Jean-François Ferrando - Président de la CNTPE

Jean-François Ferrando - Président de la CNTPE Président de la CNTPE - Syndicat Patronal / Syndicat PAR et POUR des patrons / EcoSystème

ACTE I, SCÈNE UNIQUE – Tirade d’un petit entrepreneur accablé qui entre, un gros registre sous le bras, un rouleau de Ce...
08/04/2025

ACTE I, SCÈNE UNIQUE – Tirade d’un petit entrepreneur accablé qui entre, un gros registre sous le bras, un rouleau de Cerfa en guise d’écharpe...

LE PATRON, seul :

Ô rage ! ô désespoir ! ô formulaire ennemi !
N’ai-je donc entrepris que pour souffrir ainsi ?
Que fais-je en ce pays, glorieux par ses discours,
Où l'on loue l’entrepreneur… mais l'entrave toujours ?

À peine ai-je fondé mon modeste échafaud,
Qu’on m’accable déjà d’un paperassier fardeau !
Pour déclarer un contrat ? Cent pages à signer.
Pour un simple reçu ? Trois portails à buguer.

On m’ordonne un bilan, un rapport, un audit,
Et que le tout soit lu par quelque clerc maudit !
Et gare à l’oubli d’un code alphanumérique,
Car me voilà traité tel un voleur tragique.

Mais que diable fait l’État ? Il me flatte et me noie,
Me jette au fond d’un puits tout en chantant sa foi !
Chaque ministre en place, de sa bouche m’assure :
« Nous aimons les PME, leur noble envergure ! »

Mais quand vient la réforme – ô subtil artifice ! –
C’est un mille-feuille de règlements factices.
J’y perds mon latin, ma santé, mes talents,
À remplir du Cerfa jusqu’à l’écœurement.

Vous voulez que j’embauche ? Quelle noble mission !
Mais pour le faire droit, faut prier la raison.
Entre la DPAE, les grilles, la mutuelle,
C’est un vrai carnaval de contrainte cruelle.

Ah ! Molière, si tu vis, reprends donc la plume !
Viens conter l’entrepreneur et son combat posthume.
Point contre la finance, ni contre un vil bandit,
Mais contre l’administration, ce monstre sans répit !

Qu’on me laisse innover, vendre, créer, bâtir !
Et non m’enliser dans des tableaux à remplir.
Car si l’État m’adore, qu’il le prouve en actions,
Et non par de nouvelles obligations.

Je rêve d’un pays où l’on puisse entreprendre,
Sans craindre chaque jour une norme à comprendre.
Où l’on ne soit plus suspect par présomption,
Mais reconnu pour sa contribution.

Hélas ! Je parle en vain... Mon sort reste cruel.
Je retourne à mes chiffres, à mon portail virtuel.
Mais qu’on se le dise, à tous les hauts gradés :
Trop de paperasse tue l’envie d’oser !

JFF

04/04/2025

EDITO AVRIL

L’Entreprise : Dernier Rempart contre l’Absurdité Économique !
Il faut avoir le cuir solide pour encaisser certains discours. Imaginez tomber, au détour d’un zapping, sur le ministre de l’Économie déclarant, sans sourciller : « Les entreprises devront accepter d’être moins rentables. » Pardon ? On a bien entendu ? Si c’était un match de foot, on exigerait l’arbitrage vidéo ! Mais non, c’est bien réel. Et la sentence tombe : hors-jeu économique, carton rouge, expulsion.
Un ministre de l’Économie ne devrait jamais prononcer de telles inepties. Qui fait vivre ce pays, crée de la richesse et de l’emploi, maintient les territoires dynamiques ? L’administration ou les millions d’entreprises qui se battent chaque jour ? Exiger des entreprises qu’elles sacrifient leur rentabilité, c’est leur ôter toute capacité d’investissement, d’innovation, de croissance. C’est asphyxier ceux qui créent de la valeur, c’est mettre en péril les salariés eux-mêmes, c’est freiner des patrons dont la trésorerie est déjà sous pression.
Aucun projet politique ne peut tenir sans un tissu entrepreneurial fort. Aucune relance, aucune prospérité, aucun progrès social ne sont possibles sans entreprises compétitives. La décroissance, c’est l’échec assuré, un nivellement par le bas où tout le monde est perdant. Ce dont la France a besoin, c’est d’une croissance intelligente, libérée du carcan bureaucratique, tournée vers l’innovation et la transmission des savoir-faire. C’est exactement ce que font les entreprises ! Peut-être serait-il temps que nos dirigeants sortent de leurs bureaux et viennent voir la réalité du terrain ?
Plutôt que de distiller des contre-vérités sur l’entreprise et le monde du travail, il est urgent de restaurer la confiance entre l’État, les entrepreneurs et les citoyens. Trop souvent, l’opinion publique est intoxiquée par des slogans populistes et des discours idéologiques coupés du réel. La responsabilité politique, c’est d’unir, pas de diviser.
La fracture sociale et économique s’élargit dangereusement. Les tensions montent, alimentées par des incendiaires irresponsables. Le dialogue cède le pas aux invectives, les décisions politiques se soumettent aux polémiques éphémères des réseaux sociaux, et la fatigue morale gagne toute la société. Seule l’entreprise tient encore debout. Malgré les fermetures, les liquidations, la pression fiscale, elle reste le dernier pilier qui empêche l’édifice de s’effondrer.
Les chefs d’entreprise tiennent bon, face aux crises, aux absurdités administratives, aux attaques idéologiques. Mais jusqu’à quand ? Aujourd’hui, on leur demande d’arrêter d’être rentables, demain devra-t-on s’excuser de créer de l’emploi et de la richesse ? La prospérité d’un pays ne se décrète pas, elle se construit. Comme le disait François Guizot au XIXᵉ siècle : « Enrichissez-vous ! » Visiblement, certains ont oublié cette leçon élémentaire.

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26 Ter Rue Nicolaï
Paris
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