Les Papillons 06

Les Papillons 06 Libérer la parole des enfants victimes de maltraitances physiques, sexuelles et/ou psychologiques.

17/07/2026

Hier, un vote historique a eu lieu. Les députés ont adopté l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis contre les mineurs. Oh il n'y avait pas beaucoup de députés intéressés par cette question pourtant capitale (144 seulement) et ce fût très serré. Mais quand même...

Je mesure la portée de ce vote. Mais je refuse de crier victoire trop tôt. Le Conseil constitutionnel peut encore tout remettre en question. Pourtant, chaque mot compte. Chaque voix qui reconnaît qu'un crime contre un enfant ne s'efface jamais compte. Et ça, c'est déjà une brèche dans le silence.

Moi, je continuerai à porter ce combat, parce que nos douleurs n'ont pas de date de péremption, nos peurs, nos voix non plus. On ne combat pas pour se venger. On combat pour que plus jamais un adulte victime dans son enfance n'entende que sa parole ne vaut plus rien.

Alors ne lâchons rien. Tant que toute la chaîne ne reconnaîtra pas que les crimes sexuels contre les enfants ne seront jamais de « simples affaires classées ». Parce qu'elles détruisent une vie. Parce que la plupart des victimes mettent des décennies à pouvoir prononcer les mots. J'ai attendu plus de trente ans avant de parler, avant de trouver enfin le courage. Alors oui, je continuerai à défendre cette idée, avec la même détermination, qu'un crime sexuel contre un enfant ne devrait jamais bénéficier du temps.

L'imprescriptibilité n'est pas une condamnation. C'est une promesse de justice possible. Et pour toutes celles et ceux qui vivent avec le poids depuis vingt, trente, quarante, cinquante ans, cette promesse change déjà quelque chose.

29/06/2026

L'autre jour, j'écoutais une journaliste poser cette question à Giulia fois concernant la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants : où sont les hommes ? Question tout à la fois cruelle et symptomatique, question que je me pose moi même si souvent : où sont les hommes ?

Dans les manifs, dans nos combats, dans nos associations, dans les médias : où sont les hommes ? Pour dénoncer, pour proposer, pour s'interposer, pour protéger : où sont les hommes ? Je les cherchais désespérément et je commençais à m'inquiéter. Où pouvaient bien être les hommes. Et puis, en regardant dans les journaux, en regardant les statistiques, j'ai fini par les trouver.

Les hommes....ils sont planqués derrière l'écran de leurs ordinateurs à se masturber devant des photos d'enfants, de bébés. Les hommes...ils sifflent les femmes dans les rues, les serrent trop près dans les métros, écartent les cuisses quand ils s'assoient, carressent leur sexe en les regardant. Les hommes...Ils castagnent leurs femmes pour pas grand chose. Ils s'excusent. C'est pas de leur faute. C'est elles . Mais il les aime ça c'est certain.

Les hommes....ils rôdent comme des loups partout où il y a des enfants : dans les familles, dans les clubs de sport, dans les écoles, les soirées pyjamas des copines de leurs filles. Ils rôdent. Ils se fondent dans nos paysages et devorent les enfances quand on baisse la garde.

Voilà, c'est là où j'ai trouvé les hommes. J'entends déjà vos cris à la lecture de ce post. C'est pourtant la réalité, l'indéniable réalité. Tous les hommes ne sont pas des agresseurs. Bien-sûr. Certains, trop rares, mènent le combat. J'en fais partie.

La question est : a-t-on besoin des hommes pour gagner ? J'espère que non. Sinon c'est mal parti.

22/06/2026

Lundi dernier, au Théâtre du Trianon, il s’est passé quelque chose de rare. Quelque chose qui dépasse les chiffres, les lumières, les applaudissements et même l’émotion d’une soirée exceptionnelle. Plus de 300 personnes réunies pour une seule et même cause : celle des enfants.

Mais les chiffres racontent déjà une histoire immense. 450 000 euros ont été collectés pour le fonds enfants kintsugi, pour soutenir des associations engagées auprès des enfants les plus vulnérables. 450 000 euros transformés en protection, en accompagnement, en reconstruction, en avenir. Dont 150 000 euros destinés à l’association Les Papillons. Une somme qui représente bien plus qu’un soutien financier : elle représente une confiance. Une reconnaissance. Une responsabilité.

Alors aujourd’hui, les mots semblent presque trop petits. Merci à Laurent Bloch et à Vahina Giocante d’avoir créé le Fonds Enfants Kintsugi. Le kintsugi est cet art japonais qui consiste à réparer les failles avec de l’or. Quelle magnifique symbolique pour tous ces enfants dont les blessures sont parfois invisibles mais profondément inscrites dans leur histoire.
Grâce à votre vision, grâce à votre engagement sincère et déterminé, vous ne regardez pas les fractures : vous choisissez d’y déposer de la lumière.

