30/09/2026
Ils commencent à arriver. D’abord quelques-uns. Puis davantage. Puis chaque jour un peu plus.
Les courriers Papillons.
Et cette année encore, ils arrivent plus tôt. Et cette année encore, ils sont plus nombreux que l’année dernière. Le mois de septembre n’est même pas terminé. Les sensibilisations continuent dans les écoles. Les boîtes s’installent. Les enfants découvrent qu’ils peuvent écrire. Alors, ils écrivent.
Ils écrivent ce qu’ils n’arrivent pas à dire, ce qu’ils gardent enfoui, ce qui leur fait mal, ce qui leur fait peur. Ils écrivent ce qu’un adulte n’a pas vu, ce qu’ils n’ont jamais osé raconter. Certains courriers sont terribles. D’autres semblent, en apparence, moins graves. Mais il n’y a pas de petit mot.
Parce que derrière chaque courrier, il y a un enfant. Un enfant qui, parfois après des semaines ou des mois de silence, trouve enfin le courage de déposer quelques mots dans une boîte. Un enfant qui nous fait confiance.
Alors oui, on peut nous critiquer. On peut nous attaquer. On peut chercher à nous empêcher de nous déployer. L’Éducation nationale peut dresser autant d’obstacles qu’elle le souhaite. Notre meilleure réponse n’est pas dans les polémiques. Elle n’est pas dans les communiqués. Elle n’est même pas dans nos discours.
Elle est là. Dans tous ces mots qui arrivent chaque jour. Dans ces écritures parfois tremblantes. Dans ces phrases qui traversent le silence pour venir jusqu’à nous. Notre meilleure réponse, ce sont eux. Ces enfants qui écrivent parce qu’ils ont compris qu’ici, quelqu’un les lira.
Alors nous continuerons. Nous lirons. Et nous agirons. Parce qu’une confiance d’enfant, ça ne se commente pas. Ça se mérite.
Et ça ne se trahit jamais.