15/12/2024
Pourquoi je fais tout ça 🔥
Les structures d’éducation populaire se retrouvent à faire du philanthropique et plus du participatif. Elles érigent certains habitant·es en personnes supérieures qui vont aider les « plus bas qu’elles », ces pauvres gens qui en ont besoin. Elle viennent leur servir la soupe et elles se sentent valorisées, elles ont fait leur BA et ont bien intégré le message : quelle chance elles ont, elles, de ne pas être comme eux, de valoir pus que ça.
Nous on disait « venez on va préparer des soupes et les déguster ensemble ». Tout le monde est invité, il n’y a pas de place spéciale pour que certain·es puissent se sentir supérieur, juste le plaisir de faire un truc commun, d’apprendre les un·es des autres, de partager un bon moment et mine de rien de manger quelque chose sans avoir besoin de payer. On se sent toustes bien, il n’y a pas des héros et des loosers, pas à se sentir redevable ou d’exercer du « pouvoir sur ». On avait du mal à dire qui était bénévole ou participant·e, les financeurs n’aimaient pas ça. Il fallait qu’il y en ait au-dessus, et p*s des en-dessous, qui « bénéficient ».
Quand réseau dédale s’est terminé, on a décidé de continuer dédale mais pas sous forme associative, trouver d’autres façons de faire. Dédale c’est une recherche-action, on expérimente, on réfléchit, on documente, on fait avancer nos pratiques.
Je me suis lancée dans le Joyeux commun en reprenant tout à l’envers. D’abord, il y a des gens qui ont envie et un lieu mis à disposition par la SOMCO. À partir de là, tout est à faire, mais la base est là. Pas de recherche de financements, pas d’appels à projets, pas d’injonction à la collaboration, pas à devoir être ambassadeurs de telle ou telle collectivité, juste se concentrer sur l’essentiel, ce qui se passe entre nous, ce que nous pouvons faire en mettant notre énergie, nos moyens, nos ressources en commun. Et on voit ce qu’il se passe… Et on voit ce qu’il se passe !
Publication :