APALA

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APALA Think & do tank des transitions qui contribue à l’émergence de solutions scientifiques aux problématiques de soutenabilité de nos modes de vie.

Par une approche scientifique et avec une démarche low-tech, l'association travaille à apporter des solutions techniques et open source aux problématiques de soutenabilité de nos modes de vie. Son action se concentre autour de 3 axes :

1 - La Recherche & le Développement et l'expérimentation, pour évoluer constamment
2 - La sensibilisation et la formation pour faire connaître et transmettre
3 - La diffusion et la commercialisation pour rendre accessible

Valeurs de l'association :

- Entraide entre les projets portés
- Utile pour répondre à des besoins formulés
- Accessible par diffusion libre, formation didactique, prix accessible
- Durable en s'inscrivant dans une démarche qui vise à diminuer l'impact environnemental
- Ouverte vers l'extérieur pour évoluer constamment
- Tend vers la revalorisation, le recyclage, la récupération
- Travaille la viabilité pour éviter les faux espoirs
- Conviviale et participative par nature
- Intrinsèquement non violente pour éviter toute domination
- Modestie, humilité et bienveillance avant tout !

🌍 Pourquoi le monde ne va pas s’effondrer !Le progrès nous conduit-il vers un mur ? Pourquoi nous en doutons : [ ⏱️ Temp...
23/09/2026

🌍 Pourquoi le monde ne va pas s’effondrer !

Le progrès nous conduit-il vers un mur ? Pourquoi nous en doutons :

[ ⏱️ Temps de lecture estimé : 3 minutes ]

🔗 Dans la lignée des précédentes publications " Pourquoi j’ai cessé d’être un catastrophiste climatique" (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid0mqUkSHWk7n4ZYP9yY7GgzHGyEw4aaJBgegKTmEWNVKx7j5J4NVgTZaVP8tznC6cel), "Peut-on mettre fin au compromis entre développement humain et environnement ?" (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid02cMVjARmZQzkfDrqtFpXgM39on6JTkckY1Km972DWQ9A4C2Ka1hhFHFZbvUD52ysfl) mais aussi "Croissance, pauvreté, écologie : l’erreur de raisonnement que nous ne voyions pas avant" (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid02fFThv8YwFM6A7bRDnb8J8HjuJfABNv2ibSxbXrqa6YqYyjKveZk7LxhZkuQTPnZDl).

📈 Le paradoxe du progrès.
Nous vivons plus longtemps et en meilleure santé ; l’extrême pauvreté et la mortalité infantile ont reculé. Les tenants de l’effondrement répondent que ces progrès précèdent simplement le choc : comme une voiture lancée vers un mur, tout irait bien jusqu’à l’impact. Thomas Lepeltier pose alors deux questions :
1️⃣ Le mur est-il réel ?
2️⃣ Et serions-nous incapables de modifier notre trajectoire ?

🌡️ Un climat à prendre au sérieux.
Le réchauffement entraînera davantage de canicules, des bouleversements écologiques, des coûts économiques et une hausse de la mortalité. Pour Thomas, ces dommages considérables ne signifient pas que la civilisation va disparaître. Les sociétés peuvent aussi s’adapter, avec des systèmes d’alerte, des protections contre les inondations ou des cultures plus résistantes, tout en réduisant progressivement leurs émissions grâce aux énergies bas carbone. Le développement permis par les énergies fossiles a sauvé des vies ; leur bilan doit également intégrer les dégâts climatiques qu’elles provoquent.

🦋 Biodiversité : déclin ou effondrement ?
Les populations de nombreuses espèces diminuent et certaines disparaissent, notamment sous l’effet de la destruction des habitats. Lepeltier distingue ces pertes bien réelles de l’idée d’une biosphère vouée à s’écrouler comme un château de cartes : les écosystèmes se réorganisent aussi. Il propose d’évaluer les transformations du vivant à l’aune de leurs effets sur les êtres sensibles, humains ou non, plutôt que de considérer que toute diminution du nombre d’espèces serait forcément néfaste.

🏭 La pollution n’est pas une fatalité croissante.
L’industrialisation crée des nuisances, mais le développement donne également les moyens de traiter les eaux usées, de contrôler les émissions et d’assainir les lieux de vie. Cela ne fait pas disparaître les défis posés par les PFAS, les microplastiques ou les métaux lourds. L’argument reste : nos capacités à identifier, réglementer et réduire certaines pollutions progressent elles aussi.

⛏️ Des ressources finies, des solutions changeantes.
Depuis Malthus jusqu’aux alertes sur l’épuisement du pétrole et des métaux, les prévisions de pénurie ont souvent sous-estimé la découverte de gisements, les gains d’efficacité, le recyclage et la substitution. Rien ne garantit que chaque limite sera surmontée, reconnaît-il. Mais la finitude de la planète ne permet pas, à elle seule, de prédire l’épuisement prochain de toutes les ressources utiles.

🧭 Un avenir ouvert.
Une voiture ne peut ni apprendre ni changer de route. Les humains, si. C’est la limite de la métaphore du « mur » : elle transforme des problèmes graves en fatalité, alors que nos choix, nos connaissances et nos techniques peuvent évoluer. Le progrès futur n’est pas assuré ; l’effondrement ne l’est pas davantage.

