28/11/2025
Beaucoup d’entre vous nous ont demandé si l’AVC de notre fille était perceptible pendant la grossesse ou l’accouchement, voici comment les choses se sont déroulées pour nous.
La grossesse s’est déroulée sans complication particulière et nous attendions notre fille avec sérénité, rêvant d’un accouchement naturel.
À terme, les examens étaient rassurants. Seule une légère baisse du liquide amniotique a conduit à programmer un déclenchement deux jours plus t**d. Rien d’inquiétant, nous étions confiants.
Le jour venu, à 41+2, le gel est posé, mais le col reste obstinément fermé. On nous prévient : cela prendra du temps. Alors nous marchons.
Nous montons et descendons les escaliers de l’hôpital, comme si chaque marche pouvait inviter notre fille à se rapprocher de nous.
À 16h30, tout bascule : les contractions deviennent intenses, la poche des eaux se rompt, le liquide est teinté. En salle d’accouchement, la péridurale échoue trois fois. On nous dit d’attendre, puis soudain, on nous annonce une césarienne, sans véritable explication.
Tout se fait très vite, et l’anesthésie générale est posée sans que nous ayons vraiment le temps de réaliser.
À 19h41, elle est là. Notre merveille, accueillie par son papa en peau à peau pendant que je dors encore. Plus t**d, dans la soirée, nous nous retrouvons enfin. Ce fut la nuit la plus longue, mais aussi la plus belle : celle où nous avons contemplé, émerveillés, ce petit être tant attendu.
Nous avons quitté la maternité quatre jours plus t**d, confiants, apaisés. Tout allait bien. Nous commencions notre vie à trois dans une bulle de douceur.
Pendant ses premiers mois, rien n’annonçait la tempête à venir. Elle était parfaite, éveillée, joyeuse. Puis, un détail nous a interpellés: sa main gauche, toujours fermée, jamais utilisée. Le pédiatre se voulait rassurant. “Une habitude”, nous disait-il. “Elle sera droitière », alors on y croyait.
Mais rien ne changeait. À ses six mois, enfin, on nous écoute. Les mots commencent à tomber, puis à s’abattre : IRM cérébral, kiné, rééducation… Dès la première séance, les diagnostics fusent : AVC, paralysie cérébrale, hémiparésie. On nous parle d’incertitudes, de possibles limites, de chemins qu’elle aura peut-être du mal à emprunter. Le ciel se déchire. Il faut encaisser, comprendre, accepter que notre vie ne sera plus la même, faire le deuil de ce bébé qu’on pensait en parfaite santé.
Deux mois plus t**d, l’IRM confirme l’impensable : un AVC survenu à la naissance.
Pourtant, au milieu de cette épreuve, il y a Georgia.
Cette petite fille lumineuse, qui sourit sans cesse, qui avance avec une force qui dépasse son âge, qui affronte chaque séance de kiné avec patience et courage.
Elle est résilience, elle est espoir.
C’est elle qui nous guide, qui nous apprend à nous relever et à aimer encore plus fort.
Elle est notre combat, mais surtout notre victoire. ♥️