-discrimines-que-les-immigres_6408256_3224.html

Les descendants d’immigrés se disent autant discriminés en France que leurs parents
Une étude de l’Insee souligne d’un « paradoxe de l’intégration » pour les personnes aux descendances extra-européennes : alors qu’elles sont nées en France, elles déclarent plus souvent avoir subi des discriminations que les immigrés de même origine.

Par Julia Pascual

Fresque murale à Paris, le 13 juin 2019. <img src="https://img.lemde.fr/2024/11/22/0/0/3882/2587/664/0/75/0/7a1d792_1732257060336-000-1hh712.jpg" alt="Fresque murale à Paris, le 13&nbsp;juin 2019."> Fresque murale à Paris, le 13 juin 2019. JOEL SAGET / AFP
La situation sociale des descendants d’immigrés est meilleure que celle de leurs parents. Cela est vrai quelles que soient leurs origines : leur niveau de vie est plus favorable, leurs conditions de logement aussi. En revanche, les descendants d’immigrés déclarent autant que les immigrés avoir été discriminés. C’est ce qui ressort d’une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée jeudi 21 novembre et intitulée « France, portrait social. Edition 2024 ». Selon ces données, issues d’une enquête réalisée auprès d’environ 27 000 personnes âgées de 18 à 59 ans, menée avec l’Institut national des études démographiques, un quart des immigrés et des descendants d’immigrés « déclarent avoir connu “souvent” ou “parfois” des traitements inégalitaires ou des discriminations au cours des cinq dernières années ».

La France compte 7,2 millions d’immigrés – dont 51 % sont des femmes et un tiers ont acquis la nationalité française –, soit 10,6 % de la population. Le pays compte également huit millions de descendants d’immigrés (dont 56 % n’ont qu’un seul parent immigré). Immigrés ou descendants, plus de 45 % d’entre eux sont originaires du continent africain.

Si l’on s’intéresse aux origines géographiques des personnes déclarantes, le vécu de discrimination varie de façon importante. Les descendants d’immigrés d’origine européenne sont « moins nombreux à rapporter des expériences de discrimination (13 %) que les immigrés des mêmes origines (19 %) ». En revanche, souligne l’Insee, il existe un « paradoxe de l’intégration » pour les individus aux descendances extra-européennes : « Alors qu’ils sont nés en France et y ont majoritairement effectué leur scolarité, ils déclarent plus souvent avoir subi de discriminations que les immigrés de même origine. » C’est le cas de 34 % des enfants d’immigrés d’origine asiatique et africaine, contre 26 % des immigrés de la première génération de même origine.

Plus prompts à déceler les traitements inégalitaires
Comment expliquer cet écart entre générations ? Pour l’Insee, il trouve sa source en partie dans le fait que les descendants d’immigrés ont des profils plus jeunes et plus diplômés donc plus prompts à déceler et à déclarer ces traitements inégalitaires.

De façon générale, l’origine géographique est le « premier facteur de discriminations », souligne l’étude. Ainsi, un immigré ou un descendant d’immigré d’Afrique (hors Maghreb) a près de trois fois plus de risques d’avoir été victime de discriminations dans les cinq dernières années qu’un immigré ou un descendant d’immigré d’Europe du Sud.

Les descendants d’immigrés non européens ont aussi plus de risques d’avoir été discriminés pendant leur scolarité. Ainsi, « 15 % des descendants d’immigrés du Maghreb déclarent avoir été moins bien traités que les autres élèves dans les décisions d’orientation, tout comme 14 % des descendants d’immigrés des autres pays d’Afrique ou encore de Turquie ou du Moyen-Orient (12 %) ». Cela ne concerne en revanche que 4 % des descendants d’immigrés d’Europe du Sud.

L’Insee s’est intéressé au sentiment que peuvent avoir les immigrés ou leurs descendants d’être perçus comme n’étant pas français et renvoyés à leurs origines. D’après les résultats de l’étude, un quart des immigrés du Maghreb et 30 % des descendants d’immigrés du Maghreb disent qu’on leur demande souvent leur origine. C’est aussi le cas de plus de 40 % des immigrés d’Afrique ou de leurs descendants. Et de plus du tiers des immigrés d’Asie ou de leurs descendants. « Sans être nécessairement associées à des comportements négatifs, plus ces situations sont fréquentes, plus le sentiment d’une altérité subie se renforce », explique l’Insee.

