07/06/2026
🇫🇷Journée nationale d’hommage aux Morts pour la France en Indochine🇫🇷
À l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Morts pour la France en Indochine, le Comité du Lauragais souhaite mettre en lumière le parcours remarquable du père d’une de nos adhérentes, le Docteur Jacques Bessuges, médecin militaire dont la vie fut placée sous le signe du service, de l’engagement et de l’humanisme.
Dès le début de sa carrière, Jacques Bessuges refuse la routine et choisit l’action. Quand la Seconde Guerre mondiale prend fin, il est nommé à titre exceptionnel Médecin Auxiliaire de la Marine et reçoit les félicitations du Ministre de la Marine pour ses faits de résistance. Après ses études de médecine, il devient Médecin-Lieutenant des Troupes coloniales.
En 1948, il est affecté au Gabon comme Médecin-Chef de la région sanitaire du Moyen-Ogooué. Son dévouement et ses compétences le conduisent à collaborer avec le célèbre médecin et humanitaire Albert Schweitzer à Lambaréné, où il exerce quelque temps comme chirurgien dans son hôpital.
Mais bientôt, aux missions de paix succèdent les exigences de la guerre. En février 1954, alors que le conflit indochinois atteint son point culminant, Jacques Bessuges est envoyé au Laos comme Médecin-Chef de l’Antenne chirurgicale mobile n°23 à Luang Prabang. Dans des conditions souvent extrêmement difficiles, il participe au traitement des blessés de la bataille de Bataille de Diên Biên Phu. Il accueille également, le 24 mai 1954, l’infirmière militaire Geneviève de Galard, surnommée « l’Ange de Diên Biên Phu ». Infirmière, pilote et secouriste de l’Air, elle était restée bloquée pendant deux mois dans le camp retranché où elle soigna inlassablement les blessés dans des conditions particulièrement éprouvantes avant d’être faite prisonnière par le Viêt-minh. Libérée, elle rejoignit Luang Prabang où elle fut prise en charge par le Docteur Bessuges.
Son engagement ne s’arrête pas là. Jusqu’en septembre 1955, il sert comme Médecin-Chef du 12e Bataillon d’Infanterie Léger à Tchepone, au Laos, avant de poursuivre sa mission comme chirurgien à l’hôpital de Savannakhet jusqu’en février 1956. Durant ces années, il soigne sans relâche militaires et civils, faisant honneur à la vocation première du médecin : sauver des vies, quelles que soient les circonstances.
De retour en France, il quitte l’armée en janvier 1957. Marié depuis 1945 et père de huit enfants (sept filles et un garçon), il consacre alors son énergie à sa famille et à la médecine de proximité. Homme de cœur, il adopte notamment une jeune enfant eurasienne rencontrée en Indochine ainsi qu’une pupille de l’Assistance publique. Il choisit finalement de s’installer dans un petit village de Haute-Vienne où il exerce au service d’une population rurale et ouvrière.
Le parcours du Docteur Jacques Bessuges illustre parfaitement l’esprit de sacrifice, le sens du devoir et l’humanité qui animèrent tant de médecins militaires engagés en Extrême-Orient. À travers lui, nous rendons hommage à tous ceux qui ont servi la France en Indochine, souvent loin de leurs familles, dans des conditions particulièrement éprouvantes.
Nous n’oublions pas non plus les 34 000 militaires morts pour la France au cours de cette guerre. Parmi eux figure Paul Germa, grand-oncle de notre président de Comité. Tombé au combat le 2 mai 1950, il représente ces milliers de jeunes Français dont le sacrifice demeure inscrit dans notre mémoire nationale. Son nom, comme celui de tous les Morts pour la France en Indochine, nous rappelle l’importance du devoir de mémoire et de la transmission aux générations futures.
En ce 8 juin, inclinons-nous avec respect devant la mémoire de tous ceux qui ont combattu, soigné, secouru et parfois donné leur vie en Indochine.
🇫🇷 « À nous le souvenir, à eux l’immortalité. » 🇫🇷