🌍 IA & environnement : mieux comparer pour mieux comprendre[ ⏱️ Temps de lecture estimé à 9 minutes et traduction ChatGP...
10/09/2026

🌍 IA & environnement : mieux comparer pour mieux comprendre

[ ⏱️ Temps de lecture estimé à 9 minutes et traduction ChatGPT ]

🔗 Suite aux 2 publications "Votre hamburger consomme plus d’eau que votre IA" (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid0H54xw8Z4956HaY7a7LGvtVnvi3dXNN2SLcppnpQJLkoyw3BecLK5hmapycqjntugl) et "L'utilisation de ChatGPT n'est pas mauvaise pour l'environnement" (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid0YodKugZSEkJo1G3ACYeHbyv9heqNi4FWwZMTitgDwSzxDdQS2ZzFW4ADohG1f4Kkl) mais également "Et si on apprenait à mieux penser pour mieux agir ?" (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid0rQR3HizBEA31wZGXpjWdL3bVfMEFhyd5XjdvYdMGPNG6umrRCpEnF2XNFJAr8Txal).

🗣️ Le débat sur l’impact environnemental de l’intelligence artificielle est souvent dominé par des chiffres impressionnants : consommation d’électricité, litres d’eau, émissions de CO₂, multiplication des data centers… Mais un chiffre, pris isolément, ne dit pas encore si un impact est important, négligeable ou acceptable.

✍️ Le spécialiste Andy Masley consacre depuis plusieurs années de nombreux articles à ces questions. Son fil conducteur n’est pas de prétendre que l’IA n’a aucun impact, mais de montrer que nous la comparons souvent de la mauvaise manière.

🔎 Comparer à la bonne échelle
Pour évaluer son usage personnel de ChatGPT, Masley propose de le comparer à l’ensemble de son empreinte carbone ou hydrique personnelle, plutôt qu’à des micro-usages numériques déjà extrêmement efficaces comme une recherche Google.
À l’inverse, pour évaluer l’impact global de l’IA, comparer toute l’industrie à quelques gestes individuels n’a guère de sens : il faut la confronter à d’autres secteurs économiques et industriels de taille comparable.

📏 Comparer les mêmes périmètres
Une requête, l’entraînement d’un modèle, un data center ou l’ensemble de l’industrie numérique ne sont pas la même chose.
Refroidissement, production d’électricité, fabrication des serveurs, construction des infrastructures, entraînement ou inférence : suivant ce que l’on inclut, les chiffres peuvent changer considérablement.
D’où une règle simple : avant de comparer deux nombres, vérifier qu’ils mesurent réellement la même chose.

🌍 Distinguer impact local et impact global
C’est l’un des paradoxes des data centers : ils peuvent représenter une demande très concentrée localement en électricité ou en eau, tout en restant relativement petits à l’échelle d’un système énergétique national ou mondial.
Un impact peut donc être important localement sans l’être globalement — et inversement.

🧮 Contextualiser les grands nombres
« Des milliards de litres », « des térawattheures », « des millions de tonnes de CO₂ » : ces chiffres impressionnent naturellement.
Mais les bonnes questions sont plutôt : quelle part du total ? comparée à quoi ? sur quelle durée ? pour combien d’utilisateurs ?
Sans dénominateur, un grand nombre peut donner une impression très trompeuse de son importance réelle.

⚖️ Regarder aussi ce que les ressources permettent de produire
Masley insiste également sur un point souvent oublié : toutes les consommations d’énergie ne produisent pas la même valeur.
Le calcul informatique est extrêmement efficace : une quantité limitée d’électricité peut fournir des services à des millions de personnes. Pour juger un impact environnemental, il faut donc considérer non seulement les ressources mobilisées, mais aussi le service rendu par unité d’énergie, d’eau ou de CO₂.

💡 Et surtout : hiérarchiser
L’empreinte environnementale collective résulte d’une multitude d’activités, mais celles-ci n’ont pas toutes le même poids. Certaines diffèrent de plusieurs ordres de grandeur.
Pour Masley, l’enjeu écologique consiste donc moins à chercher symboliquement les activités « mauvaises » qu’à identifier où une réduction d’impact produit réellement le plus d’effet.
Enfin, il avance une idée plus prospective : une grande partie de l’impact environnemental de l’IA pourrait finalement dépendre davantage de ce que nous en ferons — accélération scientifique, efficacité énergétique, consommation supplémentaire, nouveaux usages — que de la seule consommation physique des serveurs.

🧠 Mieux penser pour mieux agir
Cette démarche rejoint directement l’approche défendue par APALA : ne ni minimiser ni dramatiser, mais comparer, contextualiser, expliciter les incertitudes et hiérarchiser les impacts (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid0rQR3HizBEA31wZGXpjWdL3bVfMEFhyd5XjdvYdMGPNG6umrRCpEnF2XNFJAr8Txal).
Parce qu’en matière d’environnement aussi, mieux agir commence souvent par mieux poser le problème.

👉 Nous mettons en commentaire la page d’Andy Masley qui rassemble l’ensemble de ses articles sur l’IA, les data centers, l’eau, l’électricité et l’éthique environnementale.

