29/09/2025
J’ai tendance à dire, à chaque projection, que je n’ai jamais autant échoué qu’en travaillant sur… l’échec.
Le 18 septembre dernier, au Cinéma Le Champo à Paris, devant près de 90 personnes, j’en ai encore eu la preuve.
Avec , nous étions partis boire un verre à .bobine.official (très sympa d’ailleurs), le bar d’en face réservé pour le cocktail d’après-projection. Chronomètre enclenché pour être sûrs de revenir dans le bon timing, juste avant le débat.
20 minutes avant la fin, je me glisse dans le sas pour capter l’ambiance de la salle. Et là, surprise : les images du film commencent à saccader. Pile à l’un des passages les plus forts : la fin de Madagascar, le moment où tous mes souvenirs remontent avant mon retour en France.
Je pars en courant voir le projectionniste. Il me lance, l’air inquiet : “Je ne sais pas ce qui se passe, les serveurs ont dû planter.”
En clair : une image sur deux, écran noir imminent… et aucune solution claire.
D’un commun accord, on rallume la lumière. Maxime entre dans la salle pour prévenir le public. Et moi ? Impossible de me montrer. Je n’ai pas encore la force d’affronter 90 regards venus pour voir mon film. Dix minutes de discussions, d’essais, de doutes… jusqu’à ce que, enfin, le film reparte. Avec trois minutes de décalage. Trois minutes d’images que personne n’a vues.
Le film se termine. C’est mon moment : entrer en scène, remercier, écouter les critiques, les avis, les compliments… mais avec en tête tout ce qu’il vient de se passer.
Et finalement ? Avec une pointe d’auto-dérision et un peu d’humour, ça passe. Ça passe très bien, même. Et vous savez quoi ? Peut-être que sans cette péripétie, je ne me serais pas rappelé de cette projection.
Mais là… je crois que j’ai signé pour un souvenir à vie.
Et pour les Parisiens qui n’ont pas pu être là : pas d’inquiétude, sera bientôt disponible en ligne.