Festival National de Théâtre Amateur de Narbonne - FNCTA

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Festival National de Théâtre Amateur de Narbonne - FNCTA Le Festival National de Théâtre Amateur de Narbonne se déroule chaque année fin juin- début juillet et accueille 10 troupes de théâtre amateurs françaises.

13/09/2026
11/09/2026

Samedi, 1er spectacle de la saison à l'Annexe avec Ousseni Sako et sa chorégraphie "3ème Dose"

Réunion d'information: mardi 8 septembre, 20h30, à l'Annexe.NB: pour les adhérents du TQS et du Tremplin: gratuité.
07/09/2026

Réunion d'information: mardi 8 septembre, 20h30, à l'Annexe.
NB: pour les adhérents du TQS et du Tremplin: gratuité.

22/08/2026

Encore un peu de patience! Promis, début septembre, on vous dévoile la saison 2026-2027 et ses 20 spectacles proposés à l'Annexe. De la danse , du théâtre, de la musique, et en plus des conférences, du cinéma. Un foisonnement de culture pour tous!

05/07/2026

Festival national de théâtre amateur de Narbonne, 10e jour, clôture

Phèdre défaite : un ovni qui divise

Juste ce qu’il faut de bagages, pièce de Lilian Lloyd jouée jeudi dernier, 2 juillet, cour de la Madeleine (par la talentueuse troupe Point du jour de Versailles), nous a rappelé combien nous sommes inégaux au commencement de notre vie « pour apprendre à marcher ». Il faut parfois faire avec un minimum de bagages
pour aller là où le sable semble plus doux. Dans cette affaire de transmission, la famille ne fait pas tout, mais elle compte pour beaucoup. Alors quand on rencontre Phèdre et les alexandrins du dramaturge Racine, en pleine adolescence, l’impact n’est pas le même selon l’endroit où l’on se trouve. La compagnie Madrid Biscuit du Havre (Seine-Maritime) porte le projet ambitieux
de rendre ce grand classique du XVIIe siècle accessible à tous.

Nombreux chemins de traverse

Phèdre déRacinée emprunte des chemins de traverse. Nombreux sont les dispositifs scéniques qui émergent dans cette pièce déRacinée, revisitée. L’écran dans le lointain de la scène projette une Vénus furieuse, dont le regard fixe scrute l’horizon, qui se délecte du sort tragique de Phèdre. De cette histoire
d’amour incestueux. Les comédiens exigent le noir sur scène, déclenchent la musique, débordent de la scène pour souffler des rumeurs au public. Sur le papier, la pièce est inventive et tout aussi prolixe dans ses détournements que Racine dans l’écriture dramatique, mais souffre réellement, ce 4 juillet, des conditions du plein air de la cour de la Madeleine. Les synchronisations ne sont pas toujours au rendez-vous. Le son est saturé par moment, et à d’autres, n’arrive pas aux oreilles du spectateur. On passe de cris à des chuchotements, les corps s’effondrent en bas de scène sans que l’on puisse les entrevoir pleinement. La tragédie, essence même de la pièce, est tournée en dérision lors d’une séquence filmée à la manière de BFM TV. Hippolyte devient un fait-divers traité version bas de gamme de l’information, avec un sous-titre illisible diffusant le texte de Racine. La défaite est proche. Les déclamations accompagnées de temps en temps par une musique sont tout aussi incompréhensibles, couvertes par les paroles de la chanson. Bernard Vercier, qui signe l’adaptation et la mise en scène de Phèdre déRacinée, propose aux dix comédiens de la compagnie un ovni qui prend difficilement son envol pour cette clôture du 42e Festival national de théâtre amateur.

« Qu’on nous traite d’amateurs »

Les festivals se suivent et ne se ressemblent pas. Pour preuve, la compagnie Madrid Biscuit a remporté deux prix, le Tour d’or et celui du public, dans le cadre de Festhéa (autre festival national de théâtre amateur à Saint-Cyr-sur-Loire) en 2025 avec la représentation de Phèdre déRacinée. Le public est divisé ce 4 juillet face à cette Phèdre déconstruite. Ceci dit, le spectateur doit rester curieux. Il ne faut jamais préjuger, car les bonnes surprises arrivent sur scène (rappelons-nous la pièce d’ouverture jouée par la compagnie organisatrice du festival de Narbonne, La surprise). Mais la compagnie ne doit jamais présumer de ses forces. Maintenant la question reste ouverte sur le besoin de revisiter une œuvre et d’assurer une transmission, livrer quelques bagages à sa
descendance. Citons pour clôturer l’homme de théâtre et critique Jacques Copeau, qui s’est donné corps et âme pour que ne meure cet art vivant dès le début du XXe siècle : « La tâche la plus utile et la plus immédiate que puissent accomplir les petits théâtres, c’est de travailler au rafraîchissement de la scène en y apportant des non-professionnels. Qu’on nous traite d’amateurs, cela n’a
pas d’importance, il n’y a pas de nom plus beau. »