🍔 Votre hamburger consomme plus d’eau que votre IA 🤖[ 📑 Résumé structuré de l'article disponible en commentaire, ⏱️ temp...
08/09/2026

🍔 Votre hamburger consomme plus d’eau que votre IA 🤖

[ 📑 Résumé structuré de l'article disponible en commentaire, ⏱️ temps de lecture estimé à 9 minutes et traduction DeepL ]

[ 📊 Données de l'infographie modifiées pour le contexte français, précisions en commentaire ]

🔗 Pour faire suite à la publication "L'utilisation de ChatGPT n'est pas mauvaise pour l'environnement" (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid0YodKugZSEkJo1G3ACYeHbyv9heqNi4FWwZMTitgDwSzxDdQS2ZzFW4ADohG1f4Kkl).

Le débat autour de l’intelligence artificielle et des dommages environnementaux a perdu toute crédibilité. Alors que les détracteurs s’inquiètent du refroidissement des centres de données, ils tiennent un double burger au bœuf entre les mains, le choix de consommation le plus gourmand en eau que font la plupart des Américains. Le calcul est sans appel.

La même personne qui vous fait la leçon sur les centres de données mangera un hamburger au déjeuner. Elle ne se soucie pas de l’eau. Elle se soucie de l’IA.

☝️ Nous nous sommes trompés de coupable

Il existe un discours médiatique tenace qui va à peu près comme suit : l’intelligence artificielle est une catastrophe hydrique. Les centres de données assèchent les aquifères. Chaque requête sur ChatGPT est un acte de vandalisme écologique. Ce récit a du mordant, un méchant convaincant et un public tout trouvé, prêt à se méfier de la Silicon Valley.

Il est également si éloigné de la réalité mathématique qu’il devrait mettre mal à l’aise quiconque le répète avec le plus grand sérieux.

Les chiffres — et je parle ici de chiffres réels, issus de chercheurs sérieux, utilisant des données concrètes — racontent une histoire presque exactement à l’opposé de celle qu’on vous a vendue. L’agriculture, et plus particulièrement la production de bœuf, est l’un des plus gros consommateurs d’eau douce de la planète. Les centres de données d’IA ne représentent, en comparaison, qu’une erreur d’arrondi. Pas une petite erreur. Une erreur presque ridiculement minuscule.

« Convaincre un seul ami de manger un hamburger de moins aura un impact positif bien plus important que de supprimer toute son utilisation de l’IA à l’université. » — Jack Thompson, Princeton Daily

🧐 Un hamburger. Parlons-en.

Un hamburger standard d’un quart de livre contient environ une demi-livre de bœuf avant cuisson. À raison d’environ 1 800 gallons d’eau par livre de bœuf — chiffre faisant l’unanimité parmi le Water Footprint Network, l’USDA et les chercheurs en environnement qui étudient ce sujet depuis des décennies —, cette galette à elle seule représente environ 900 gallons d’eau virtuelle.

1 800 gallons d’eau sont nécessaires pour produire une seule livre de bœuf — c’est le chiffre faisant l’unanimité auprès du Water Footprint Network et de l’USDA. Le principal facteur est l’irrigation des cultures fourragères, et non l’abattage ou la transformation.

L’« eau virtuelle » est le terme utilisé par les chercheurs pour désigner l’eau consommée tout au long de la chaîne d’approvisionnement d’un produit — non pas celle que l’on verse dessus, mais celle qui a été nécessaire à sa fabrication. Pour le bœuf, la quasi-totalité de cette eau provient d’une seule source : la culture du maïs, du soja et de la luzerne que les bovins consomment pendant leur phase d’engraissement. L’eau n’entre jamais en contact avec l’animal. Elle irrigue les terres qui nourrissent l’animal qui finira dans votre assiette.

Dans son analyse rigoureuse de janvier 2026, SemiAnalysis a effectué les calculs pour un double cheeseburger et est parvenu à un résultat de 245 gallons par hamburger en utilisant une méthodologie plus prudente axée sur l’eau bleue (eaux de surface et souterraines, hors eau de pluie). D’autres estimations utilisant des méthodes de comptabilisation plus complètes se situent entre 650 et 700 gallons. Cette fourchette reflète les différences méthodologiques, et non un désaccord sur le fond.

🤔 Parlons maintenant du chatbot.

Pengfei Li et ses collègues de l’UC Riverside ont publié en 2023 l’étude la plus citée sur la consommation d’eau de l’IA. Leur estimation pour le GPT-3, sur les scopes 1 et 2, s’élevait à environ 500 millilitres d’eau pour 10 à 50 requêtes — en fonction de l’emplacement du centre de données et du réseau électrique auquel il est raccordé.

Si l’on extrapole ces chiffres aux modèles de type GPT-4, en ajoutant une marge d’erreur prudente, on arrive à environ 100 millilitres par requête, soit environ 0,026 gallon. Cela signifie qu’un hamburger d’un quart de livre nécessite l’équivalent d’environ 34 000 requêtes ChatGPT.

