02/05/2026
En Iran, la population est prise au piège. Une répression sanglante du régime iranien contre son propre peuple. Et un conflit régional qui a déjà coûté la vie à des milliers d’Iraniens.
Malgré le cessez-le-feu actuel entre les États-Unis et l’Iran, la situation demeure fragile et temporaire, menaçant la vie de millions de civil·es. Nous appelons à un cessez-le-feu durable dans la région.
Depuis des années, nous documentons, nous alertons et dénonçons les crimes commis en Iran. Il est temps que l’impunité cesse.
En Iran, la répression est sanglante. Depuis des décennies, la société iranienne est maintenue sous le contrôle strict du régime des Mollahs. Les autorités iraniennes ne reculent devant rien pour faire taire celles et ceux qui se lèvent pour leurs droits et réclament la fin de décennies d’oppression.
Face aux graves violations contre les droits humains dont sont victimes les Iranien·nes dans le pays, Amnesty International se mobilise depuis de nombreuses années. Sur place, notre équipe récolte des preuves, recueille des témoignages, et compile des informations cruciales pour documenter ces crimes.
À travers ces enquêtes approfondies, nous portons la voix de celles et ceux que l’on tente de faire taire. Notre objectif est clair : nommer les crimes, dénoncer les responsables et alerter la communauté internationale afin que l’impunité cesse dans le pays et que les auteurs de ces crimes soient poursuivis en justice.
À chaque contestation, une répression meurtrière
Depuis des décennies, le mécontentement ne cesse de croître en Iran. Face au chômage, à l’inflation ou aux lois liberticides, comme sur le port du voile, des mouvements de contestation d’ampleur secouent le pays. La réponse des autorités est systématique : violence et répression.
« Femme. Vie. Liberté » : la révolution des Iraniennes
En 2022, l’Iran connait un mouvement de contestation inédit, largement porté par les femmes iraniennes et réprimé dans le sang.
La mobilisation est déclenchée par le meurtre de Jina Mahsa Amini par la police des mœurs pour non-port du voile le 13 septembre 2022. Elle devient le symbole de l’oppression des femmes et de la brutalité du régime. Arrestations massives, tirs à balles réelles, torture, exécutions : pour étouffer le mouvement, les autorités commettent des crimes relevant du droit international.
Traquées et harcelées : les femmes et les filles dans le viseur
Après les soulèvements « Femme. Vie. Liberté », les autorités iraniennes usent de toutes les méthodes pour étouffer le mouvement et renforcer la traque contre les femmes :
La surveillance contre les femmes et les filles est généralisée dans l’espace public : refus d’accès aux transports et services bancaires, contrôles de police massifs dans les rues, cours de moralité, poursuites judiciaires…
Des lois liberticides et répressives ont été promulguées à la suite des soulèvements. Le 20 septembre 2023, un projet de loi adopté par le parlement prévoit jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour celles qui défient le port du voile.
En 2025, les commémorations autour de la journée internationale pour les droits des femmes le 8 mars ont été réprimées : des personnes sont soumises à des détentions arbitraires, à des peines de flagellation, à des poursuites judiciaires.
Le tournant : l’ampleur des massacres de janvier 2026
Le 28 décembre 2025, de nouvelles manifestations d’ampleur éclatent en Iran. La répression est à nouveau sanglante, et l’horreur semble repousser ses propres limites. L’ampleur des massacres perpétrés est inédite : en 48h, les 8 et 9 janvier 2026, des milliers de personnes sont tuées par les forces de sécurité. Des milliers d’autres sont arrêtées et détenues arbitrairement. Pour camoufler leurs crimes, les autorités coupent tout accès à internet.
20 000! C’est le nombre de personnes qui auraient été tuées durant les manifestations de janvier 2026 selon Mai Sato, rapportrice spéciale sur la situation des droits de l’homme en Iran.