•RACHEL TALLIEU-VITORES

04/07/2026

Festival national de théâtre amateur de Narbonne, 9e jour

Demain dès l’aube : sous une nuit étoilée, partir un beau matin

Après Stéphane Jaubertie, reparti après sa visite du 1 er juillet (État sauvage) et Lilian Lloyd (Juste ce qu’il faut de bagages), c’est au tour de Pierre Notte d’illustrer le théâtre contemporain avec Demain dès l’aube. Tous trois ont pour point commun de s’attacher à un théâtre où les relations humaines, familiales sont mises en avant. La compagnie des Femmes s’inventent d’Annecy (Haute-savoie) jette l’ancre en territoire nottien et transmet un théâtre
fait de rêves et de regrets, sans oublier de nous tirer quelques larmes.

Voyage sur un radeau

Une grand-mère et sa petite-fille partent valise à la main vers une destination inconnue. Toutes deux embarquées sur un radeau, elles traversent dans la nuit noire de la cour de la Madeleine, un océan imaginaire avec le vent chaud de ce 3 juillet, qui bouscule quelques
mèches de la coiffure blanche de « mamie », et un public attentif pour horizon. Si le démarrage souffre d’un rythme un peu trop lent et d’un jeu de lampes de poche rétréci sur le grand plateau, il est rattrapé par un jeu de comédiennes complices. La mise en scène et le décor épuré offrent une ambiance éthérée, une dimension onirique essentielle à ce voyage en terres inconnues. Le radeau est un plateau dans le plateau. Il y fait froid, il y fait chaud quand elles se serrent dans leurs bras. Elles hissent des voiles de fortune avec leurs chandails et s’envolent tel un « château ambulant ». Notre cœur chavire.

La toile d’une vie

Elles se tiennent droite devant nous, face à nous, face à face. Elles portent une attention particulière à la robe qui enveloppe l’aînée, une robe bleue, « bleue comme le bleu de tes yeux ». Les discussions sont des confidences et passent en revue les regrets de la vie. Une lettre à Aznavour jamais envoyée, la tristesse d’une existence sans histoire d’amour. D’acte en acte, leur histoire dépeint des liens profonds, à coup de pinceaux parfois emportés par
une engueulade, vite oubliée. Le souvenir d’un voyage au lac de Côme apporte sa pointe d’humour. La mémoire est sélective et ne retient au final que peu de faits marquants.
Comme une boucle, ils constituent la toile d’une vie. Le lac de Côme revient à plusieurs occasions et s’inscrit dans notre tête, avec une petite chanson (composée par l’auteur lui-même), comme une ritournelle, chantée a capella sur scène avec une voix douce.
Magnifique. Portée par un duo expérimenté, la pièce de Pierre Notte révèle avec délicatesse une grande tendresse.

•RACHEL TALLIEU-VITORES

Samedi 4 juillet, à 22 heures, cour de la Madeleine, clôture du Festival national de théâtre amateur de Narbonne avec Phèdre déRacinée, classique de Racine revisité de B. Vercier, par la compagnie Madrid Biscuit du Havre (Seine-Maritime). Durée : 1 h 20. Spectacle gratuit.

03/07/2026

Festival national de théâtre amateur de Narbonne, 8e Jour

Petit conte entre amis

C’est une drôle de « maison bleue » dont hérite Nelly dans la pièce écrite par Lilian Lloyd. On y trouve bien des choses : des secrets, des croyances, des espoirs et un besoin de parler d’amour. L’amour qui tombe du ciel, là où on ne l’attendait pas, ou plus. Juste ce qu’il faut de bagages, c’est aussi une histoire entre l’auteur et la compagnie Point du jour