SemiAnalysis a présenté cette comparaison en des termes qui devraient mettre fin au débat : l’empreinte hydrique d’un seul double cheeseburger équivaut à une utilisation de Grok AI 30 fois par jour pendant 668 ans. Ce n’est ni une faute de frappe, ni une erreur d’arrondi. Six cent soixante-huit ans d’utilisation quotidienne de l’IA.

🌾 Agriculture contre algorithmes

Selon l’analyse du secteur réalisée par Bryant Research, l’élevage représente plus d’un quart de la consommation totale d’eau douce de l’humanité. La production d’un kilogramme de bœuf nécessite environ 15 400 litres d’eau. À l’échelle mondiale, la production de bœuf consomme environ 2,49 billions de litres par jour. À titre de comparaison, l’ensemble de la génération d’images par IA dans le monde — chaque image générée par l’IA en une journée — consomme environ 17 millions de litres. Cela représente un rapport d’environ 146 000 pour un.

Aux États-Unis, l’agriculture représente 80 à 90 % de toute l’eau douce consommée, selon la méthodologie utilisée. À lui seul, le secteur bovin puise de l’eau dans certains des aquifères les plus menacés du pays : l’aquifère d’Ogallala, situé sous les Grandes Plaines, qui se recharge à un rythme mesuré en pouces par siècle, s’épuise à un rythme mesuré en pieds par an, principalement pour cultiver des fourrages destinés au bétail.

Par ailleurs, l’analyse du Princeton Daily a révélé que ChatGPT utilise environ 39,16 millions de gallons d’eau par jour — à l’échelle mondiale, tous utilisateurs confondus. À titre de comparaison, l’élevage consomme environ 200 000 millions de gallons par jour. Cela représente environ cinq mille fois plus d’eau, pour un secteur qui fait l’objet d’une attention environnementale bien moindre.

Un jean contient plus d’eau que 450 000 requêtes ChatGPT. Votre do**he quotidienne utilise plus d’eau que toutes vos conversations avec l’IA sur une année entière.

— Bryant McGill, analyse réalisée à partir des données du Water Footprint Network

🧑‍⚖️ L’angle juridique et politique

Le problème de l’indignation sélective

C’est là que cela devient intéressant d’un point de vue politique et juridique — car la question n’est pas seulement scientifique, elle porte sur la manière dont nous répartissons l’attention réglementaire et l’énergie politique.

Les reportages de « Our Imperial Valley » sur le projet de centre de données de l’Imperial Valley mettent en évidence cette disparité. Les militants NIMBY ont invoqué la consommation quotidienne de 750 000 gallons d’eau de l’installation comme une menace existentielle pour l’approvisionnement en eau de la région. Or, ce centre de données utilise de l’eau recyclée qui, sans cela, serait perdue. Une seule famille d’agriculteurs de la même région a consommé environ 82 000 acre-pieds d’eau du fleuve Colorado en une seule année — soit près de 100 fois les besoins de l’ensemble du centre de données. L’agriculture consomme 97 % de l’allocation en eau de la région. Le centre de données n’en utilise que 0,027 %.

Personne n’intente de procès contre cette famille d’agriculteurs. Personne n’organise de réunions communautaires sur l’empreinte hydrique de la viande bovine. Cette application sélective des préoccupations environnementales n’est pas fortuite : elle reflète davantage une méfiance culturelle à l’égard des nouvelles technologies qu’un réel impact sur les ressources.

Il y a là une ironie qui s’ajoute à tout cela : l’IA elle-même pourrait bien devenir l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour améliorer l’efficacité hydrique en agriculture. L’agriculture de précision, la programmation de l’irrigation pilotée par l’IA et l’optimisation des rendements agricoles grâce à l’apprentissage automatique réduisent déjà la consommation d’eau dans l’agriculture commerciale. La technologie critiquée comme étant un « ennemi de l’eau » pourrait bien figurer parmi nos meilleurs outils pour lutter contre le véritable « ennemi de l’eau ».

ℹ️ Les réserves

Les points sur lesquels la critique est fondée

L’honnêteté intellectuelle exige de reconnaître les aspects de la critique qui sont fondés.
L’analyse technique de l’infrastructure des centres de données réalisée par la newsletter Viks soulève une préoccupation légitime : la comparaison de SemiAnalysis s’applique aux conceptions actuelles de centres de données utilisant un refroidissement hybride ou à sec, mais les futures installations de l’ordre du gigawatt alimentées par l’énergie nucléaire pourraient consommer beaucoup plus d’eau. Les systèmes de refroidissement nucléaires peuvent nécessiter jusqu’à 16 millions de gallons par jour et par centre de données de classe gigawatt — soit 16 fois plus que les estimations actuelles pour des installations telles que Colossus 2.

La trajectoire du développement des infrastructures d’IA est importante. La consommation d’eau d’une installation n’est qu’un point de données ; la consommation totale d’eau du secteur à grande échelle — y compris la fabrication de puces, la production d’électricité et le refroidissement — nécessite une surveillance constante. L’analyse du cycle de vie réalisée par Alex de Vries-Gao en décembre 2025 dans *Patterns* reste l’estimation globale la plus rigoureuse disponible, et il a explicitement appelé à une plus grande transparence des entreprises sur cette question.

