08/03/2026
💡L’ANECDOTE DU MOIS💡- L’élection du député du Mont-Blanc en 1792
Les forces révolutionnaires françaises entrent en Savoie en septembre 1792. À la suite de cette occupation, une nouvelle assemblée est mise en place à Chambéry, composée de députés acquis aux idéaux révolutionnaires. L’Assemblée des Allobroges exige alors « que chaque commté forme des assemblées primaire pour l’élection d’un député chargé d’exprimer son voeu dans une assemblée générale de toutes les communes pour l’organisation d‘un nouveau gouvernement ». Autrement dit, chaque municipalité est tenue d’élire un représentant appelé à siéger lors des assemblées organisées à Chambéry.
Dans ce contexte, une assemblée générale se tient le 11 octobre 1792 dans la cathédrale Saint-Pierre de Moûtiers. Le scrutin ne laisse place à aucune ambiguïté : Joseph Abondance est élu député à l’unanimité. Il est assisté d’un suppléant, Michel Guméry, lui-même doté d’un remplaçant. Tous trois sont appelés à se rendre à Chambéry le 21 octobre suivant.
Toutefois, Joseph Abondance décline cette fonction. Il déclare « ne pouvoir accepter la qualité en charge de député », invoquant principalement son âge avancé, estimant ne plus disposer des « lumières » nécessaires à l’exercice de cette responsabilité. Il affirme également ne pouvoir abandonner les nombreux malades dont il a la charge.
La fonction de député revient alors à Michel Guméry. Siégeant aux côtés de figures majeures de la Révolution, il se distingue par son indépendance politique, ce qui lui vaut le surnom de « bœuf rétif du Mont-Blanc ». Fidèle à ses convictions, il refuse notamment de voter la mort de Louis XVI.
𝘐𝘮𝘢𝘨𝘦 : 𝘢𝘳𝘤𝘩𝘪𝘷𝘦𝘴 𝘮𝘶𝘯𝘪𝘤𝘪𝘱𝘢𝘭𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘔𝘰𝘶𝘵𝘪𝘦𝘳𝘴 (Ville de Moûtiers), 1𝘋1, 𝘙𝘦𝘨𝘪𝘴𝘵𝘳𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘥é𝘭𝘪𝘣é𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘮𝘶𝘯𝘪𝘤𝘪𝘱𝘢𝘭𝘦𝘴, 1792, 𝘢𝘯 𝘐𝘝.
Auteur : Lisa Quard, mars 2026.