03/03/2026
[LE SIGNAL D'ALARME DANS LA PLAINE]
Derrière les actualités récentes et les manifestations des syndicats agricoles majoritaires défendant les intérêts de l'agro-industrie se meurt lentement la biodiversité des plaines...
Difficile de visibiliser la défense de la biodiversité face aux revendications économiques de ce monde agricole de plus en plus en colère. Un monde agricole qui a perdu en partie ses valeurs et ses racines au profit du productivisme. Qui oublie que tout est lié et qu'il y a une écologie dans l'agronomie bien menée et les systèmes de production résilients. Qui ne représente pas non plus l'ensemble des agriculteurs français et leur diversité.
Plus de 32 % des populations d'oiseaux spécialistes des zones agricoles ont disparu ces vingt dernières années. Changement climatique, pesticides, raréfaction des haies et jachères, disparition des populations d'insectes au profit de ravageurs encore plus problématiques... Les oiseaux ne sont que la partie émergée de l'iceberg mais sont hautement symboliques et utiles dans les systèmes agricoles. Ils sont pour beaucoup auxiliaires des cultures, consommateurs d'invertébrés et pour certains de micro-mammifères comme les rapaces.
Pour rappel, un couple de busards consomment sur une saison de reproduction environ 500 campagnols des champs (entre 700 et 900 s'il y a 4 poussins à nourrir !). Ils sont des rodenticides naturels redoutables, permettant aux agriculteurs une protection gratuite de leurs parcelles face aux rongeurs.
Malheureusement, les busards sont directement impactés par le changement climatique et la précocité des moissons. De 11 000 couples de busards Saint Martin en 2000, nous sommes passés à moins de 4000 couples en 2021, chiffre équivalent à la population de busard cendré en France qui est restée plus stable du fait des protections de nichées.
Les protecteurs des busards se concentraient auparavant essentiellement sur le busard cendré qui revient d'Afrique en avril-mai, contrairement au busard Saint Martin qui niche en principe plus tôt. Désormais les deux espèces subissent la même pression de destruction sur les nichées, et les efforts doivent être équitablement répartis sur les deux espèces.
Illustrations issues du dossier de presse de la LPO : "Oiseaux des milieux agricoles, le signal d'alarme !"
LPO France