Cette critique n’est pas entièrement infondée. Elle est simplement catastrophiquement disproportionnée par rapport à l’origine réelle du problème. Les entreprises spécialisées dans l’IA devraient publier leurs données de consommation d’eau. Elles devraient investir dans des systèmes de refroidissement en circuit fermé. Elles devraient utiliser de l’eau recyclée lorsque cela est possible — et beaucoup le font déjà.

Mais imposer à l’IA une norme de responsabilité en matière d’eau que nous n’avons jamais appliquée à l’agriculture n’est pas de l’écologisme. C’est de l’ignorance mathématique déguisée en écologie.

👁️ Conclusion

À quoi ressemble une préoccupation proportionnée

Si vous avez lu jusqu’ici et que vous vous souciez sincèrement de l’eau — comme vous devriez le faire —, voici la hiérarchie des impacts selon les données :

Réduisez votre consommation de bœuf. Même des changements modestes dans les sources de protéines ont des implications considérables sur l’empreinte hydrique. Selon l’analyse d’Akhil Rao, un « Impossible Burger » utilise environ 185 gallons d’eau, contre 900 pour une galette de bœuf conventionnelle — soit une réduction d’environ 80 % par repas.

Militez pour une réforme de l’utilisation de l’eau en agriculture. L’épuisement de l’aquifère d’Ogallala est un véritable enjeu de sécurité nationale. Les responsables politiques ont détourné le regard de ce problème pendant des décennies, car le lobbying agricole est puissant et les agriculteurs sont des figures politiques qui suscitent la sympathie. Cela doit changer.

Exigez des entreprises d’IA qu’elles rendent des comptes sur la transparence, et non sur leurs performances. Exigez la publication des données relatives à l’efficacité d’utilisation de l’eau (WUE). Encouragez l’utilisation d’eau recyclée. Soutenez la recherche sur les systèmes de refroidissement sans consommation d’eau. Ce sont là des demandes proportionnées.

Ce qui n’est pas proportionné : considérer un hamburger d’un quart de livre et une année de conversations sur ChatGPT comme des événements environnementaux vaguement comparables, puis diriger son indignation vers celui qui implique un chatbot.

La prochaine fois que quelqu’un vous dira que l’IA épuise les ressources en eau de la planète, demandez-lui ce qu’il a mangé au déjeuner. Puis présentez-lui les chiffres.

📑 Sources et notes

SemiAnalysis, « From Tokens to Burgers — A Water Footprint Face-Off », janvier 2026. Principale source de données comparatives pour les estimations par hamburger et par requête.

Pengfei Li et al., « Making AI Less ‘Thirsty’ : Uncovering and Addressing the Secret Water Footprint of AI Models », UC Riverside, 2023. Recherche fondamentale sur la consommation d’eau de l’IA par requête.

Water Footprint Network ; données de l’USDA sur l’intensité en eau de la production de bœuf. Chiffre consensuel d’environ 1 800 gallons par livre de bœuf utilisé dans l’ensemble du document ; le calcul par galette suppose un poids avant cuisson de 0,5 lb.

Bryant Research, « Une goutte d’eau dans l’océan : comparaison de l’empreinte hydrique de l’IA et de l’industrie bovine », mai 2025. Comparaisons entre la consommation quotidienne mondiale du bétail et celle de l’IA.

Our Imperial Valley, « Un hamburger consomme plus d’eau que 668 ans d’IA », 2026. Analyse comparative du centre de données de l’Imperial Valley.

Alex de Vries-Gao, « Les empreintes carbone et hydrique des centres de données et ce que cela pourrait signifier pour l’intelligence artificielle », Patterns, décembre 2025.

Newsletter Viks, « Les centres de données dédiés à l’IA consomment plus d’eau que vous ne le pensez », février 2026. Critique technique de la méthodologie de SemiAnalysis ; mise en garde concernant le refroidissement nucléaire.

Jack Thompson, « Vous vous sentez coupable de l’impact environnemental de ChatGPT ? Mangez plutôt un hamburger de moins », Princeton Daily, octobre 2025.

[3/5] La principale façon dont j’ai vu des gens sombrer dans la folie idéologique - par Andy Masley[ 📑 Résumé structuré ...
06/09/2026

[3/5] La principale façon dont j’ai vu des gens sombrer dans la folie idéologique - par Andy Masley

[ 📑 Résumé structuré disponible en commentaire, ⏱️ temps de lecture estimé à 10 minutes, traduction DeepL ]

✍️ Andy Masley est un écrivain et chercheur indépendant sur l’IA, les data centers, l’altruisme efficace et le bien-être animal, nommé dans le TIME 100 AI 2026 (https://www.facebook.com/auxpetitsacteurslavenir/posts/pfbid0YVpoeBFyEaZpRrE1y53Pwt5SHkrw1n1QMUxsjBhSioa7dWqHfNd5V3vQ5kxDuCGfl). Il a été directeur du groupe Effective Altruism de Washington DC.