Soudés comme les doigts de la main

Christian, stylo en main, livre les mots doux qu’il vient de gratter sur son cahier, face à un public attentif : un très beau texte sur l’amour comme une étoile enterrée, qui démarre avec une composition patchwork où s’entrelacent des citations d’amour célèbres. La poésie est convoquée avec pour seul cadre un lointain noir, des cubes noirs, des pantalons noirs et quelques pincées de couleur (rouge de préférence) pour les seuls et mêmes costumes tout
au long de la représentation. Soudés comme les doigts de la main, les trois comédiens de la compagnie Point du jour (Versailles, Yvelines) ne sont jamais loin l’un de l’autre. Collent leur visage face à face, opèrent avec rapidité. Le décor est réduit au minimum, mais l’énergie est au maximum. L’histoire se laisse conter, aisément. Un héritage d’un père biologique inconnu, des querelles de frère et sœur, un amour naissant sont rassemblés dans cette histoire avec
une « maison bleue » (comme on en rêve dans la chanson) qui tombe du ciel. Alors, simplement, on sourit, et on s’émerveille face à tant de complicité dans le trio. La difficulté, ce 2 juillet, cour de la Madeleine, est de performer : contre le vent et sur un plateau qui
aurait mérité d’être réduit avec un jeu de lumière.

Du sur-mesure

Lilian Lloyd, auteur de Juste ce qu’il faut de bagages a écrit cette pièce pour la compagnie Point du jour, qu’il connaît bien, et dont il apprécie le travail (rappelons-nous la mémorable représentation en 2022, par cette même compagnie, de Potins d’enfer, de Jean-Noël
Fenwick, qui s’est terminée sous le porche d’entrée de la cour de la Madeleine alors qu’une pluie torrentielle inondait le plateau). Les trois compères campent des personnages au profil très distinct. Au point qu’il est impossible de repérer un héros ou un meneur. Aucun d’eux ne prend la vedette. Il faut dire que l’auteur leur a confectionné du sur mesure. La part de jeu est égale. Comme dans un manège, ils attendent tour à tour, assis sur un cube dos au public, que viennent leur scène. L’un excelle dans les doubles rôles, l’autre dans les scènes de colère, quand le troisième explore avec nonchalance la dimension comique. On se laisse aller sur les
flots dans cette bluette qui porte néanmoins le lourd sujet de la filiation et de la transmission. Si le thème est traité sous le signe de la comédie, légère, voire très légère, Lilian Llloyd relève, sans avoir l’air, l’importance de transmettre quelques bagages, juste ce qu’il faut, pour avancer dans la vie.

•RACHEL TALLIEU-VITORES

Vendredi 3 juillet, à 22 heures, cour de la Madeleine, le Festival national de théâtre amateur de Narbonne se poursuit avec Demain dès l’aube, comédie poétique de Pierre Notte, par la compagnie Les femmes s’inventent d’Annecy (Haute-Savoie). Durée : 1 heure. Spectacle gratuit.

02/07/2026

Festival national de théâtre amateur de Narbonne, 7e jour

État sauvage (et autres histoires) par l’auteur du jour :
Stéphane Jaubertie

Sur la scène de la cour de la Madeleine, ce 1er juillet, le jour s’efface. Deux individus s’inscrivent dans un tableau où figurent quelques arbres, des bouleaux peut-être, essence répandue en Russie, symbole de la protection et du renouveau. Le Revizor,
œuvre de Gogol joué quelques jours avant, aurait-il à ce point laissé ses marques dans l’enceinte du palais des Archevêques ? Ils se suivent, de près, bien trop près. « Arrêtez donc de me suivre ! », s’indigne un homme courbé, costume noir, yeux plissés derrière ses
lunettes, agrippé à sa sacoche. Ainsi commence État sauvage.

Le mal dans toute sa splendeur

La pièce nous livre un huis clos au cœur d’un parc, d’ici ou d’ailleurs. Le noir et blanc imposé au travers de trois grandes toiles photo de « bouleaux », et les costumes, dépeint un univers hors du temps. Avec sa silhouette majestueuse et son port altier, le personnage du traqueur dégage un air diabolique. Un côté un peu suranné (quelques ressemblances avec Pierre Fresnay, non loin de La main du diable du cinéaste Maurice Tourneur, 1943) apporte à ce dit « thriller social » une dimension universelle, comme un conte traverse les générations. Le timbre électrique de la guitare en fond sonore et ses distorsions ramènent l’histoire à une contemporanéité en rien soulagée de la cruauté de l’homme. Le mal dans toute sa splendeur est convoqué dans cette pièce de Stéphane Jaubertie. Le sujet est insoutenable, même si la
violence physique est illustrée en pointillés, d’une certaine façon avec beaucoup de pudeur, avec un seul flash de lumière bleu, puis un rouge pour couvrir les coups. Tout le long, une lumière blanche, forte, confère à l’ensemble un écrin presque blanc immaculé saisissant au mieux la panique de l’homme traqué, pris au piège tel un animal. « Fuis ! », a-t-on envie de lui crier ! Mais comme dans un cauchemar, la victime se soumet à son bourreau.

