30/06/2026
🔥 Quand les métiers de la solidarité craquent, c’est toute la société qui craque.🔥
➡️ Sud Santé Sociaux Paris a participé hier à la soirée de soutien des agent.e.s en grève du Samusocial de Paris.
Les témoignages se sont succédé : écoutantes du 115, travailleurs sociaux, associations, syndicats, élus, professionnels de l’ASE, de France Travail, d’Utopia 56... Tous ont décrit la même réalité : celle d’un service public de la solidarité étranglé par des choix politiques.
Les écoutantes du 115 l’ont rappelé avec une force bouleversante : « On est l’oreille de la rue et la voix de la violence. »
Chaque jour, elles répondent aux appels de personnes confrontées aux violences, aux viols, aux pensées suicidaires, à l’errance et à la rue.
Mais ce qui les conduit aujourd’hui à la grève, disent-elles, c’est aussi une organisation du travail qui les empêche d’exercer leur métier dignement et le sentiment de ne jamais être entendues malgré des mois d’alertes.
Les salariés ont également dénoncé le durcissement des critères de priorité pour l’hébergement d’urgence. Un exemple cité pendant la conférence : les femmes enceintes ne seraient désormais prioritaires qu’à partir de 7 mois de grossesse, contre 6 auparavant, selon les intervenants.
L’un des témoignages les plus marquants résume toute la violence de la situation : « On nous demande d’appeler des familles pour leur dire qu’elles vont devoir quitter leur hôtel et retourner à la rue. »
Les revendications sont pourtant simples :
✊ être enfin écoutés ;
✊ être associés aux décisions qui bouleversent leur travail ;
✊ obtenir une véritable reconnaissance, notamment salariale ;
✊ mettre fin aux suppressions de places d’hébergement et donner les moyens d’accueillir dignement les personnes.
Au-delà du Samu social, cette soirée a montré que les mêmes logiques frappent l’ensemble du secteur social, médico-social et sanitaire : protection de l’enfance, France Travail, associations, hôpitaux... Partout, les professionnels décrivent des restructurations, des sous-effectifs et une dégradation des conditions d’accueil.
Quelques chiffres ont également été rappelés :
📌 1 200 places d’hébergement d’urgence doivent être supprimées selon les intervenants.
📌 À Paris, plus de 200 000 logements et bureaux seraient vacants, tandis que des familles continuent de dormir à la rue, selon les chiffres avancés lors de la conférence.
📌 Les représentants syndicaux ont également dénoncé des milliards d’euros consacrés aux dépenses militaires ou aux aides aux entreprises, qu’ils mettent en regard des économies réalisées sur les politiques sociales.
Comme l’a résumé une salariée du Samu social : « On est des experts dans nos domaines, mais on ne fait jamais appel à notre expertise. »
🎺 Un immense merci également à la Fanfare Invisible, présente en soutien des grévistes. Sa musique a accompagné toute la soirée, rappelant que la solidarité se construit aussi dans la rue, par la présence, le collectif et la mobilisation.
📢 Rendez-vous, mardi 30 juin !
📍 9h : piquet de grève devant le Samu social de Paris
15 rue Jean-Baptiste Berlier, 75013 Paris
🎤 12h : conférence de presse
✊ 14h : départ de la manifestation en direction de Bercy, pour exiger des moyens à la hauteur des besoins du secteur social et de l’hébergement d’urgence.
💶 Soutenez les grévistes en participant à la caisse de grève :
👉 https://www.helloasso.com/associations/union-syndicale-cgt-du-commerce-et-des-services-de-paris/formulaires/5
Parce que défendre les conditions de travail des professionnel.les, c’est aussi défendre les conditions d’accueil des personnes les plus précaires.
Solidarité avec les grévistes du Samu social de Paris. Leur combat est celui de toutes celles et ceux qui refusent qu’une société laisse des femmes, des hommes et des enfants dormir à la rue.
#115