J’ai vu des personnes de mon entourage et parmi le grand public sombrer dans la folie idéologique à un rythme plus élevé que ce à quoi je m’attendais au cours de ma vie d’adulte. J’ai perdu un ami au profit d’une secte. D’autres sont devenus si fragiles qu’ils parviennent à peine à interagir avec des gens normaux sans piquer une crise à la moindre divergence d’opinion. D’autres sont simplement devenus très obnubilés par une idéologie et attachés à des visions très spécifiques (et, à mon avis, peu convaincantes) du monde. Les parcours de ces personnes, ainsi que les idéologies qui les ont rendues folles, étaient tous radicalement différents les uns des autres. Mais derrière tout cela se cache une seule et même dynamique néfaste que je pense qu’il est en réalité facile d’identifier et d’enrayer. Cette dynamique se déroule ainsi :

Vous développez une idée extrémiste.

Vous rencontrez beaucoup de gens qui ne sont pas d’accord avec cette idée.

Presque toutes les personnes qui ne sont pas d’accord avec vous semblent terriblement mal informées sur les faits fondamentaux concernant le monde, et ont des intuitions morales de base assez déplacées face à de simples questions éthiques. Leurs désaccords sont également très visiblement ancrés dans leur identité sociale préexistante.

Vous en concluez que la grande majorité des détracteurs de votre idée extrémiste sont en réalité extrêmement mal informés, quelque peu cruels ou indifférents, et qu’ils détestent surtout votre idée pour des raisons sociales préexistantes.

Cela vous amène à penser que votre idée est probablement plus juste.

Ce que j’affirme ici, c’est que la seule chose qui cloche, ce qui perturbe vraiment les gens, c’est cette dernière étape où vous réévaluez la situation en faveur de votre idée.

Je ne suis pas contre les idées extrémistes par principe. J’ai les miennes, la principale étant que le bien-être animal constitue une catastrophe bien plus grave et urgente que ne le croient la plupart des gens. Mais je pense que les idées extrémistes devraient s’accompagner de quelques mises en garde.

Le principal danger lié à la croyance en une idée extrémiste est qu’il est très, très facile de se laisser polariser négativement par une multitude de mauvaises discussions à ce sujet avec des gens normaux, jusqu’à avoir l’impression que le reste du monde est fou et endormi. La raison pour laquelle c’est si facile est que la plupart des gens sont en fait « endormis » sur la plupart des sujets la plupart du temps, qu’ils ne réfléchissent pas de manière très approfondie à la manière dont ils développent leurs convictions, et qu’ils ne possèdent réellement une expertise que dans quelques domaines, souvent liés à leur travail.

Imaginons que vous vous radicalisiez politiquement et deveniez marxiste. Vous vous convainquez que la théorie de la valeur-travail est correcte. Vous étudiez en profondeur le panthéon des théoriciens marxistes du XXe siècle. Vous vous plongez vraiment dans le sujet et connaissez tous les arguments et concepts par cœur. Cela correspond à ce que vous observez sur le terrain : des personnes pauvres maltraitées sans raison par de grands systèmes, une multitude de solutions de fortune face à la pauvreté qui privent les travailleurs d’un véritable pouvoir et d’un contrôle réel sur leur vie. Vous vous ralliez de plus en plus au marxisme. Puis vous commencez à en parler à d’autres personnes.

Considérons deux catégories de personnes :

Le nombre de personnes dans la population générale qui s’opposeront au marxisme.

Le nombre de personnes dans la population générale qui en sauront suffisamment sur l’histoire et la philosophie de l’économie pour vous expliquer clairement pourquoi le marxisme et la théorie de la valeur-travail sont erronés, et qui pourront répondre à vos préoccupations très spécifiques concernant le pouvoir des travailleurs et le conflit de classe d’une manière qui vous fasse comprendre comment les théoriciens sociaux et les économistes modernes proposent une explication plus convaincante et éthiquement cohérente du fonctionnement du monde, et ce, avec patience et rigueur.

Combien de personnes rencontrerez-vous qui répondent à la fois aux critères 1 et 2, par opposition à celles qui ne répondent qu’au critère 1 ? Je pense que cela ressemblerait probablement à ceci :

Sans vouloir offenser aucun des groupes cités ici, le citoyen américain moyen n’a pas terminé ses études supérieures (seuls 37 % possèdent un diplôme). Moins de la moitié a lu un livre au cours de l’année écoulée. Les deux tiers ignorent que, lorsque l’inflation se produit, la monnaie perd de sa valeur. Beaucoup de gens adoptent certaines convictions parce qu’il leur semble que les personnes qu’ils considèrent comme bonnes les ont adoptées elles aussi. Quel pourcentage de ces personnes est capable d’expliquer de manière convaincante pourquoi le capitalisme démocratique libéral est préférable au marxisme ? La plupart des marxistes que je rencontre ont une multitude d’anecdotes sur des personnes qu’ils ont rencontrées et qui tiennent des propos tels que :

« Il faut bien que certains soient riches, et d’autres pauvres. C’est comme ça. »

Les pauvres méritent d’être pauvres. S’ils travaillaient plus dur, ils n’auraient pas ces problèmes.