Sur le mont Golgotha

Plus de 40 représentations permettent à ce duo de comédiens de trouver une grande fluidité dans leur déplacement et leur réplique. Ils font preuve d’une belle assurance et les deux metteuses en scène (les compagnes respectives des deux acteurs) ont réalisé du sur-mesure.
Les jeux de lumière sont maîtrisés à merveille et la scénographie limitée à quelques cubes manipulés par les comédiens suffit à bâtir ce mont Golgotha. Poussés, rassemblés, posés l’un sur l’autre, ils forment un chemin de croix. La scène finale pourrait figurer aux côtés des « vitraux » contemporains de Pierre et Gilles : un dessin au trait sur fond rouge s’inscrit sur notre rétine comme une persistance visuelle. L’auteur, Stéphane Jaubertie, invité pour cette
7e journée du Festival national de théâtre amateur de Narbonne, présent également lors des mises en voix de quelques-uns de ses textes à l’Annexe de la MJC de Narbonne plus tôt dans l’après-midi, s’investit avec cette pièce dérangeante dans une réflexion sur la naissance du mal pur. Comment en arrive-t-on là ? Et, nous, de lui demander, pourquoi cet homme ne fuit pas, pourquoi se soumet-il, pourquoi un être humain est-il capable de tant de cruauté ?
Stéphane Jaubertie, comédien et auteur, plutôt « classé » dans le théâtre jeune public (Yaël Tautavel ou l’enfance de l’art, Jojo au bord du monde, Lucienne Eden ou l’île perdue...)
formule indirectement avec État sauvage toutes ces interrogations. S’il pointe l’animal qui sommeille chez certains êtres humains, les questions et l’effroi demeurent.

•RACHEL TALLIEU-VITORES

Jeudi 2 juillet, à 22 heures, cour de la Madeleine, le Festival national de théâtre amateur de Narbonne se poursuit avec Juste ce qu’il faut de bagages, comédie dramatique de Lilian Lloyd, par la compagnie du Point du jour de Versailles (Yvelines). Durée : 1 h 20.
Spectacle gratuit.

01/07/2026

Festival national de théâtre amateur de Narbonne, 6e jour.

Le Moral des troupes : quand la Madeleine et le « mille-feuilles » ne font pas bon ménage.

Cette sixième soirée du festival démarre sous les meilleurs auspices avec la remise, par la Mairie, de la distinction « Guy-Michel et Geneviève Carbou » (cofondateurs de l’événement en 1985) à Jean-Paul Alègre, parrain du Festival national de théâtre amateur de Narbonne depuis plus de 20 ans. La Ville représentée par Yves Penet, adjoint à la Culture, salue ainsi l’engagement de l’auteur (l’un des plus joués en France) au niveau local et l’importance de ses écrits au niveau international (présents dans 40 pays et traduits dans 25 langues), et il rappelle que le théâtre, cour de la Madeleine, ne sonnerait pas sans la richesse harmonique des textes d’auteurs.

Le théâtre, un amant exigeant

La compagnie des Fameux fonds de tiroir (Genouilly, Saône-et-Loire) fait le pari de jouer une pièce dont elle est elle-même l’auteur. Seules quelques lignes des Boulingrin de Georges
Courteline traversent l’heure et demie consacrée à leur création. Elles offrent certainement les passages où se révèlent au mieux les trois comédiens. Le Moral des troupes, écrit au cours de deux années d’ateliers d’improvisation, présenté par le trio comme un « mille-feuilles », témoigne un amour gourmand pour le théâtre. Un peu trop gourmand. Les tableaux s’enchaînent en restituant à vue (comme les changements de costumes) tout le travail et toutes les connaissances nécessaires à la mise en place d’une pièce. Cela
représente des heures et des heures d’ateliers, de réunions (en soirée après le travail pour les amateurs) : un processus de vie dédié à un amant exigeant, le théâtre. Sur le plateau de la cour de la Madeleine, ce 30 juin, le texte ne sonne pas. Reste à penser que cette Madeleine depuis 42 ans de festival est devenue elle aussi exigeante.

À l’école du théâtre amateur.

