26/12/2025
🤮
Vendredi 26 décembre, 7h30.
Je monte dans ma voiture nappée de givre. Faut gratter. Les mains engourdies, la ville est morte.
Chauffage à fond, France Info en mode survie minimale. Je traverse une cité plongée dans une torpeur irréelle, quelque part entre un 15 août post-apocalyptique et un confinement COVID mal digéré.
Petit moment de doute : je regarde l’horloge orangée du tableau de bord.
7h45.
Pas 4h du matin.
Dans une vague odeur de vieux schnaps, je croise le Père Noël, déchenillé, un renne mort sur l’épaule, un urgentiste qui rentre de sa 92e heure de garde, une patrouille de police en mission ravitaillement à la boulangerie pour le petit-déj du commissariat.
Je me gare juste devant le service.
✨ Bonne nouvelle du jour.
Les bureaux sont vides.
La machine à café s’ennuie fermement.
La photocopieuse me regarde avec un sourire ironique, genre « toi aussi ils t’ont fait venir ? »
9h30.
Je me dis qu’au milieu de ce désert, je vais avancer sur l’administratif.
Les partenaires, les administrations sont aux abonnés absents…
Les numéros sonnent dans le vide ou m’offrent une musique d’attente aussi désagréable que lancinante.
Miracle : un agent décroche.
Voix engluée dans un reste de canapé saumon-guacamole et de Pinot des Charentes.
« Je suis tout seul… on est le 26 décembre. »
Dans un élan d’empathie propre à mon métier, je lui réponds :
« Non, vous n’êtes pas seul. Je suis là. »
On discute longuement.
Les cadeaux de Noël.
Les frasques de tonton Bernard au trou normand.
L’œdème de Quincke de tata Sidonie qui a encore mangé des crevettes.
Merci patron 🙏
Merci de m’offrir cette longue journée.
Merci de me faire sentir aussi indispensable qu’un pompier ou qu’un technicien de centrale nucléaire en fin de vie.