26/01/2026
Convention d’entreprise : quand le silence en dit long
La première convention d’entreprise s’est tenue.
Et un fait est impossible à ignorer : le silence.
Lorsque certains messages ont été annoncés sur scène, notamment autour de l’intéressement, il n’y a pas eu de salves d’applaudissements. Pas d’enthousiasme débordant. Pas d’adhésion spontanée.
Ce silence collectif n’était ni un hasard, ni un malentendu. Il exprimait un malaise réel, perceptible jusque sur scène.
Ce malaise, la direction l’a ressenti.
Les regards, les hésitations, l’ambiance générale l’ont montré : le décalage entre les discours et la réalité vécue par les salariés était trop visible pour être ignoré.
Ce silence n’était ni un rejet, ni une indifférence généralisée.
Lorsque des collègues sont intervenus pour parler de leurs métiers, de leur engagement, de leur travail réalisé en 2025 et des projets à venir, les applaudissements ont été bien présents.
Parce que le respect et la reconnaissance entre collègues ne sont pas en question.
Parce que ce sont les salariés qui font vivre l’entreprise, au quotidien.
Le silence était une réponse ciblée au discours tenu par la direction générale.
Car il y a quelque chose de profondément incohérent à célébrer des résultats présentés comme très positifs, tout en ayant expliqué quelques semaines plus tôt que ces mêmes résultats ne permettaient pas d’accorder une augmentation générale significative des salaires pour toutes et tous.
Le message envoyé aux salariés devient alors brouillé :
on peut se féliciter de la performance,
on peut saluer la réussite collective,
mais la reconnaissance salariale, elle, reste absente.
Dès l’entrée dans la convention, un symbole a d’ailleurs marqué les esprits.
À défaut d’une augmentation générale, les salariés se sont vu remettre… un pin’s.
Le geste se voulait sans doute fédérateur. Il est surtout devenu révélateur.
Quand le pouvoir d’achat recule, quand les charges augmentent, quand les attentes salariales restent sans réponse, un pin’s ne fait pas reconnaissance.
Ce n’est pas une question de communication.
Ce n’est pas une question d’image.
C’est une question de cohérence et de respect.
La responsabilité sociale d’une entreprise ne se mesure ni à ses objets promotionnels, ni à la qualité de sa mise en scène.
Elle se mesure à sa capacité à reconnaître durablement le travail de celles et ceux qui créent la valeur.
Une deuxième convention est prévue le 27 janvier à Bressuire.
Ce qui s’est exprimé lors de la première montre une chose :
le silence collectif peut parfois être plus fort que tous les discours.