Le marxisme signifie que tout le monde doit être égal, mais si tout le monde était égal, personne ne le serait…

Cela leur donne l’impression que la plupart des gens qui critiquent le marxisme sont indifférents, stupides ou fous, et donc que le marxisme a plus de chances d’être vrai, tandis que les autres idées sont plus susceptibles d’être fausses. Je me souviens qu’un ami radical avait été assez choqué d’apprendre que je m’identifiais comme un capitaliste libéral, et il avait ajouté : « Je connaissais quelqu’un qui se disait libéral il y a quelque temps. Il ne savait même pas ce qu’était la destruction mutuelle assurée. » J’ai interrompu la conversation pour demander à mon ami s’il pensait que je ne savais pas ce qu’était la destruction mutuelle assurée. Il avait du mal à dissocier cet autre type de moi, ou du concept de libéralisme, ou encore de sa propre croyance dans le marxisme.

Ce que je veux surtout dire ici, c’est que la plupart des gens, la plupart du temps, seront de très mauvais critiques de votre idée extrême. Ils vous diront des choses confuses, fausses ou moralement répréhensibles, quelle que soit votre idée. Cela ne vous apprend absolument rien sur la valeur de votre idée, ni sur celle des idées auxquelles ils croient, et cela ne devrait en aucun cas vous amener à renforcer votre confiance en vos convictions. Le représentant moyen du camp adverse sera presque toujours assez médiocre, mais c’est parce que la personne lambda ne connaît tout simplement pas grand-chose à votre sujet hyper spécifique, et non parce que l’autre camp est médiocre. La personne lambda (y compris vous et moi) est d’une confusion scandaleuse sur la plupart des sujets. Cela signifie que si vous défendez une idée qui paraîtra bizarre et suscitera beaucoup de critiques, la plupart de ces critiques seront elles aussi d’une confusion totale. Les marxistes ont raison de dire que presque tous les détracteurs du marxisme avancent des arguments médiocres, sont dans la confusion et semblent parfois avoir des opinions répréhensibles sur les classes sociales, la pauvreté et le capitalisme, mais c’est simplement parce que c’est le cas de beaucoup de gens.

Pour tout sujet nécessitant un certain niveau de compréhension, le monde est principalement un océan de confusion parsemé de petits îlots de bon sens et de compréhension. Des montagnes gigantesques s’élèvent sur ces îlots, offrant des panoramas bien plus vastes que ce que la plupart des gens dans l’océan peuvent imaginer. Certains horizons sont bien plus élevés que d’autres, mais si vous vous cantonnez à votre propre horizon, vous risquez de ne pas savoir qu’à des milliers de miles de là, au-delà de cette mer de gens qui ne connaissent absolument rien à votre idéologie, il existe peut-être des horizons bien, bien plus élevés. Dans de nombreux domaines, la compréhension humaine possède une profondeur (ou, dans cette métaphore, une hauteur) inimaginable pour la plupart des personnes qui n’en font pas partie. Perdre cela de vue, se contenter de contempler depuis son point de vue local l’océan de gens désorientés, se réjouir de savoir quelque chose qu’ils ignorent et en conclure que ce point de vue doit être le seul au monde, voilà l’une des attitudes les plus dangereuses que l’on puisse adopter avec une idée extrême.

Cela m’est arrivé quand j’avais 17 ans et que je commençais à m’identifier fermement à la gauche. Un jour, un jeune de 19 ans que je savais très conservateur lisait les actualités et s’est exclamé : « Oh mon Dieu, Obama vient de signer un accord avec la Russie pour se débarrasser d’une grande partie de nos a***s nucléaires. C’est terrible. » Je lui ai demandé en quoi c’était grave, puisque la Russie détruisait également ses a***s nucléaires dans le cadre de cet accord. Le gars s’est mis en colère et m’a répondu d’un ton très sévère : « Comment on est censés combattre les terroristes ? » J’ai décidé que la conversation n’en valait pas la peine, et je suis parti en me disant : « Bon sang, les conservateurs sont tellement stupides, c’est une preuve de plus que les conservateurs sont stupides et que j’ai raison de ne pas être conservateur. » C’était une façon terrible de penser. Je sais aujourd’hui que la politique en matière d’a***s nucléaires est incroyablement complexe, que les experts qui y consacrent toute leur vie sont en désaccord les uns avec les autres, et qu’il est rare de trouver des citoyens lambda qui en sachent suffisamment pour avoir une conversation sérieuse sur ce sujet. De toute façon, la politique en matière d’a***s nucléaires ne s’inscrit pas vraiment dans un axe gauche-droite bien défini. Si un conservateur réfléchi et bien informé m’avait interpellé sur mes convictions concernant les a***s nucléaires, j’aurais probablement répondu quelque chose d’aussi stupide, voire pire. Le fait d’être tombé par hasard sur un type qui ne savait absolument rien des a***s nucléaires n’aurait dû constituer pour moi aucune preuve, ni sur les a***s nucléaires, ni sur la politique de gauche ou de droite. Beaucoup de gens sont comme des roulettes idéologiques, adoptant au hasard des convictions qui surgissent au sein des tribus politiques aléatoires auxquelles ils s’identifient. J’étais tombé sur l’une de ces personnes. C’était tout. J’avais commis une erreur : j’avais renforcé mes convictions en entendant un mauvais argument contre elles.