Plus de 45 % des immigrés considèrent ainsi ne pas être vus comme français. C’est beaucoup moins le cas de leurs descendants (20 %) même si la proportion augmente pour ceux de descendance africaine ou asiatique (29 %). Pour l’Insee, les descendants d’immigrés non européens « continuent à expérimenter l’altérisation connue par les immigrés, et celle-ci contredit leur aspiration à l’égalité de traitement et les conduit à mieux identifier les discriminations ».

Julia Pascual

Une étude de l’Insee souligne d’un « paradoxe de l’intégration » pour les personnes aux descendances extra-européennes : alors qu’elles sont nées en France, elles déclarent plus souvent avoir subi des discriminations que les immigrés de même origine.

Lutter contre la pauvreté pourrait s’avérer bénéfique pour l’économie françaiseÀ un jour de la présentation du projet de...
09/10/2024

Lutter contre la pauvreté pourrait s’avérer bénéfique pour l’économie française
À un jour de la présentation du projet de budget 2025 qui prévoit des coupes importantes dans les dépenses de l'État, un collectif d'une trentaine d'associations publie un rapport sur le coût de la pauvreté. Selon ce collectif, la pauvreté coûte à l'État près de 119 milliards d'euros par an.

Un sans-abri dort sur un matelas sous une ligne de métro aérien à Paris, le 30 juin 2024. (Image d'illustration)
JOEL SAGET / AFP Un sans-abri dort sur un matelas sous une ligne de métro aérien à Paris, le 30 juin 2024. (Image d'illustration) JOEL SAGET / AFP © Joël Saget / AFP
Par : Agnieszka Kumor
Le rapport intitulé Lutter contre la pauvreté : un investissement social payant a été réalisé à la demande du collectif Alerte, qui regroupe entre autres la fondation Abbé Pierre, Emmaüs, les Petits frères des pauvres ou encore le Secours catholique.

Selon cette étude, réalisée par le cabinet de conseil Oliver Wyman, 119 milliards d'euros sont dépensés chaque année par l’État pour réduire la pauvreté en France. Dans le détail, un peu plus de 51 milliards d'euros sont dépensés sous forme de minima sociaux ou autres accompagnements.

Mais la pauvreté engendre aussi des coûts indirects dans des domaines tels que l'éducation, la justice ou encore la santé. Ces surcoûts, qui comprennent aussi des recettes fiscales non perçues, s'élèvent à plus de 67 milliards d'euros par an.

L’inaction de l’État coûterait encore plus
Plus de neuf millions de personnes vivent en France sous le seuil de la pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1 216 euros par mois. Cette situation concerne 14 % de la population française.

Ce chiffre n'est pas nouveau. Ce qui l’est en revanche, c'est une approche économique de ce fléau, d’autant qu’en prenant les choses à l'envers, lutter contre la pauvreté pourrait s’avérer payant, estime le président du collectif Alerte, Noam Leandri : « Chaque euro que vous allez investir contre la pauvreté va générer des économies ailleurs au moins à hauteur d’un euro, si ce n’est plus. C’est une étude inédite en France parce qu’il n’y a jamais eu de calculs de ce qu’on appelle le coût bénéfice. C’est-à-dire combien cela me coûterait et combien cela me ferait gagner en matière de la lutte contre la pauvreté. Cela se pratique davantage au Canada, en Angleterre ou encore en Irlande ».

Un cercle vertueux pour l’économie
Mais selon le président du collectif Alerte, l'inaction pourrait coûter encore plus à l'État. Il assure même qu'un investissement supplémentaire de 8 milliards d'euros par an pourrait s'avérer bénéfique pour l'économie française : « Et ce parce que vous allez remettre ces personnes dans l’emploi, vous allez leur redonner de la dignité. Tout cela va avoir un effet positif sur l’économie. Cela va même augmenter la croissance économique. Une augmentation estimée à terme à un demi-point de PIB chaque année ».

Ces 8 milliards d’euros d’investissements seraient à répartir entre l'accompagnement des ménages, le retour à l'emploi ou encore les problèmes liés au logement.

Un plan de 60 milliards d’économies
Le collectif souhaite convaincre les parlementaires français d'adopter une loi qui engagerait l'État à réduire la pauvreté très fortement, voir à l'éradiquer, d'ici à la fin de la décennie. Mais il n'est pas sûr que le message soit entendu.

Pour l'heure, le gouvernement de Michel Barnier cherche exactement l'inverse. Jeudi 10 octobre, il doit présenter un plan de rigueur avec l'objectif de trouver au moins 60 milliards d'euros d'économies pour réduire le déficit public de la France.

À un jour de la présentation du projet de budget 2025 qui prévoit des coupes importantes dans les dépenses de l'État, un collectif d'une trentaine d'associations publie un rapport sur le coût de la pauvreté.…

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