10/05/2026
🧐// Retour sur la rénovation de Chapelle Saint Lazare 1954/56
Témoignage du regretté Paul Brosseau
"La Chapelle St Lazare février 2021
A la demande du BRAHM qui sachant que j'avais travaillé à la restauration de cette chapelle, je vais essayer de me souvenir de ce chantier. La Chapelle mesure 15 x 5,60
En 1956, à la suite, je crois, de la chute d'une partie du plafond, les habitants du quartier, soucieux du devenir de leur chapelle, se réunirent avec Mr le Curé de Mortagne Perrault de Launay. Ils décidèrent d'entreprendre les travaux et pour financer ceux-ci, d'organiser des kermesses, tombolas, quêtes.
Pour plus de renseignements, il faudrait contacter Mr Gérard Subileau de St Lazare, qui a été avec les gens du quartier, un membre très actif de cette restauration. Plusieurs habitants ont la clé de l'édifice et se chargent de l'ouverture de la porte.
Mr Maurice Laurentin, architecte à Cholet, fut chargé de prévoir et diriger les travaux. Je rappelle que certains de ses ancêtres avaient habité à St Lazare et que l'un d'eux était maître-maçon à Mortagne. Son frère Francis, était propriétaire de la ferme de la Grange avant sa vente à Henri Roy.
Devant la vétusté du bâtiment, il était nécessaire de refaire à neuf la charpente et la toiture. Jean Payneau et son père, charpentiers, firent ce travail et je fus chargé de la couverture et des travaux intérieurs. Les murs furent recrépis. Des murettes banquettes sont construites de chaque côté avec les pierres données par les constructeurs du premier lotissement du Chaintreau qui en avaient en abondance.
Pour l'autel, on avait remarqué qu'une grande pierre qui servait de marche devant la partie chœur, ressemblait à une table d'autel. Il fut décidé de s'en servir à nouveau en la posant sur des rouleaux en pierre qui servaient à battre les céréales. Des exploitants voisins qui en possédaient, les offrirent. On réunit, c'était un jour d'hiver, où il faisait très froid je me souviens, les hommes robustes du quartier, et après la pose des rouleaux, la lourde pierre d'autel fut mise à sa place. Mr le curé, un homme costaud, fit partie de l'équipe.
Il ne restait plus qu'à la remplacer dans le sol. On aurait pu le faire en plusieurs morceaux, mais il fut décidé d'en chercher une assez grande. Une personne du quartier, originaire d'une ferme de Cholet, près du château de la Tremblaye,
( L'Emonière?) se souvint que dans la cour de ce village, il y avait une pierre qui peut-être pourrait faire l'affaire.
Après visite sur les lieux, en effet, avec un important travail de taille, elle pouvait convenir, mais il fallait d'abord la transporter. La solution fut rapidement trouvée : Mme Landreau de St Lazare, la mère de Michel, née Vigneron, était la cousine de Mr Vigneron un des dirigeants de l'entreprise Chupin-Vigneron, travaux publics et carrières de St Macaire. Il disposait donc du matériel pour ce travail. Elle voyait souvent ce parent qui fut mis à contribution et assura bénévolement ce transport.
Il ne restait plus qu'à tailler ce bloc de granit. C'est mon oncle Henri qui voulut bien s'en charger et fit de son mieux car il n'était pas tailleur de pierres, mais il n'y en avait plus dans le pays. Ce travail effectué, la pierre fut mise en place.
Le vitrail fut refait par Roger Degas, vitrier à Mortagne, les bancs , je ne me souviens plus, mais Gérard Subileau saura bien leur origine.
Lors des travaux de la toiture, j'ai pu voir le panorama à 360 degrés de la région et avec un temps clair, compter les clochers visibles à l'œil nu, si je me souviens bien, c'est une trentaine que l'on distinguait. Au départ de l'ancienne voûte, le mur avait un décrochement qui a été souligné par la pose d'une rangée de pierres sur les conseils de Monsieur Laurentin. Photo prise en 1956 lors de la pose des rouleaux et de la table de l'autel
Avec la grosse canadienne, tout devant, Mr le Curé Perrault de Launay
J'avais consulté pour la généalogie de ma famille, les registres paroissiaux de St Christophe et j'avais trouvé l'acte de mariage, célébré en la chapelle de St Lazare le 9 septembre 1627, de Jean Le Noir escuyer à Bois-Huguet, avec Françoise Le Guay qui, si je me rappelle, était v***e du Seigneur de la Grange, De Vaugiraud.
Ce petit hameau avec sa rue qui d'un côté est en Anjou, et de l'autre en Poitou, est desservi par deux facteurs, les ordures ménagères ramassées par deux services différents, dont les habitants votent en Vendée ou en Maine et Loire, mais qui sont unis pour l'entretien de leur Chapelle."