02/05/2026
Notre intervention :
Aujourd’hui, 1er mai, nous sommes MNCP29 Comité de Chômeurs et Solidaire, dans la rue pour rappeler une vérité simple : le travail ne se limite pas à l’emploi, et la dignité ne doit jamais dépendre d’un contrat.
Nous sommes des millions à vivre la précarité : chômage, temps partiels subis, contrats instables, revenus insuffisants. Pourtant, nous participons pleinement à la société. Nous créons, nous aidons, nous résistons. Et nous refusons d’être invisibles.
Nous dénonçons un système qui culpabilise les chômeurs et les précaires, qui contrôle plutôt qu’il n’accompagne, et qui fragilise toujours davantage celles et ceux qui ont déjà le moins.
Aujourd’hui, de nouvelles menaces pèsent sur nous. Avec les lois dites de lutte contre la fraude, c’est encore la suspicion généralisée qui s’installe. Derrière ces discours, ce sont surtout les plus pauvres qui sont surveillés, contrôlés, sanctionnés.
Avec la future allocation de solidarité unifiée, c’est le risque d’un nivellement par le bas des droits sociaux. Moins de protections, plus de contraintes, et toujours plus d’obligations pour celles et ceux qui peinent déjà à vivre dignement.
Dans le Finistère, ce que nous dénonçons prend une forme concrète et brutale. Les personnes au RSA subissent des contrôles massifs et répétés, avec des exigences toujours plus lourdes : relevés bancaires détaillés, justificatifs pour la moindre dépense, documents parfois impossibles à fournir. En 2025, plus de 3 600 contrôles ont été lancés et plus de 1 000 radiations prononcées, souvent pour absence de réponse ou difficultés à fournir les pièces demandées. Derrière ces chiffres, il y a des vies bouleversées. Des témoignages parlent d’un véritable épuisement, d’un sentiment d’être « mis à nu », d’une pression constante qui pousse certains à renoncer à leurs droits. Des syndicats et collectifs dénoncent même un système qui installe une peur permanente et qui peut s’apparenter à du harcèlement institutionnel. Ce modèle illustre ce que nous refusons : une société où l’on contrôle, soupçonne et sanctionne les plus précaires au lieu de les soutenir.
Encore une fois, on désigne les précaires comme responsables de tous les maux du pays : du chômage à la dette, en passant par les difficultés économiques. C’est une injustice profonde. Ce ne sont pas les plus fragiles qui créent les inégalités, mais les politiques qui entretiennent un capitalisme à bout de souffle.
Nous refusons cette stigmatisation permanente. Nous refusons d’être traités comme des suspects.
Nous revendiquons :
– un revenu décent pour toutes et tous, dans des conditions dignes
– un accès réel et simplifié aux droits sociaux
– la fin des sanctions injustes contre les personnes privées d’emploi
– une protection sociale renforcée, et non affaiblie
– une reconnaissance pleine de toutes les formes de travail, visibles et invisibles
Nous affirmons que la solidarité doit primer sur la compétition, que la justice sociale doit remplacer la suspicion, et que personne ne doit être laissé de côté.
Aujourd’hui, nous ne demandons pas la charité. Nous exigeons le respect, la dignité, et des droits effectifs pour toutes et tous.
Parce qu’une société se juge à la manière dont elle traite les plus précaires, nous continuerons à nous battre. Ensemble.
Solidarité, dignité, justice !