Meurtres, exécutions, restrictions d’accès à internet, arrestations massives… Les méthodes employées par les autorités pour étouffer le mouvement de contestation sont les mêmes que celles qui avaient été employées par les autorités durant les manifestations « Femme. Vie. Liberté ».
La peine de mort comme arme de dissuasion
En 2024, l’Iran compte parmi les trois pays qui exécutent le plus. Un an après, le recours à la peine de mort atteint des sommets, avec plus de 1 300 personnes exécutées entre janvier et octobre 2025 seulement. Un record, sur ces 30 dernières années.
La guerre des autorités contre la drogue
Les prisonniers exécutés sont, pour la plupart, des prisonniers de droit commun. Néanmoins, la peine de mort est aussi utilisée pour réprimer l’opposition. Durant les soulèvements “Femme. Vie. Liberté”, les autorités ont exécuté 11 personnes en lien avec les mouvements.
Il s’appelait Mohsen Shekari. Il avait 23 ans. Comme des milliers d’Iraniennes et d’Iraniens, il avait pris part au soulèvement « Femme. Vie. Liberté ». Le 8 décembre 2022, seulement quelques mois après le début de la mobilisation, Mohsen Shekari a été exécuté à Téhéran après un simulacre de procès.
Plus récemment, à la suite des manifestations de janvier 2026, ce sont 19 personnes qui ont été exécutées entre le 30 mars et le 30 avril 2026.
saleh mohammadi, exécuté à seulement 19 ans:Il avait participé aux manifestations de janvier 2026 en Iran. Le jeudi 19 mars 2026, il est exécuté par les autorités iraniennes. Saleh n’avait que 19 ans. Il avait été condamné à la peine capitale seulement quelques semaines plus tôt le 4 février 2026, sur la base d’aveux forcés et à la suite d’un procès expéditif. Comme lui, deux autres personnes ont été exécutées le même jour : Mehdi Ghasemi et Saeed Davoudi.
En Iran, la population est prise au piège. Une répression sanglante du régime iranien contre son propre peuple. Et un conflit régional qui a déjà coûté la vie à des milliers d’Iraniens.
Malgré le cessez-le-feu actuel entre les États-Unis et l’Iran, la situation demeure fragile et temporaire, menaçant la vie de millions de civil·es. Nous appelons à un cessez-le-feu durable dans la région.
Depuis des années, nous documentons, nous alertons et dénonçons les crimes commis en Iran. Il est temps que l’impunité cesse.
En Iran, la répression est sanglante. Depuis des décennies, la société iranienne est maintenue sous le contrôle strict du régime des Mollahs. Les autorités iraniennes ne reculent devant rien pour faire taire celles et ceux qui se lèvent pour leurs droits et réclament la fin de décennies d’oppression.
Face aux graves violations contre les droits humains dont sont victimes les Iranien·nes dans le pays, Amnesty International se mobilise depuis de nombreuses années. Sur place, notre équipe récolte des preuves, recueille des témoignages, et compile des informations cruciales pour documenter ces crimes.
À travers ces enquêtes approfondies, nous portons la voix de celles et ceux que l’on tente de faire taire. Notre objectif est clair : nommer les crimes, dénoncer les responsables et alerter la communauté internationale afin que l’impunité cesse dans le pays et que les auteurs de ces crimes soient poursuivis en justice.
Retrouvez dans ce dossier toutes les enquêtes d’Amnesty International en Iran.
exigez la fin de l'impunité en iran !
Malgré les nombreuses condamnations internationales prononcées contre les autorités iraniennes, les actions répressives se poursuivent et l’impunité perdure. Vous aussi mobilisez-vous, en appelant les autorités françaises à intervenir dans la crise d’impunité qui gangrène l’Iran.
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À chaque contestation, une répression meurtrière
Depuis des décennies, le mécontentement ne cesse de croître en Iran. Face au chômage, à l’inflation ou aux lois liberticides, comme sur le port du voile, des mouvements de contestation d’ampleur secouent le pays. La réponse des autorités est systématique : violence et répression.