Le Moral des troupes laisse à penser sur le théâtre amateur. Il n’est pas une sinécure : travail, travail, travail. Ne jamais baisser les bras malgré les discordes dans le groupe, les critiques difficiles, un public absent. La question est notamment soulevée dès le début du
spectacle : pour qui fait-on du théâtre, pour nous-mêmes, pour le public ? Que jouer face à un public non averti ? Alors la compagnie s’investit davantage dans un travail de transmission, laissant à cette pièce plus de vertus pédagogiques qu’esthétiques. La pièce se
déroule sous la forme d’une conférence, non sans humour. Le public rit et les comédiens poursuivent leur parcours : définition de cour et jardin sur le plateau, répétition du texte à l’italienne, double rôle… Si le démarrage est énergique avec l’arrivée sur les planches d’un comédien en re**rd, la suite perd en intensité tant les situations et jeux sont nombreux.
Saluons aussi l’interprétation d’une chorégraphie bien sentie sur la bande-son des Demoiselles de Rochefort, et une sélection musicale qui joue à elle seule la richesse harmonique.

•RACHEL TALLIEU-VITORES

Mercredi 1 er juillet, à 17 h 30, à l’Annexe de la MJC de Narbonne, Un jour, un auteur, dédié à Stéphane Jaubertie. Des mises en voix (lecture publique) de ses textes sont proposées par le Théâtre des quatre saisons. Entrée libre.
À 22 heures, cour de la Madeleine, le Festival national de théâtre amateur de Narbonne se poursuit avec État sauvage, thriller social de Stéphane Jaubertie, par la compagnie T À Part de Fillinges (Haute-Savoie). Durée : 1 h 25. Spectacle gratuit.

30/06/2026

Festival National de Théâtre Amateur de Narbonne, 5e JOUR

Un Revizor comme une comète

Voilà 190 ans, Gogol livre pour la première fois une pièce depuis sa ville d’expatriation, Saint-Pétersbourg. Cette fable sur la corruption voyage dans le temps et traverse les frontières avec la force de son sujet. Le résultat n’en est que plus remarquable quand une compagnie comme le Nouveau théâtre de Fribourg s’empare de l’œuvre. Et laisse une empreinte indélébile de son passage Cour de la Madeleine.

Répertoire d’ici et d’ailleurs

Le Revizor de Nikolaï Gogol (1802-1952) trouve refuge auprès de la compagnie suisse Nouveau théâtre de Fribourg, de Bulle. Soignée aux petits oignons, la pièce semble ne pas avoir pris une ride. La langue est débridée, satire oblige, et le sujet toujours d’actualité,
quand ceux qui nous gouvernent se mettent en scène, au XIXe siècle comme aujourd’hui sur les écrans. Alors, oui, Le Revizor, c’est raccord. Parce que soufflent aussi l’esprit du temps qui passe, et celui de la cour de la Madeleine où se déroule cette cinquième soirée du Festival national de théâtre amateur de Narbonne. Lundi soir et la cour est pleine. Quelle belle récompense pour ceux qui ont passé la frontière suisse, traversé le Rhône et franchi la porte
du passage de l’Ancre avec cette envie de jouer dans les pierres somptueuses de l’édifice narbonnais ! Aucun regret pour eux comme pour nous.

Des étoiles sur scène

La troupe porte dans ses bagages cet élan slave au travers de l’œuvre, mais aussi d’une musique et d’une langue qu’elle manie avec talent. Et sans doute beaucoup de travail.
L’aplomb des acteurs dès les premières secondes du spectacle met la barre haute et se maintient tout du long. Les costumes apportent énormément au jeu des acteurs et vice-versa. Malgré un vent tiède permanent, les voix sont projetées faisant le bonheur des spectateurs du fond de la cour. La lumière accroche les visages de chaque personnage, maquillés à merveille comme des poupées. De véritables gravures du XIXe siècle. Et puis l’on danse, les corps s’inclinent, tombent, les pieds frappent le sol. Quelques chœurs se forment donnant à l’ensemble une très belle photographie, proche de l’esthétique romantique des peintres contemporains de l’auteur que ce dernier aimait particulièrement. Inutile de lever les yeux au ciel : ce 29 juin, les étoiles sont sur scène.

•RACHEL TALLIEU-VITORES

Mardi 30 juin, à 22 heures, cour de la Madeleine, le Festival national de théâtre amateur de Narbonne se poursuit avec Le Moral des troupes, comédie satirique, par la troupe Les fameux fonds de tiroir de Genouilly (Saône-et-Loire). Durée : 1 h 30. Spectacle gratuit.

Adresse

Cour De La Madeleine
Narbonne
11100

Heures d'ouverture

Lundi 21:45 - 23:45
Mardi 21:45 - 23:45
Mercredi 21:45 - 23:45
Jeudi 21:45 - 23:45
Vendredi 21:45 - 23:45
Samedi 21:45 - 23:45
Dimanche 21:45 - 23:45

Téléphone

+33468653253

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