Les Papillons 06

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Les Papillons 06 Libérer la parole des enfants victimes de maltraitances physiques, se*****es et/ou psychologiques.

30/09/2026

Ils commencent à arriver. D’abord quelques-uns. Puis davantage. Puis chaque jour un peu plus.
Les courriers Papillons.

Et cette année encore, ils arrivent plus tôt. Et cette année encore, ils sont plus nombreux que l’année dernière. Le mois de septembre n’est même pas terminé. Les sensibilisations continuent dans les écoles. Les boîtes s’installent. Les enfants découvrent qu’ils peuvent écrire. Alors, ils écrivent.

Ils écrivent ce qu’ils n’arrivent pas à dire, ce qu’ils gardent enfoui, ce qui leur fait mal, ce qui leur fait peur. Ils écrivent ce qu’un adulte n’a pas vu, ce qu’ils n’ont jamais osé raconter. Certains courriers sont terribles. D’autres semblent, en apparence, moins graves. Mais il n’y a pas de petit mot.

Parce que derrière chaque courrier, il y a un enfant. Un enfant qui, parfois après des semaines ou des mois de silence, trouve enfin le courage de déposer quelques mots dans une boîte. Un enfant qui nous fait confiance.

Alors oui, on peut nous critiquer. On peut nous attaquer. On peut chercher à nous empêcher de nous déployer. L’Éducation nationale peut dresser autant d’obstacles qu’elle le souhaite. Notre meilleure réponse n’est pas dans les polémiques. Elle n’est pas dans les communiqués. Elle n’est même pas dans nos discours.

Elle est là. Dans tous ces mots qui arrivent chaque jour. Dans ces écritures parfois tremblantes. Dans ces phrases qui traversent le silence pour venir jusqu’à nous. Notre meilleure réponse, ce sont eux. Ces enfants qui écrivent parce qu’ils ont compris qu’ici, quelqu’un les lira.

Alors nous continuerons. Nous lirons. Et nous agirons. Parce qu’une confiance d’enfant, ça ne se commente pas. Ça se mérite.

Et ça ne se trahit jamais.

20/09/2026

Il y a des paroles qui ont attendu des décennies avant de sortir, des silences qui mettent tellement de temps pour se briser. Trop de temps. Parce qu'on peut devenir adulte sans jamais cesser d'être, quelque part, cet enfant qui n'a pas pu parler. Et ce silence a parfois tellement duré qu'il finit par devenir une seconde peau. Mais le silence n'est pas une condamnation à perpétuité.

À l'association Les Papillons, nous avons voulu créer un endroit pour que les adultes victimes de violences dans leur enfance puissent enfin déposer ce qu'ils portent. Pas un lieu où l'on oblige à raconter. Pas un lieu où l'on demande de justifier sa souffrance. Un lieu où l'on peut parler quand on le peut, se taire quand on en a besoin, écouter quand les mots des autres font écho aux nôtres.

Quatre groupes de parole. Sept mois. Un lundi par mois. Sept rendez-vous pour avancer ensemble, entourés et accompagnés par nos professionnels. Le premier groupe commence ce soir. Il est complet.

Mais, dès lundi prochain, un deuxième groupe ouvrira à son tour. Et il reste encore des places. Tout comme dans les deux autres groupes. Nous ne cherchons pas à convaincre qui que ce soit. Nous voulons simplement que celles et ceux pour qui ces groupes ont été pensés sachent qu'ils existent.

Parce qu'il y a peut-être, quelque part, un adulte qui a attendu trente ans avant de prononcer les premiers mots. Un autre qui n'a jamais réussi.
Un autre encore qui pensait que son histoire était trop ancienne pour compter. Elle compte.
Votre histoire compte. Votre parole compte.

Et il n'y a pas d'âge pour commencer à déposer ce que l'on porte depuis l'enfance. Il y a parfois un moment où l'on comprend que continuer à se taire n'est plus la seule façon de survivre. Alors la parole peut devenir autre chose qu'un souvenir impossible à dire. Elle peut devenir un chemin.

Inscriptions ici : https://share.google/mBom032T3bCgd2mYQ

20/09/2026

La rentrée venait à peine de commencer. Les cartables n’avaient pas encore retrouvé leur rythme. Les cahiers étaient encore presque vierges. Les voix des enfants remplissaient à nouveau les cours de récréation.

Et déjà… les premiers mots étaient déposés dans nos Boîtes aux lettres Papillons®. Avant même les sensibilisations. Avant même qu’on ait pu leur expliquer à quoi servaient nos boîtes aux lettres Papillons Les enfants, eux, avaient déjà répondu. Et depuis mercredi, des mots arrivent déjà au siège de l'association.

Les enfants ont répondu à nos débats, à nos hésitations, nos renoncements, à toutes ces années pendant lesquelles les adultes se demandent encore comment mieux protéger les enfants. Ils ont répondu sans colère. Sans discours. Avec quelques mots parfois tremblants, parfois maladroits, parfois terriblement lourds pour leur âge.

