05/05/2026
De quoi nourrir la réflexion sur l’impact du tourisme en Antarctique…
🧊 Antarctique : Le coût caché du voyage d'une vie
Chaque touriste ayant foulé le continent blanc entre 2016 et 2020 a provoqué, en moyenne, la fonte de 83 tonnes de neige. C’est le constat glaçant d’une étude publiée dans Nature Communications. En cause : les émissions massives de CO2 et de suie des navires de croisière.
Pourtant, le flux ne tarit pas : la saison 2023-2024 a pulvérisé les compteurs avec 100 000 visiteurs, soit une explosion de +40 % en un an.
🎭 Alors que l'écotourisme est censé être une forme de voyage centrée sur la préservation des écosystèmes et le bien-être des populations locales, ici, le concept est totalement dévoyé.
Il y a une dissonance cognitive majeure : on vend à des voyageurs fortunés (plus de 10 000 € le séjour) l’idée qu’ils sont des "ambassadeurs" de la nature, alors que leur simple trajet détruit précisément ce qu’ils viennent admirer. C'est le paradoxe de la "dernière chance" : se presser de voir un monde qui disparaît, tout en accélérant sa fin.
Pour éclairer ce phénomène, Rémy Knafou, l'un des plus grands spécialistes français de la géographie du tourisme décortique ce qu'il appelle la "mise en tourisme du monde" dans son ouvrage de référence Hypertourisme. Pour lui, l'Antarctique est l'exemple type d'un capitalisme touristique qui :
💵 Cherche un profit illimité sur des espaces vierges.
🙈 Refuse d'intégrer le coût des nuisances (écologiques, climatiques) dans son modèle économique.
💎 Transforme un sanctuaire fragile en un simple produit de luxe.
📣 Pour aller plus loin : Ne manquez pas l'épisode « L'hypertourisme ou la démesure mondiale » sur France Inter pour comprendre comment nous en sommes arrivés là.