08/05/2026
Ne pas oublier les massacres du 8 mai 45 dans l'Est de l'Algérie pratiqués à large échelle par l'armée coloniale française au sortir pourtant de la victoire sur l'armée allemande nazie.
Ces temoignages du grand romancier algérien Kateb Yacine et de Marcel Reggui sont des appels à reconnaître ces massacres.
Ces 2 personnalités ont perdu des membres de leur famille lors de ces massacres. Marcel Reggui né à Guelma dans une famille musulmane était un militant anticolonialiste dès 1954, installé à Orléans à partir de 1961 il a milité au plan politique et il a été à l'origine de nombreuses créations culturelles dont l'APAC (Association Populaire d'art et Culture) qui a soutenu la création de l'ASLA et inspiré son action.
1- 8 Mai 1945. La famille de Kateb Yacine est massacrée
« Je suis né d’une mère f***e très géniale. Elle était généreuse, simple, et des perles coulaient de ses lèvres. Je les ai recueillies sans savoir leur valeur. Après le massacre (8 mai 1945), je l’ai vue devenir f***e. Elle, la source de tout. »Un 8 mai traumatique. Alors qu’à peine âgé de 16 ans, il suit paisiblement sa scolarité au lycée de Constantine, Kateb Yacine participe ce 8 mai 1945 aux manifestations qui, entendant célébrer la victoire des Alliés, font entendre, drapeaux algériens en main, les revendications d’indépendance. Mais violemment réprimée par les autorités françaises, la liesse tourne à la tragédie sans retour. Plus de 10 000 Algériens perdirent vraisemblablement la vie au cours de ces massacres qui, de Sétif, Guelma et Kherrata, jusqu’en juin, constituent le premier acte de la guerre d’Algérie. Parmi eux, 14 membres de la famille de Kateb Yacine. Arrêté devant sa mère impuissante, qui en tombe f***e, le jeune homme est incarcéré. Au sortir de prison, il ne vivra plus que pour la littérature et le Parti du peuple algérien.« J’écris en français pour dire aux Français que je ne suis pas français ». Publié en 1956, à la croisée de l’incandescence poétique et politique de Yacine, Nedjma s’offre comme un des romans les plus importants du xxe siècle. Débarrassé de toute chronologie, traversé par des images poétiques fulgurantes. Ne cessant encore de jouer de la frontière poreuse entre rêve et réalité, le récit de Kateb Yacine fait de Nedjma l’image même de l’Algérie…
Courte vidéo :
https://mediaclip.ina.fr/fr/i24320617-yacine-kateb-arrete-a-15-ans-pour-avoir-manifeste-a-setif-le-8-mai-1945.html
2- Marcel Reggui a perdu plusieurs membres de sa famille (2 frères et une soeur)
Les massacres de Guelma
Algérie, mai 1945 : une enquête inédite sur la furie des milices coloniales par Marcel Reggui
Ce texte bouleversant constitue une pièce inédite essentielle pour mieux connaître l'une des pages les plus sombres de l'histoire coloniale française.
Rédigé en 1946, le document présenté dans ce livre est exceptionnel. Son auteur, Marcel Reggui (1905-1996), un citoyen français d'origine musulmane et converti au catholicisme, y retrace – avec des précisions inédites – les massacres de centaines d'Algériens perpétrés en mai 1945 dans la petite ville algérienne de Guelma, par des milices de colons français. Ils coûtèrent notamment la vie à la sœur et à deux des frères de Marcel Reggui. C'est ce qui le conduisit à réaliser " à chaud " une enquête approfondie sur ce drame.
Passionnément attaché à la France, professeur de lettres, ami de la r***e Esprit, Marcel Reggui écrivit ce récit pour que l'histoire de ces f***es journées de Guelma ne soit pas effacée en France. Mais il ne rendit jamais public son témoignage, déposé chez son ami l'écrivain Jean Amrouche. Redécouvert en 2003 par son fils, Pierre Amrouche, ce texte bouleversant enfin ressuscité, accompagné ici de plusieurs documents d'archives en relation avec lui, constitue une pièce essentielle pour mieux connaître l'une des pages les plus sombres et les plus ambiguës de l'histoire coloniale française.
Marcel Reggui
Marcel Reggui (1905-1996), citoyen français d'origine musulmane et converti au catholicisme, professeur de lettres, fut un proche de la r***e Esprit et un ami de l'écrivain Jean Amrouche.