Merci à tous les artistes qui ont offert leur talent, leur voix, leur présence et leur cœur au service d’une cause plus grande qu’eux-mêmes. Merci à chaque donateur. Derrière chaque geste, il y a une conviction : celle qu’aucun enfant ne devrait grandir dans le silence de la violence, de l’abandon ou de l’indifférence. Vous avez choisi d’agir. Vous avez choisi de tendre la main là où tant détournent parfois le regard.

Il existe des soirées dont on se souvient pour leur beauté. Et puis il existe des soirées comme celle-ci. Des soirées qui changent des destins.
Merci, du fond du cœur. Merci Pour votre confiance, pour votre engagement, pour les enfants.

Merci pour l’espoir que vous leur avez offert.

13/06/2026

Association Les Papillons - Adresse du Siège Social : 5 rue Joseph Marsal - Bureau 102B 66000 Perpignan - Téléphone : 04 68 81 96 47.

13/06/2026

Aujourd'hui, la France accompagnera Lyhanna pour son dernier voyage. Aujourd'hui surtout, des parents, une famille enterreront un enfant. Et il n'existe aucun mot capable d'alléger une telle douleur.

Dans ces moments-là, les débats, les calculs politiciens, les clivages devraient s'effacer. Pourtant, ces derniers jours, certains responsables politiques n'ont pas été à la hauteur de ce que ce drame exigeait. La mort de Lyhanna est devenue, pour beaucoup, le terrain d'une bataille bruyante et indécente, une succession de récupérations, d'accusations et d'instrumentalisations qui ont parfois semblé plus préoccupées par les affrontements politiques que par le respect dû à une enfant disparue.

C'est d'autant plus regrettable qu'au même moment, partout dans le pays, des millions de Français partageaient la même émotion, la même tristesse et le même sentiment d'injustice.
Nous pensons à Lyhanna. À sa famille. À ses proches. À tous ceux qui l'aimaient. Mais nous pensons aussi à tous les enfants que nous n'avons pas su protéger.

Car derrière chaque drame qui bouleverse le pays, il y a une réalité plus vaste, plus discrète et souvent invisible. Des enfants qui souffrent. Des enfants qui ont peur, qui attendent qu'un adulte voie, entende et agisse. Une main tendue

Aujourd'hui , ce n'est pas le temps des accusations. La justice fera son travail. Cest le temps du respect, du recueillement et de la dignité. Mais demain nous devrons rappeler une exigence collective : celle de ne jamais considérer ces drames comme une fatalité.

Chaque enfant a le droit fondamental de grandir en sécurité. Chaque enfant a le droit d'être entendu, cru et protégé. Chaque enfant compte.
Au-delà de l'émotion de ces jours, au-delà des hommages et des messages de soutien, notre responsabilité sera demain de rester fidèles à cette conviction d'aujourd'hui, lorsque les caméras seront parties et que l'actualité aura changé de sujet.

Aujourd'hui, nous serons nombreux à penser à Lyhanna. Et demain plus que jamais, nous devrons penser à tous les enfants.

30/04/2026

Aujourd’hui, en cette Journée internationale de la non-violence éducative, nous devons regarder la vérité en face.

Aucune violence n’éduque. Elle marque. Elle fragilise. Elle construit des silences là où il devrait y avoir de la confiance. Derrière chaque geste “anodin”, chaque mot trop dur, il y a un enfant qui apprend… mais pas ce que l’on croit. Il apprend la peur au lieu du respect. La honte au lieu de l’estime de soi. Le repli au lieu de la parole.

Éduquer sans violence, ce n’est pas être parfait. C’est choisir, chaque jour, de faire autrement. C’est accepter de se remettre en question. C’est offrir à l’enfant ce que chacun mérite : sécurité, écoute et dignité.

Protéger l’enfance, c’est refuser de banaliser ce qui blesse. C’est comprendre que les adultes d’aujourd’hui portent encore les traces des enfants qu’ils ont été. Alors aujourd’hui, plus que jamais, faisons un choix fort : celui d’une éducation qui élève sans écraser, qui guide sans briser, qui aime sans faire peur.

Parce qu’un enfant respecté devient un adulte libre. Et qu’un monde sans violence commence toujours par la manière dont on élève nos enfants.

30/04/2026

4800 profils dangereux ont écartés de la protection de l'enfance et de la petite enfance en quelques mois à peine.

Ce chiffre n’est pas rassurant. Il est terrifiant. Parce qu’il ne dit pas seulement que 4800 dangers ont été stoppés. Il dit surtout qu’ils étaient là. Là, au contact des enfants. Là, dans des lieux censés protéger, rassurer, faire grandir.

4800... Ce chiffre n’est pas une victoire. C’est une alerte rouge. Combien avant eux ? Combien passés inaperçus ? Combien d’enfants exposés, abîmés, brisés… sans que personne ne voie, sans que personne n’agisse ?

