17/07/2026
Hier, un vote historique a eu lieu. Les députés ont adopté l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis contre les mineurs. Oh il n'y avait pas beaucoup de députés intéressés par cette question pourtant capitale (144 seulement) et ce fût très serré. Mais quand même...
Je mesure la portée de ce vote. Mais je refuse de crier victoire trop tôt. Le Conseil constitutionnel peut encore tout remettre en question. Pourtant, chaque mot compte. Chaque voix qui reconnaît qu'un crime contre un enfant ne s'efface jamais compte. Et ça, c'est déjà une brèche dans le silence.
Moi, je continuerai à porter ce combat, parce que nos douleurs n'ont pas de date de péremption, nos peurs, nos voix non plus. On ne combat pas pour se venger. On combat pour que plus jamais un adulte victime dans son enfance n'entende que sa parole ne vaut plus rien.
Alors ne lâchons rien. Tant que toute la chaîne ne reconnaîtra pas que les crimes sexuels contre les enfants ne seront jamais de « simples affaires classées ». Parce qu'elles détruisent une vie. Parce que la plupart des victimes mettent des décennies à pouvoir prononcer les mots. J'ai attendu plus de trente ans avant de parler, avant de trouver enfin le courage. Alors oui, je continuerai à défendre cette idée, avec la même détermination, qu'un crime sexuel contre un enfant ne devrait jamais bénéficier du temps.
L'imprescriptibilité n'est pas une condamnation. C'est une promesse de justice possible. Et pour toutes celles et ceux qui vivent avec le poids depuis vingt, trente, quarante, cinquante ans, cette promesse change déjà quelque chose.