21/01/2026
MANIFESTATION DEVANT L'ASSEMBLEE NATIONALE CE JEUDI 22 JANVIER 2026 à 10h :
L’année dernière, des patrons de boulangerie s’étaient plaint de ne pas pouvoir faire travailler leurs salariés le 1er mai et nous avions fait un tract pour dénoncer leurs arguments hypocrites. Dans la foulée, une proposition de loi a été formulée pour créer une exception au 1er mai pour les boulangeries.
Cette proposition de loi va être examinée par l’Assemblée ce jeudi 22 janvier 2026, c’est pourquoi nous appelons à manifester et à se rassembler devant l’Assemblée ce même jeudi, à 10h, pour s’opposer à cette nouvelle attaque contre le droit du travail.
A l’époque, plusieurs patrons s’étaient vanté de braver la loi. Il faut dire qu'ils sont habitués car, comme dans beaucoup de secteurs, les employeurs ne respectent pas les lois déjà en vigueur.
Avant de leur accorder de nouveau moyen de nous exploiter, faisons déjà respecter le droit actuel.
Quelques cas que nous avons défendus à SUD Commerces et Services IDF en 2024 / 2025:
- A Paris : une boulangerie a installé les vestiaires des salariés dans la salle de stockage, dans le champ d’une caméra de surveillance.
La même, retirait 30 minutes de salaire chaque jour à une salariée à temps partiel. Lorsque cette dernière a réclamé ses salaires manquant, la gérante l’a fait venir dans son bureau et a insisté pendant presque 1h pour lui faire signer une démission. La salariée a eu gain de cause aux Prud’hommes.
- A Paris : une boulangerie a embauché un salarié et ne lui a pas versé de salaire. Lorsqu’il a réclamé son dû à l’écrit, l’employeur a rompu la période d’essai, sans délai de prévenance et sans lui remettre ses documents de fin de contrat. Le salarié a eu gain de cause aux Prud’hommes.
-A Herblay, une salariée en situation irrégulière s'est vue rejetée soudainement sans ménagement, après un contrôle de police de son employeur, sans documents de fin de contrat, ni indemnités, l'employeur étant persuadé qu'une salariée en situation précaire n'aurait ni les connaissances, ni les moyens de saisir le Conseil de prud'hommes pour faire valoir ses droits.
Elle était d'ailleurs menacée par son employeur lors de sa procédure d'une plainte pour avoir été en situation irrégulière lors de son embauche, pensant lui faire peur et la décourager d'aller plus loin. Elle a cependant poursuivi sa procédure lorsque nous l'avons informée que seul l'employeur est coupable dans ce type de cas.
Nous avons pu en référé lui obtenir ses documents de fin de contrat et son solde de tout compte et faisons en sorte de faire reconnaître en procédure classique les indemnités auxquelles elle a droit suite à la rupture abusive de son contrat de travail.
-A Paris, une boulangerie payait ses salariés à temps partiel, le reste en espèces, alors que ses salariés travaillaient 44h par semaine pour l'une (vendeuse), 60 pour l'autre (en production).
Lorsque la vendeuse a témoigné dans le contentieux de son collègue, elle a été menacée par son employeur qui menaçait d'intervenir pour l'empêcher d'obtenir le renouvellement de son titre de séjour. Elle a donc elle aussi saisi le Conseil de prud'hommes.
Ils ont tous deux obtenu une indemnité transactionnelle importante, et à travers cela la reconnaissance par leur employeur des torts causés.
- A Tremblay : une boulangerie a employé une salariée un mois en CDD, payée moins que ce que prévoit la convention collective. Le patron lui a fait faire jusqu’à 51 heures de travail par semaine. A la fin du mois, elle n’a reçu aucune indemnité de fin de contrat, ni congés payés, ni heures supplémentaires. L’affaire est en cours au Conseil de Prud’hommes.
- A Mitry-mory : une autre boulangerie a aussi employé une salariée à temps partiel plus de 50 heures par semaine, sans paiement des heures complémentaires. Au bout de 6 mois, la salariée est passée à temps plein, mais toujours pas d’heures supplémentaires payées. Lorsqu’elle les a réclamé, le gérant l’a renvoyée oralement sans lui payer la moindre indemnité. L’affaire est en cours au Conseil de Prud’hommes.
- A Boulogne-Billancourt : le gérant a employé, sans le déclarer, un salarié pendant 1 mois et demi avant de lui faire un contrat, sans le payer intégralement. En octobre, le salarié a fait une chute dans les escaliers, l’employeur l’a alors fait remonter, sortir de la boulangerie et la laisser seul sur le trottoir en fermant le rideau de la boulangerie. Il n’a pas déclaré l’accident et refuse, depuis, de laisser le salarié revenir travailler ou de lui payer ses salaires. L’affaire vient d’être déposée auprès du Conseil de Prud’hommes.