Ce chiffre fracasse une illusion : celle d’un système protecteur. Non, nous n’avons pas suffisamment protégé. Nous n’avons pas suffisamment vérifié, pas suffisamment voulu voir. Et aujourd’hui, la réalité nous explose au visage.

4800, c’est la preuve que le danger n’est pas à la marge, qu’il est plus proche, plus diffus, plus enraciné que ce que nous voulons admettre. Alors oui, l’attestation d’honorabilité est nécessaire. Mais qu’il ait fallu attendre 2025 pour révéler une telle ampleur devrait tous nous sidérer. Parce que pendant ce temps-là, des enfants ont payé le prix de nos retards, de nos angles morts, de nos renoncements.

4800... Ce chiffre ne doit pas passer. Il doit déranger. Il doit secouer, obliger. Obliger à changer. Obliger à renforcer, à protéger, vraiment.
Parce que protéger l’enfance ne supporte ni approximation, ni délai, ni compromis. Et aujourd’hui, ce chiffre nous accuse collectivement.

La question n’est plus de savoir si nous devons agir. La question est : combien d’enfants victimes faudra-t-il encore pour que nous le fassions à la hauteur de ce qu’ils méritent ?

Pour tous les parents protecteurs ❤️
09/04/2026

Pour tous les parents protecteurs ❤️

C'est le jour de mon audition par la Commission d’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales et la situation des mères protectrices. Mes notes sont prêtes. Je suis concentré. C'est ok

Je mesure profondément ce que représente cet instant. Parce qu’avant d’être entendu comme expert, en tant que président, fondateur de l’association Les Papillons, je suis d’abord un enfant qui a été victime de viols par son frère entre l’âge de 6 ans et de 9 ans. Et c'est à lui que je pense. C'est lui qui me porte.

Cet enfant qui a grandi dans le silence, nourri par la peur, par la honte, par la confusion aussi. Puis les années ont passé, comme un long désert intérieur. Des années de solitude, de culpabilité injuste. Des années à essayer de se remettre debout malgré la douleur des blessures invisibles. Des années à survivre pour finalement libérer ma parole et me reconstruire.

Aujourd’hui, me voici appelé à m’exprimer devant la représentation nationale. Non pas pour raconter une histoire personnelle. Mais pour porter une parole utile. Pour faire entendre ce que vivent encore trop d’enfants, trop de mères protectrices. Pour rappeler que derrière chaque dossier judiciaire, il y a des vies fracassées.

Si je prends la parole tout à l'heure, c’est pour que les enfants d’aujourd’hui n’aient plus à traverser seuls les déserts les mêmes déserts que moi. C’est aussi au nom du travail mené chaque jour par l’association Les Papillons, pour offrir aux enfants avec nos boîtes aux lettres Papillons un dispositif simple et sécurisé de libération de la parole.

Cette audition, aux côtés de la présidente de La Voix de l’Enfant, est une reconnaissance, dans un moment qui dépasse les parcours individuels et concerne notre responsabilité collective.

Aujourd’hui, je ne mesure pas seulement le chemin que j'ai parcouru. Je mesure surtout celui qu’il nous reste à accomplir, pour qu’un enfant qui parle soit enfin un enfant protégé.

L'audition est à suivre dès 16h30 en direct puis en différé ici
https://videos.assemblee-nationale.fr/

08/04/2026

Hier, Monsieur le Maire de Paris, à l'occasion d'une conférence de presse importante, vous avez annoncé votre volonté de déployer rapidement les boîtes aux lettres Papillons à Paris pour libérer la parole des enfants. Je mesure pleinement la portée de cette annonce. Je le fais avec émotion, en me souvenant de l'enfant victime que j'ai été moi même.

Je le fais aussi avec gravité. Parce que derrière cette annonce, je sais tous les espoirs, toutes les attentes, l'immensité d'une blessure qu'il faut panser, d'une colère, suscitée par une trop grande peur, qu'il faut apaiser. Je sais surtout que des milliers et des milliers de petites parisiennes et de petits parisiens attendent qu'on vienne les aider à briser leurs silences sur toutes les différentes formes de violences qu'ils subissent.

Monsieur Emmanuel GRÉGOIRE, l’association Les Papillons se tient prête. Prête à agir à vos côtés. Prête à prendre ses responsabilités. Prête à accompagner les enfants parisiens et leurs parents avec exigence, humanité et détermination.

Chaque courrier papillons déposé, et quelle que soit la violence subie, est le résultat d'un courage immense des enfants. Chaque parole recueillie est une confiance confiée aux adultes. Chaque enfant protégé est une victoire collective.

Paris peut devenir un territoire où aucun enfant ne reste seul avec sa peur. Nous serons au rendez-vous. Pour les enfants. Pour leurs familles. Et pour que plus jamais le silence ne protège la violence.

Adresse

Nice
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