Ces mots disent tout. Ils disent que derrière nos statistiques, il y a des visages. Que derrière nos rapports, il y a des enfances. Que derrière nos procédures, il y a des enfants qui, parfois, trouvent enfin le courage d’écrire ce qu’ils n’ont jamais réussi à dire.

Alors oui, ces premiers mots de la rentrée sont une réponse. Une réponse terrible aux atermoiements des adultes. Une réponse à l’indécence de ceux qui continuent de discuter de la nécessité de faire émerger la parole des enfants pendant que les enfants, eux, nous montrent qu’ils n’attendent que cela : qu’on leur tende la main.

Nous devons simplement être là lorsqu’ils décident enfin de parler. Pas sur commande. Pas avec un questionnaire anonyme. Juste respecter leur temps.

Nous recevons ces mots. Nous les recueillerons avec respect, avec douceur. Mais surtout Avec cette immense responsabilité qui est la nôtre. Parce qu'un enfant qui écrit dans une Boîte aux lettres Papillons ne nous demande pas de faire un beau discours sur la protection de l’enfance.

Il nous confie une part de son enfance. Et ça, nous ne l'oublions jamais

17/07/2026

Hier, un vote historique a eu lieu. Les députés ont adopté l'imprescriptibilité des crimes se***ls commis contre les mineurs. Oh il n'y avait pas beaucoup de députés intéressés par cette question pourtant capitale (144 seulement) et ce fût très serré. Mais quand même...

Je mesure la portée de ce vote. Mais je refuse de crier victoire trop tôt. Le Conseil constitutionnel peut encore tout remettre en question. Pourtant, chaque mot compte. Chaque voix qui reconnaît qu'un crime contre un enfant ne s'efface jamais compte. Et ça, c'est déjà une brèche dans le silence.

Moi, je continuerai à porter ce combat, parce que nos douleurs n'ont pas de date de péremption, nos peurs, nos voix non plus. On ne combat pas pour se venger. On combat pour que plus jamais un adulte victime dans son enfance n'entende que sa parole ne vaut plus rien.

Alors ne lâchons rien. Tant que toute la chaîne ne reconnaîtra pas que les crimes se***ls contre les enfants ne seront jamais de « simples affaires classées ». Parce qu'elles détruisent une vie. Parce que la plupart des victimes mettent des décennies à pouvoir prononcer les mots. J'ai attendu plus de trente ans avant de parler, avant de trouver enfin le courage. Alors oui, je continuerai à défendre cette idée, avec la même détermination, qu'un crime se**el contre un enfant ne devrait jamais bénéficier du temps.

L'imprescriptibilité n'est pas une condamnation. C'est une promesse de justice possible. Et pour toutes celles et ceux qui vivent avec le poids depuis vingt, trente, quarante, cinquante ans, cette promesse change déjà quelque chose.

29/06/2026

L'autre jour, j'écoutais une journaliste poser cette question à Giulia fois concernant la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants : où sont les hommes ? Question tout à la fois cruelle et symptomatique, question que je me pose moi même si souvent : où sont les hommes ?

Dans les manifs, dans nos combats, dans nos associations, dans les médias : où sont les hommes ? Pour dénoncer, pour proposer, pour s'interposer, pour protéger : où sont les hommes ? Je les cherchais désespérément et je commençais à m'inquiéter. Où pouvaient bien être les hommes. Et puis, en regardant dans les journaux, en regardant les statistiques, j'ai fini par les trouver.

Les hommes....ils sont planqués derrière l'écran de leurs ordinateurs à se masturber devant des photos d'enfants, de bébés. Les hommes...ils sifflent les femmes dans les rues, les serrent trop près dans les métros, écartent les cuisses quand ils s'assoient, carressent leur sexe en les regardant. Les hommes...Ils castagnent leurs femmes pour pas grand chose. Ils s'excusent. C'est pas de leur faute. C'est elles . Mais il les aime ça c'est certain.

Les hommes....ils rôdent comme des loups partout où il y a des enfants : dans les familles, dans les clubs de sport, dans les écoles, les soirées pyjamas des copines de leurs filles. Ils rôdent. Ils se fondent dans nos paysages et devorent les enfances quand on baisse la garde.

Voilà, c'est là où j'ai trouvé les hommes. J'entends déjà vos cris à la lecture de ce post. C'est pourtant la réalité, l'indéniable réalité. Tous les hommes ne sont pas des agresseurs. Bien-sûr. Certains, trop rares, mènent le combat. J'en fais partie.

La question est : a-t-on besoin des hommes pour gagner ? J'espère que non. Sinon c'est mal parti.

22/06/2026

Lundi dernier, au Théâtre du Trianon, il s’est passé quelque chose de rare. Quelque chose qui dépasse les chiffres, les lumières, les applaudissements et même l’émotion d’une soirée exceptionnelle. Plus de 300 personnes réunies pour une seule et même cause : celle des enfants.