Si vous êtes végétalien comme moi, vous rencontrerez beaucoup de gens qui se montrent inutilement agressifs et avancent des contre-arguments stupides contre le végétalisme (« Les plantes ont aussi des sentiments », « Tuer fait naturellement partie de la nature et de l’évolution », « On sait pertinemment que seuls les humains sont conscients », etc.). Cela peut vous donner l’impression que tous les anti-végétaliens doivent être aussi stupides ou aveugles les uns que les autres, et que les seules personnes qui semblent ne serait-ce qu’un peu lucides et intelligentes sont les autres végétaliens. Le monde en dehors de votre communauté de végétaliens peut paraître moins intéressant, et vous finirez par supposer que tous ceux qui « comprennent vraiment » sont végétaliens. C’est un état émotionnel très dangereux dans lequel se retrouver ! Il existe en réalité de nombreux arguments convaincants contre le végétalisme, y compris beaucoup avancés par des militants engagés pour le bien-être animal. Mais de nombreux végétaliens que je rencontre ne semblent même pas savoir qu’ils existent.

Dans ces situations, ce que devrait faire l’adepte d’une idéologie extrémiste, c’est partir du principe que « la plupart des gens ne seront pas d’accord avec moi sur ce point. Je ne trouverai pas beaucoup de bons arguments à ce sujet chez la plupart des gens. Si je veux réellement exposer mes convictions à la critique, je devrais essayer de trouver la critique la plus convaincante et la mieux réfléchie de ces convictions, et travailler à partir de là. Je devrais également partir du principe que si je discutais avec des personnes qui partagent ma conviction extrême, je les considérerais tout de même comme « endormies » sur bien d’autres aspects de la vie. Il existe peut-être des horizons qui m’attendent au-delà de mon champ de vision. Je devrais prendre soin de vérifier s’ils existent.

Il est plus important que jamais de penser ainsi, maintenant qu’Internet permet d’apprendre très rapidement et facilement beaucoup de choses sur les grandes idéologies et les grandes idées.

Soyez un peu élitiste

Ce que je veux dire, c’est que vous devriez ignorer l’opinion de beaucoup de gens sur vos convictions extrêmes. Comment décider avec qui échanger ? Je pense qu’il n’y a que deux règles de base qui permettront toujours de déterminer qui mérite d’être écouté :

La personne connaît les faits fondamentaux concernant le sujet sur lequel vous êtes en désaccord, par exemple :

Sujet : Politique

Fait à connaître : Les trois pouvoirs de l’État

Sujet : Marxisme

Fait à connaître : l’idée fondamentale de la théorie de la valeur-travail

Sujet : les a***s nucléaires

Fait à connaître : les a***s nucléaires existent dans la plupart des pays dans le seul but de dissuader d’autres pays d’envahir ou d’utiliser leurs propres a***s nucléaires

La personne n’est pas surexcité et ne cherche pas simplement à jouer le rôle de soldat pour son camp

Il s’agit d’une règle élitiste dans le sens où je ne pense pas que beaucoup de gens ordinaires que vous croisez au quotidien répondent réellement à ces deux critères. Je suppose que ces règles mettraient fin à de nombreuses conversations et vous laisseraient libre de n’échanger qu’avec des personnes qui vous apporteront réellement une critique pertinente et approfondie. Si vous ne trouvez pas ces personnes dans la vie réelle, tournez-vous vers Internet et cherchez-les là-bas.

Au lieu d’associer la notion de « prise de conscience » à votre idéologie, vous devriez considérer la « prise de conscience » comme une qualité que possède toute personne s’intéressant sérieusement à la recherche de la vérité.
Partir du principe que toute personne ayant des convictions raisonnables peut être « éveillée » en ce sens (même si cela demande un certain effort et de la patience émotionnelle) peut redonner au monde un aspect ouvert et vivant, et faire apparaître votre idéologie moins comme un îlot solitaire au milieu d’un océan de folie que comme un casse-tête intéressant que vous essayez de résoudre avec vos détracteurs. Vous devriez essayer de séparer autant que possible votre sentiment d’éveil de vos convictions idéologiques spécifiques. Cette capacité à dissocier des convictions spécifiques de la perception que l’on a d’une personne « éveillée » est en soi ce qui me fait percevoir cette personne comme « éveillée ».

Le sentiment que la personne à qui vous vous adressez est « éveillée » est enivrant. C’est l’une des raisons pour lesquelles les gens forment des communautés autour de leurs systèmes de croyances. Avoir l’impression d’être en compagnie de quelqu’un qui joue un rôle actif dans le monde peut vous procurer un profond sentiment de compagnie, un besoin humain fondamental. S’écarter de son système de croyances pour trouver ce sentiment de compagnie ailleurs peut être effrayant et intimidant, surtout si on ne l’a pas fait depuis un certain temps. Si, ces derniers temps, vous n’avez vraiment ressenti ce sentiment de compagnie qu’auprès de personnes qui partagent votre point de vue sur de nombreux sujets fondamentaux, il est temps de vous éloigner de ce cercle.

Mais en vous éloignant, ne réévaluez pas la valeur de vos convictions ou de celles des autres en vous basant sur vos interactions avec la personne lambda.

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