« Femme. Vie. Liberté » : la révolution des Iraniennes
En 2022, l’Iran connait un mouvement de contestation inédit, largement porté par les femmes iraniennes et réprimé dans le sang.
La mobilisation est déclenchée par le meurtre de Jina Mahsa Amini par la police des mœurs pour non-port du voile le 13 septembre 2022. Elle devient le symbole de l’oppression des femmes et de la brutalité du régime. Arrestations massives, tirs à balles réelles, torture, exécutions : pour étouffer le mouvement, les autorités commettent des crimes relevant du droit international.
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La surveillance contre les femmes et les filles est généralisée dans l’espace public : refus d’accès aux transports et services bancaires, contrôles de police massifs dans les rues, cours de moralité, poursuites judiciaires…
Des lois liberticides et répressives ont été promulguées à la suite des soulèvements. Le 20 septembre 2023, un projet de loi adopté par le parlement prévoit jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour celles qui défient le port du voile.
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20 000
C’est le nombre de personnes qui auraient été tuées durant les manifestations de janvier 2026 selon Mai Sato, rapportrice spéciale sur la situation des droits de l’homme en Iran.
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Les prisonniers exécutés sont, pour la plupart, des prisonniers de droit commun. Néanmoins, la peine de mort est aussi utilisée pour réprimer l’opposition. Durant les soulèvements “Femme. Vie. Liberté”, les autorités ont exécuté 11 personnes en lien avec les mouvements.
mohsen shekaru, exécuté pour avoir manifesté
Il s’appelait Mohsen Shekari. Il avait 23 ans. Comme des milliers d’Iraniennes et d’Iraniens, il avait pris part au soulèvement « Femme. Vie. Liberté ». Le 8 décembre 2022, seulement quelques mois après le début de la mobilisation, Mohsen Shekari a été exécuté à Téhéran après un simulacre de procès.
Plus récemment, à la suite des manifestations de janvier 2026, ce sont 19 personnes qui ont été exécutées entre le 30 mars et le 30 avril 2026.
saleh mohammadi, exécuté à seulement 19 ans
Il avait participé aux manifestations de janvier 2026 en Iran. Le jeudi 19 mars 2026, il est exécuté par les autorités iraniennes. Saleh n’avait que 19 ans. Il avait été condamné à la peine capitale seulement quelques semaines plus tôt le 4 février 2026, sur la base d’aveux forcés et à la suite d’un procès expéditif. Comme lui, deux autres personnes ont été exécutées le même jour : Mehdi Ghasemi et Saeed Davoudi.
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La double peine : après la répression, les bombes
En Iran, la population fait face à une double violence. Au-delà de la répression meurtrière en interne qualifiée par l’ONU de crime contre l’humanité, les Iranien·nes font désormais face aux bombes. Depuis le 28 février 2026 et l’attaque illégale menée par les États-Unis, le conflit régional expose les civil·es à des crimes de guerre.
1 100
personnes, au moins, ont été tuées en Iran durant la guerre des 12 jours
3 375
personnes au moins ont été tuées en Iran (dont 383 enfants) entre le 28 février et le 7 avril 2026
25 000
personnes au moins ont été blessées en Iran dans le cadre de la guerre déclenchée le 28 février 2026
Conflit au Moyen-Orient : les civil·es en première ligne
Depuis la guerre des “12 jours” en juin 2025, nous documentons de graves violations du droit international humanitaire commis contre la population iranienne par les armées américaines et israéliennes dans le pays :
Durant la guerre des “12 jours”, les frappes aériennes délibérées menées par Israël contre la prison d’Evin ont coûté la vie à au moins 80 civil·es. Notre enquête indépendante a conclu à une grave violation du droit international humanitaire et appelle à la mise en place d’une enquête pour crime de guerre
Depuis le 28 février 2026, les attaques américaines et israéliennes ont causé des dommages immenses aux infrastructures civiles telles que les écoles, les centres médicaux, ou les infrastructures énergétiques. Entre le 28 février et le 7 avril 2026, plusieurs milliers d’Iranien·nes ont perdu la vie.
