01/06/2026
JE N’ÉTAIS PAS UN CHAT VOLEUR DANS VOTRE PIÈGE.
J’ÉTAIS UNE GENETTE, ET LA NUIT S’ÉTAIT REFERMÉE SUR MOI.
Vous pourriez me voir au matin.
Dans un piège-cage.
Au fond d’un garage.
Près d’un poulailler.
Un corps tacheté.
Une longue queue annelée.
Des yeux immenses, encore pleins de nuit.
Peut-être que vous penserez :
“Un chat sauvage.”
“Un nuisible.”
“Un voleur de poules.”
“Un animal à déplacer loin d’ici.”
Mais je ne suis pas un chat.
Je suis une genette.
Je vis surtout la nuit.
Je passe entre les pierres, les haies, les vieux murs, les bois sombres.
Je chasse les petits rongeurs.
J’évite les humains.
La plupart du temps, vous ne saurez même jamais que j’existe.
Et pourtant, il suffit d’une cage, d’un appât, d’une porte qui tombe derrière moi, pour que ma discrétion devienne une panique sans sortie.
Je ne crie pas comme un chien.
Je ne miaule pas comme un chat.
Je tourne.
Je frappe les barreaux.
Je cherche la fente par laquelle la nuit est entrée.
Mais la nuit ne ressort plus.
Le matin arrive.
Les bruits humains arrivent.
Et moi, je suis là, prise pour un problème, alors que je suis une espèce protégée.
Si vous trouvez un animal sauvage pris dans un piège, ne le manipulez pas dans la panique.
Ne le transportez pas vous-même.
Ne le relâchez pas n’importe où.
Gardez vos distances.
Éloignez les chiens et les chats.
Prenez une photo si possible.
Notez le lieu précis.
Contactez l’OFB, un centre de soins de la faune sauvage ou une association naturaliste locale pour savoir quoi faire.
Et avant de poser un piège autour d’un poulailler, d’un grenier ou d’un jardin, demandez-vous toujours qui peut y entrer.
Parce que parfois, l’animal que l’on appelle “voleur” est simplement un voisin sauvage que personne ne connaît.
Je n’étais pas venue prendre votre maison.
Je traversais seulement la nuit.
Et votre piège a confondu mon silence avec une faute.