25/09/2025
⚠️Droits de douane : Trump tient parole et abaisse à 15 % les taxes sur les voitures européennes‼️
La Commission européenne continue de négocier des quotas détaxés pour l'acier et des exemptions pour les vins et spiritueux. Les Vingt-Sept et les eurodéputés cherchent à limiter dans le temps les concessions douanières européennes.
Terminal de Dundalk dans le Maryland, en mai 2025 : le port de Baltimore est l'un des plus grands hubs automobiles des Etats-Unis. (Kevin Richardson/Zuma-rea)
Par Karl De Meyer
Publié le 25 sept. 2025 à 17:51
Elle était depuis longtemps attendue de ce côté-ci de l'Atlantique, non sans une forme d'anxiété. La publication au « Federal Register », le journal officiel des Etats-Unis, de la baisse à 15 % des droits de douane américains sur les voitures européennes, est enfin intervenue ce jeudi.
Avec, comme convenu dans l'accord entre Washington et Bruxelles du 21 août dernier, un effet rétroactif au 1er août. Selon la Commission européenne, une rencontre entre sa présidente, Ursula von der Leyen, et le président Donald Trump, plus tôt cette semaine à New York, a permis d'accélérer cette formalisation.
C'est un soulagement pour tous les exportateurs du Vieux Continent, notamment pour les constructeurs allemands de véhicules haut de gamme, comme Porsche ou Mercedes. Jusqu'ici, les importateurs américains devaient acquitter des taxes de 27,5 % sur les véhicules européens. Ils doivent être remboursés des droits supérieurs à 15 % acquittés après le 1er août.
Négociations sur l'acier
La notice au « Federal Register » confirme aussi pour plusieurs secteurs une exemption de droits de douane additionnels par rapport à ceux « de la nation la plus favorisée ». L'aéronautique et ses pièces détachées, les médicaments génériques et les ingrédients pharmaceutiques ainsi que certaines matières premières bénéficieront de droits de douane très bas.
L'UE espère toujours obtenir une exemption pour ses vins et spiritueux, un secteur très important pour la France et l'Italie qui a été jusqu'ici laissé de côté. Le commissaire au Commerce, Maros Sefcovic, continue aussi de négocier avec Washington un système de quotas libres de droits pour l'acier européen, taxé à 50 % à l'heure actuelle.
Par ailleurs, les Vingt-Sept et les eurodéputés réfléchissent à ajouter des clauses au texte de la Commission. Par exemple un mécanisme de réversibilité qui permettrait d'annuler ces mesures douanières si Washington ne tenait pas parole ou cherchait à obtenir de nouvelles concessions européennes.
Manque à gagner
Autre idée qui flotte : une limitation dans le temps des préférences douanières européennes accordées aux Etats-Unis. A priori, elles ne sont pas compatibles avec les règles de l'OMC car elles ne s'inscrivent pas dans un accord de libre-échange. La Commission les présente donc comme une première étape dans la conclusion d'un tel accord. Mais ne faut-il pas les borner à un horizon temporel, par exemple cinq ans ?
De nombreux eurodéputés, notamment dans les rangs socialistes, ont manifesté une opposition de fond au deal transatlantique conclu par Ursula von der Leyen, qu'ils jugent trop asymétrique. Faisant donc planer la menace d'un possible vote négatif en séance plénière à Strasbourg. En marge d'un forum Bloomberg organisé mercredi à New York, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'est toutefois dite « assez optimiste sur le fait que nous aurons un accord ».
La Commission et les Etats membres sont, par ailleurs, en train de chiffrer le manque à gagner, en termes de recettes douanières, des baisses de droits sur les produits américains. Bruxelles avait évoqué, fin août, un manque à gagner de 6 milliards d'euros. Le budget européen en sera amputé d'autant, au moment où les Vingt-Sept ont commencé à discuter - âprement - du cadre financier pour 2028-2034.
Karl De Meyer (Bureau de Bruxelles)