28/05/2026
PARTIE II- MANQUE DE RÉGLEMENTATION GÉNÉRALE POUR LA GESTION DES INVESTISSEMENTS PUBLICS AU TOGO CONSTITUE UN FREIN MAJEUR AU DÉVELOPPEMENT AGRICOLE.
Ce rapport de la Banque mondiale met en lumière une faiblesse structurelle : l’absence d’un cadre réglementaire unifié couvrant l’ensemble du cycle des investissements publics (de la planification à l’évaluation finale). Dans le secteur agricole, où les projets d’infrastructure (irrigation, routes rurales, stockage) sont essentiels, cette lacune favorise l’improvisation et l’inefficacité. Sans règles claires et contraignantes, les investissements risquent d’être mal coordonnés entre ministères, entraînant des doublons ou des abandons de projets à mi-parcours, ce qui compromet la productivité agricole et la sécurité alimentaire du pays.
L’OMISSION FRÉQUENTE DES COÛTS RÉCURRENTS ET LA NATURE PROVISOIRE DES ENVELOPPES BUDGÉTAIRES POSENT DE GRAVES PROBLÈMES DE DURABILITÉ.
Bien que les lignes directrices demandent aux ministères d’estimer les dépenses d’entretien et de maintenance, celles-ci sont souvent ignorées dans la pratique. Pour l’agriculture togolaise, cela signifie que des infrastructures comme les périmètres irrigués ou les marchés de collecte se dégradent rapidement faute d’entretien. Par ailleurs, les budgets globaux et provisoires conduisent à l’annulation systématique des crédits non consommés en fin d’année, pénalisant les projets agricoles qui nécessitent souvent des décaissements étalés sur plusieurs saisons culturales. Cette rigidité budgétaire décourage une planification pluriannuelle pourtant indispensable dans un secteur marqué par les aléas climatiques et biologiques.
LES CONTRAINTES DE TRÉSORERIE ET LES RETARDS DE MISE EN ŒUVRE FRAGILISENT L’EXÉCUTION DES PROJETS AGRICOLES.
Le rationnement du financement dû aux difficultés de liquidité provoque des interruptions fréquentes, des retards de paiement aux prestataires et une perte de confiance des partenaires techniques et financiers. Dans le contexte togolais, où l’agriculture représente une part importante de l’économie et emploie une grande partie de la population, ces retards se traduisent par des campagnes agricoles compromises, des pertes de récoltes ou des investissements inachevés (exemple : aménagements hydro-agricoles abandonnés). Cela réduit l’impact réel des fonds publics et décourage les investissements privés complémentaires.
L’ABSENCE D’ÉVALUATION ET D’INVENTAIRE DES ACTIFS LIMITE L’APPRENTISSAGE INSTITUTIONNEL ET LA RÉSILIENCE CLIMATIQUE.
Le rapport souligne la faiblesse des pratiques d’évaluation après réalisation et l’inexistence d’un inventaire complet des actifs publics, notamment leur vulnérabilité aux risques climatiques (inondations, sécheresses). Pour le secteur agricole togolais, déjà exposé au changement climatique, cette lacune est particulièrement préoccupante : sans données fiables sur l’état des infrastructures ni retour d’expérience systématique, il est difficile d’améliorer les futurs projets ou d’allouer efficacement les ressources pour l’adaptation. Cela perpétue un cercle vicieux d’investissements peu résilients et mal optimisés.
In fine, ce rapport révèle des dysfonctionnements systémiques qui expliquent en partie la lente transformation structurelle de l’agriculture togolaise malgré les ambitions affichées. Des réformes de la gestion des investissements publics seraient essentielles pour améliorer l’efficacité des dépenses et renforcer la résilience du secteur.
Milawoe le 28/05/2026
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