31/07/2026
J'ai bien ri en lisant la conclusion au sujet de l'intérêt des retenues d'eau pour la culture du Maïs 🤣
"Puisque certains considèrent désormais les retenues comme la réponse universelle, construisons-en aussi pour les piscines privées, les golfs, les stations de lavage et les canons à neige."
Le Tarn invente enfin l'agriculture aquatique : du maïs en plein réchauffement, mais avec un très gros tuyau
PARISOT. Face au changement climatique, certains adaptent leurs cultures. D'autres adaptent... la taille des retenues d'eau.
En visite dans le Tarn, le préfet Simon Bertoux a rappelé une idée finalement assez saugrenue : il aimerait éviter que les habitants se retrouvent sans eau potable au mois d'août.
Une ambition presque révolutionnaire.
En face, une partie du monde agricole répond qu'il existe pourtant une solution beaucoup plus simple : construire davantage de réserves pour continuer à produire du maïs semences, l'une des cultures les plus sobres... si l'on fait abstraction des milliers de mètres cubes d'eau qu'elle réclame précisément au moment où il n'y en a plus.
Pourquoi remettre en cause le modèle quand il suffit de construire un barrage supplémentaire ?
Dans le Tarn, le changement climatique est désormais considéré comme une contrainte administrative. On ne cherche plus tellement à savoir quelles cultures auront encore un sens dans vingt ans. On cherche surtout comment continuer exactement comme avant, avec davantage d'infrastructures.
Le raisonnement est limpide :
— il fait plus chaud ;
— les étés sont plus longs ;
— les sécheresses sont plus fréquentes ;
— les nappes souffrent ;
Conclusion : cultivons davantage de plantes qui demandent énormément d'eau en plein été.
C'est un peu comme installer un sauna dans une maison qui brûle, puis réclamer un camion-citerne plus gros.
Le plus étonnant reste cette étrange inversion des responsabilités. À écouter certains discours, ce ne serait pas le choix des cultures qui poserait problème, mais l'eau qui aurait l'indélicatesse de manquer.
Le climat est prié de revoir son planning.
La pluie est invitée à tomber davantage entre juin et août.
Et si elle refuse, l'État n'a qu'à creuser.
Pendant ce temps-là, les habitants observent discrètement leurs robinets. Parce qu'au bout d'un moment, une question finit par traverser tous les esprits : les réserves d'eau doivent-elles servir en priorité à alimenter les villages... ou à maintenir coûte que coûte un modèle agricole pensé pour le climat des années 1980 ?
Le préfet, lui, semble avoir une priorité étrange : que les Tarnais puissent encore boire cet été.
Il est vrai qu'on manque parfois d'ambition.
Au Sidobre Enchaîné, nous proposons donc un compromis. Puisque certains considèrent désormais les retenues comme la réponse universelle, construisons-en aussi pour les piscines privées, les golfs, les stations de lavage et les canons à neige. Tant qu'à confondre adaptation au changement climatique et stockage massif d'eau, autant aller jusqu'au bout de la logique.
Après tout, si le thermomètre continue de grimper, ce n'est sûrement pas le maïs qui devra s'adapter.
C'est probablement la planète.