31/08/2026
« L’actionnaire sort par la petite porte, nous on sortira par la grande ! »
Chez Marionnaud, un nouveau repreneur et des inquiétudes sur l’emploi.
Le rachat de l’enseigne de parfumerie a été annoncé aux salarié·es en plein coeur de l’été, pour une mise en oeuvre effective le 7 septembre.
Face à ce bouleversement qui arrive sans aucune garantie sur l’emploi et avec un calendrier à marche forcée, les salarié·es ont répondu par un puissant mouvement de grève intersyndical. Chez Marionnaud, cette union a su arracher des avancées sociales par le passé. L’unité par la base est solide et promet un mouvement largement suivi.
« Beaucoup de magasins sont fermés dans toute la France, c’est l’acte 1 et il y en aura d’autres » nous dit Maryline, 20 ans de boîte en tant que conseillère make-up. Dans son département du Val d’Oise, les trois magasins sont fermés ce lundi matin. C’est le cas un peu partout dans le pays.
À cause d’années de mauvaise gestion par la direction, de nombreux magasins ne sont presque plus rentables, vétustes, ou en fin de bail. Sans engagement écrit par la direction ou le repreneur sur la continuité de l’activité, peu de suspens quant à l’avenir des quelques 2635 salarié·es.
« On parle de 2365 vies. Certaines ont consacré 10, 20 ans ou plus à cette boîte. Elles ont donné leur jeunesse à Marionnaud. Ils sont en train de parler de cession, d’acquisition, de financement de millions d’euros. Les salariées se posent une question beaucoup plus simple : est-ce que demain j’aurai toujours mon travail ? »
Cette sortie de l’actionnaire par la petite porte est la conclusion d’années de mépris des salariées qui ont fait la richesse de la boîte. « Avant on avait du temps à consacrer aux clientes. Ensuite avec la suppression de certains postes, on nous a demandé d’être polyvalentes, de faire de la vente, du stock, du nettoyage. » Maryline fustige un manque de reconnaissance, mais aussi de nombreux risques psychosociaux et de fatigue physique comme de nombreux métiers du commerce et des services.
Face à la fermeture possible de nombreuses enseignes, les salariées demandent 36 mois de garantie d’emploi, une prime de rachat, et une enveloppe d’indemnisation supralégale pour les licenciements à venir. Tout cela, elles le demandent par écrit, ce que la direction et le racheteur refusent pour le moment.�« Indice de vente, panier moyen, pendant des années vous nous avez objectivées. Aujourd’hui c’est à notre tour de vous objectiver. Ce que nous demandons n’est pas un cadeau, c’est la reconnaissance de toutes ces années d’engagement. »