25/06/2026
Le ministre du logement, Vincent Jeanbrun, a présenté le mercredi 24 juin, en conseil des ministres son projet de loi destiné à concrétiser l’objectif de créer 2 millions de logements d’ici à 2030, soit 100 000 de plus par an, par rapport à aujourd’hui.
Le ministre en pleine canicule, propose de repousser de 5 ans l’obligation pour les bailleurs de lutter contre les logements bouilloires !
Le projet de loi autorise en effet la remise sur le marché locatif des logements classés F et G, à condition que le propriétaire signe un engagement effectif de réaliser des travaux.
Il est à craindre que les propriétaires repoussent indéfiniment la réalisation de ces travaux pourtant indispensables. Les logements passoires sont principalement occupés par les locataires les plus modestes. Ils subiront ainsi la double peine : souffrir l’été et l’hiver de l’inconfort thermique et payer des charges énergétiques exorbitantes.
Autre cadeau pour les propriétaires : les dispositifs de défiscalisation très avantageux proposés par ce texte dans le cadre du nouveau statut du bailleur privé. C’est l’égalité devant l’impôt qui est ainsi attaquée, et de l’argent public gaspillé pour soutenir la production de logements chers !
Par ailleurs, le texte renforce considérablement le pouvoir des maires dans la conduite des politiques locales et l’attribution des logements sociaux.
Avec cette réforme qui fait du maire l’alpha et l’oméga de l’attribution des logements sociaux, il est à craindre que le fléau du clientélisme local ne soit totalement hors de contrôle.
De plus, les risques de discriminations sociales et raciales atteindront leur comble avec cette réforme.
Enfin, si l’enveloppe budgétaire pour les bailleurs sociaux est une bonne nouvelle, il est inadmissible qu’une partie de ces investissements de rénovation puisse être répercutée sur les loyers des occupants du parc HLM. En effet, le projet de loi propose de permettre de fixer les loyers des logements anciens rénovés au prix du neuf. Ainsi, les locataires entrants devront supporter les coûts de la rénovation, sans bénéficier du confort des logements neufs. À terme, c’est l’ensemble des loyers HLM qui augmenteront, faisant disparaître les petits loyers qui permettaient de loger les personnes aux revenus très modestes (RSA, AAH, minimum vieillesse, etc.).
Encore une fois, l’État se désengage de ses obligations et organise la solidarité entre locataires plutôt que de garantir l’accès à un logement abordable pour tous.
La CSF réclame une politique du logement à la hauteur des enjeux climatiques et sociaux et la fin des cadeaux fiscaux qui pèsent sur le budget de l’Etat sans permettre de loger convenablement les familles.