21/09/2026
Ils sont environ 4 000 ce dimanche après-midi dans les rues de Montpellier contre le « permis de tuer ». La marche répond à l’appel national lancé par le collectif Stop aux violences d’État (SAVE), le Comité Vérité pour Adama, la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty International France, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France et Flagrant Déni.
En cause, la proposition de loi du député LR Éric Pauget, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 7 juillet par 313 voix contre 199, avec le soutien du gouvernement. Le texte prévoit que les policiers et genda**es qui font usage de leur a**e sont présumés avoir agi dans un cas autorisé par la loi. La présomption est simple, donc théoriquement renversable, mais elle déplace la charge de la preuve du côté des victimes et de leurs proches. L’idée a de la bouteille : une proposition du même ordre avait été déposée en 2007 par Jean-Marie Le Pen. Quant à la pétition contre le texte, ses 730 000 signatures n’auront pas suffi à obtenir un débat à l’Assemblée.
Livia Jampy, militante de La France insoumise et élue d’opposition au conseil municipal, aligne les chiffres au micro : « En 2024, 54 personnes sont mortes après une intervention de la police, dont 24 par b***e. Ils étaient 50 en 2023. » Depuis la loi de 2017 sur l’usage des a**es, le nombre de morts aux mains de la police aurait selon elle été multiplié par cinq. « Ce sera désormais aux familles endeuillées d’avoir le courage de faire les démarches pour prouver » que le tir était illégal, poursuit-elle, avant de résumer : « Jean-Marie Le Pen en rêvait, la macronie l’a fait. » Et d’y voir « une justice à deux vitesses, une pour ceux qui tirent, l’autre pour ceux qui meurent ».
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