26/07/2026
𝗖𝗲́𝗿𝗲́𝗺𝗼𝗻𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗠𝗮𝗹𝗽𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲
Nous sommes le 29 juillet 1942, c'est le petit matin, il est 6h02 mn. Comme depuis presque 2 ans des salves de fu**ls retentissent dans le champ de tir de la Malpierre. Malheureusement, ces tirs ne sont pas des tirs d'exercice. Ce sont les troupes d'occupation allemandes qui fusillent des résistants de la région. En ce 29 juillet ce sont les premiers résistants d'Auboué qui périssent sous les balles nazies. Ils ont été fusillés après avoir été dénoncés, arrêtés, le plus souvent par les polices françaises, torturés parce qu'ils n'avaient pas accepté l'invasion de leur pays, parce qu'ils avaient un idéal de paix et de souveraineté. Ils sont morts en brave, leur dernière nuit ils l'ont passée en chantant des chants français, italiens, révolutionnaires. Ce jour-là, Maurice Henry écrivait sa dernière lettre à sa maman avant d'être fusillé, ici à la Malpierre. Lettre que je vais vous lire.
"Maman, je viens d'être condamné à la peine de mort par le tribunal militaire allemand. Ce tribunal de vieillards qui condamne des jeunes gens qui ne demandent qu'à vivre et dont la faute est d'avoir défendu leur idéal et leur patrie vendue à l'ennemi par une bande de mercenaires.
Mais ces jeunes ont montré ce dont ils étaient capables et ont accepté la mort avec le sourire et ont répondu aux accusateurs avec mépris.
Ma petite maman chérie, je veux que tu vives pour que tu veilles sur la tombe de notre pauvre père et que tu lui dises que son fils Maurice est mort en brave, défendant son idéal et la France et que tu jures de me venger un jour.
Prends ça du bon côté car je veux que tu vives pour notre petite Gaby, pour que tu lui laisses un bon souvenir de moi. Que veux-tu, ma pauvre maman, on n'a pas voulu que l'on vive ensemble, cela aurait été trop beau.
Adieu vous tous que j'aime, adieu maman chérie, car je pars pour un voyage d'où l'on ne revient pas.
Maman chérie, pense à moi de temps en temps, à ton fils qui ne t'as pas oubliée et qui a pensé à toi jusqu'au bout. Adieu maman, adieu Gaby, adieu mon petit Raymond, adieu mon frère Roger. Maurice avait 20 ans, il était entré aux Francs-Tireurs-Partisans Français (FTPF) en 1941. C'est lui qui a été fusillé ce 29 juillet 1942 à 6h02 mn, le premier de ses 13 camarades, assassinés comme lui parce qu'ils voulaient une France libre et indépendante dans un monde de paix et d'amitié entre les peuples.
Ils ne verront pas la fin de la guerre et la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie sans savoir aussi que leurs rêves d'une société plus juste dans un monde de paix et de liberté avec du pain et des roses pour tous ne se seront pas encore réalisés 84 ans après.
Car malheureusement dans l'actualité, face à un monde de plus en plus instable où nos sociétés se voient de moins en moins clairement dans le miroir du futur, nous sommes obligés de constater des phénomènes inquiétants et récurrents en Europe et en France tels que la montée de l'extrême droite avec ses mystères et ses voleurs et des fascismes, fauteurs d'injustice, de racisme, de violence, de terrorisme accompagnés d'intégrisme religieux, de domination financière à outrance au détriment des peuples, d'inégalités grandissantes.
Beaucoup de maux qui ne présagent rien de bon si nous ne réagissons pas, si nous ne combattons pas ces extrémismes par une volonté plus grande encore de paix, de liberté, d'amitié entre les peuples, pour que le devoir de mémoire que nous continuons à perpétuer pour honorer ces héros permette aux générations futures de continuer à meister et surtout qu'ils ne nous reprochent jamais notre manque de combativité.
Ils voulaient vivre libres ils en sont morts gloire à eux."