Mais les chiffres racontent déjà une histoire immense. 450 000 euros ont été collectés pour le fonds enfants kintsugi, pour soutenir des associations engagées auprès des enfants les plus vulnérables. 450 000 euros transformés en protection, en accompagnement, en reconstruction, en avenir. Dont 150 000 euros destinés à l’association Les Papillons. Une somme qui représente bien plus qu’un soutien financier : elle représente une confiance. Une reconnaissance. Une responsabilité.

Alors aujourd’hui, les mots semblent presque trop petits. Merci à Laurent Bloch et à Vahina Giocante d’avoir créé le Fonds Enfants Kintsugi. Le kintsugi est cet art japonais qui consiste à réparer les failles avec de l’or. Quelle magnifique symbolique pour tous ces enfants dont les blessures sont parfois invisibles mais profondément inscrites dans leur histoire.
Grâce à votre vision, grâce à votre engagement sincère et déterminé, vous ne regardez pas les fractures : vous choisissez d’y déposer de la lumière.

Merci à tous les artistes qui ont offert leur talent, leur voix, leur présence et leur cœur au service d’une cause plus grande qu’eux-mêmes. Merci à chaque donateur. Derrière chaque geste, il y a une conviction : celle qu’aucun enfant ne devrait grandir dans le silence de la violence, de l’abandon ou de l’indifférence. Vous avez choisi d’agir. Vous avez choisi de tendre la main là où tant détournent parfois le regard.

Il existe des soirées dont on se souvient pour leur beauté. Et puis il existe des soirées comme celle-ci. Des soirées qui changent des destins.
Merci, du fond du cœur. Merci Pour votre confiance, pour votre engagement, pour les enfants.

Merci pour l’espoir que vous leur avez offert.

13/06/2026

Association Les Papillons - Adresse du Siège Social : 5 rue Joseph Marsal - Bureau 102B 66000 Perpignan - Téléphone : 04 68 81 96 47.

13/06/2026

Aujourd'hui, la France accompagnera Lyhanna pour son dernier voyage. Aujourd'hui surtout, des parents, une famille enterreront un enfant. Et il n'existe aucun mot capable d'alléger une telle douleur.

Dans ces moments-là, les débats, les calculs politiciens, les clivages devraient s'effacer. Pourtant, ces derniers jours, certains responsables politiques n'ont pas été à la hauteur de ce que ce drame exigeait. La mort de Lyhanna est devenue, pour beaucoup, le terrain d'une bataille bruyante et indécente, une succession de récupérations, d'accusations et d'instrumentalisations qui ont parfois semblé plus préoccupées par les affrontements politiques que par le respect dû à une enfant disparue.

C'est d'autant plus regrettable qu'au même moment, partout dans le pays, des millions de Français partageaient la même émotion, la même tristesse et le même sentiment d'injustice.
Nous pensons à Lyhanna. À sa famille. À ses proches. À tous ceux qui l'aimaient. Mais nous pensons aussi à tous les enfants que nous n'avons pas su protéger.

Car derrière chaque drame qui bouleverse le pays, il y a une réalité plus vaste, plus discrète et souvent invisible. Des enfants qui souffrent. Des enfants qui ont peur, qui attendent qu'un adulte voie, entende et agisse. Une main tendue

Aujourd'hui , ce n'est pas le temps des accusations. La justice fera son travail. Cest le temps du respect, du recueillement et de la dignité. Mais demain nous devrons rappeler une exigence collective : celle de ne jamais considérer ces drames comme une fatalité.

Chaque enfant a le droit fondamental de grandir en sécurité. Chaque enfant a le droit d'être entendu, cru et protégé. Chaque enfant compte.
Au-delà de l'émotion de ces jours, au-delà des hommages et des messages de soutien, notre responsabilité sera demain de rester fidèles à cette conviction d'aujourd'hui, lorsque les caméras seront parties et que l'actualité aura changé de sujet.

Aujourd'hui, nous serons nombreux à penser à Lyhanna. Et demain plus que jamais, nous devrons penser à tous les enfants.

30/04/2026

Aujourd’hui, en cette Journée internationale de la non-violence éducative, nous devons regarder la vérité en face.

Aucune violence n’éduque. Elle marque. Elle fragilise. Elle construit des silences là où il devrait y avoir de la confiance. Derrière chaque geste “anodin”, chaque mot trop dur, il y a un enfant qui apprend… mais pas ce que l’on croit. Il apprend la peur au lieu du respect. La honte au lieu de l’estime de soi. Le repli au lieu de la parole.

Éduquer sans violence, ce n’est pas être parfait. C’est choisir, chaque jour, de faire autrement. C’est accepter de se remettre en question. C’est offrir à l’enfant ce que chacun mérite : sécurité, écoute et dignité.

Protéger l’enfance, c’est refuser de banaliser ce qui blesse. C’est comprendre que les adultes d’aujourd’hui portent encore les traces des enfants qu’ils ont été. Alors aujourd’hui, plus que jamais, faisons un choix fort : celui d’une éducation qui élève sans écraser, qui guide sans briser, qui aime sans faire peur.

Parce qu’un enfant respecté devient un adulte libre. Et qu’un monde sans violence commence toujours par la manière dont on élève nos enfants.

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