09/04/2026
Inquiétant pour la Plastics Vallée.
Une reunion de la Commission Paritaire du Haut Bugey est prevu fin avril.
Nous evoquerons le sujet.
Crise du pétrole : la Plastics Vallée à sec.
La guerre au Moyen-Orient et le blocus du détroit d’Ormuz ont fait du pétrole une denrée rare. Dans l’Ain, les plasturgistes le paient cher.
Le 28 février dernier, une nouvelle guerre s’allumait au Moyen-Orient. En quelques semaines, elle a embrasé les marchés mondiaux des hydrocarbures et avec eux, une filière industrielle : la Plastics Vallée. Dans le Haut-Bugey, les transformateurs de polymères regardent avec inquiétude leurs factures s’envoler et leurs stocks fondre.
Face à l’incertitude totale sur l’avenir du conflit, ils se retrouvent en première ligne d’une crise géopolitique dont ils n’ont pas les clés. Pour comprendre l’impact local, il faut remonter à la source géographique de la crise.
Le détroit d’Ormuz — ce couloir maritime de 33 kilomètres de large entre l’Iran et Oman — est le passage obligé d’un quart du commerce mondial de pétrole par voie maritime. Or depuis le début du conflit, seule une poignée de tankers est parvenue à le franchir. Résultat : les exportations depuis le golfe Arabo-Persique se sont effondrées de 99 % en mars par rapport à février, selon le cabinet d’analyse Kpler.
Du baril aux billes de plastique
Chaque jour, ce sont 11 millions de barils qui manquent sur les marchés mondiaux, soit plus de 10 % de la consommation mondiale. Un manque nécessaire à la fabrication du plastique. La matière première des plasturgistes, ce sont des billes de polymères — polyéthylène (PE), polypropylène (PP), PVC — fabriquées à partir du naphta, un dérivé du raffinage du pétrole brut. Ce naphta est lui-même transformé en monomères (éthylène, propylène) avant d’être polymérisé pour donner les granulés que les industriels injectent, soufflent ou extrudent dans leurs moules.
Chez Hyleance, entreprise de Ceyzériat qui transforme 7 000 tonnes de matière première par an, 40 % des approvisionnements proviennent du Moyen-Orient. Depuis le début du conflit, la présidente Emmanuelle Perdrix a vu les prix s’envoler à une vitesse inédite.
« C’est l’effet le plus massif avec une évolution du polyéthylène qui est passé de 1,20 € en février à 2 € en avril. Je n’avais jamais vu une telle augmentation en trois semaines. », relate-t-elle. En chiffres concrets, cela représente une hausse moyenne de 200 € par tonne et une facture supplémentaire de 50 000 € depuis le seul début du mois de mars. L’entreprise dispose d’environ deux mois de stock pour tenir, mais au-delà, l’inquiétude grandit.
Et les difficultés ne se limitent pas aux prix : « Sur deux camions de 24 tonnes commandés, un seul est arrivé. Nous ne connaissons ni le délai ni le prix de notre matière première avant qu’elle ne soit livrée. Nous naviguons à vue et cela tend les relations avec nos clients à qui nous essayons d’expliquer la...
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