À Minab, une école a été délibérément ciblée par l’armée américaine le 28 février 2026, causant la mort d’au moins 156 décès parmi la population civile, dont 120 écoliers. Une grave violation du droit international humanitaire que nous avons dénoncé dans le cadre d’une enquête approfondie
Quelques heures avant le cessez-le-feu du 7 avril 2026, le président américain Donald Trump a menacé de commettre des crimes de guerre voire un génocide en menaçant d’anéantir « toute une civilisation » en Iran. Le 23 avril 2026, le ministre israélien de la Défense Israel Katz, menaçait aussi de renvoyer l’Iran à « l’âge de pierre » malgré le cessez-le-feu.
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La guerre au service de la répression
Loin d’atténuer la répression interne, les hostilités dans la région servent de levier aux autorités iraniennes pour renforcer encore la traque contre l’opposition dans le pays :
En juin 2025, à la suite de la « guerre des 12 jours », les forces de l’ordre ont multiplié les arrestations et exécutions arbitraires. Sous couvert de sécurité nationale, les autorités ont instauré un véritable climat de peur et de torture pour traquer la dissidence.
À la suite des attaques israéliennes et américaines le 28 février 2026, les autorités iraniennes ont encore intensifié la répression : déploiement massif de patrouilles armées dans les rues, coupure d’internet dans tout le pays, arrestations arbitraires et nouvelles exécutions sommaires. L’opposition a été assimilée à des « ennemis intérieurs » ou des « terroristes » par les autorités, et menacée de mort.
Si les autorités iraniennes jouissent d’une telle impunité depuis des décennies, c’est en grande partie à cause de la Constitution du pays et de la concentration des pouvoirs.
La Constitution iranienne autorise et encadre les discriminations fondées sur le sexe, la religion ou les opinions politiques, tout en excluant les minorités des postes de pouvoir. Le texte prive également les citoyens de droits fondamentaux (s’exprimer librement, participer à la vie publique, ou manifester pacifiquement) et permet même le recours aux armes à feu pour disperser les manifestations.
En Iran, le pouvoir est aussi concentré dans les mêmes mains : le système judiciaire et les forces de sécurité sont tous deux placés sous l’autorité du guide suprême, ce qui rend toute perspective de justice quasi inexistante pour la population.
Dans ce contexte, la société civile iranienne appelle depuis des années à une réforme profonde de la Constitution afin de mettre fin à l’impunité du régime.
Nous devons résister au côté du peuple iranien et porter sa voix. Depuis des années, nous récoltons des preuves, nous documentons, et nous dénonçons les crimes commis en Iran :
Nous nous sommes mobilisés en faveur de la création d’une mission chargée d’enquêter sur les violations des droits humains liées aux manifestations en Iran. Une décision forte, finalement prise par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU le 24 novembre 2022.
Depuis les soulèvements « Femme. Vie. Liberté. », nous appelons par ailleurs les autorités françaises à intervenir dans le cadre de la crise d’impunité qui gangrène l’Iran. Nous avons aussi activement œuvré pour la libération de personnes emprisonnées ou menacées de condamnation à mort
À la suite des violences inédites lors des manifestations de janvier 2026, nous avons également appelé le Président Emmanuel Macron à faire pression sur les autorités iraniennes pour que les massacres contre les manifestant·es cessent. Nous appelions aussi à la libération des milliers de personnes arrêtées lors des manifestations ainsi qu’à lever les condamnations à mort pesant sur des manifestants, dont deux mineurs.
Depuis le 29 avril 2026, nous appelons également à un cessez-le-feu durable dans la région du Moyen-Orient, alors que la guerre a fait des milliers de victimes en Iran.
rejoignez la mobilisation !
En France, vous êtes plus de 84 000 personnes à soutenir nos demandes adressées aux autorités françaises afin que l’impunité cesse en Iran et plus de 29 000 personnes à exiger que les massacres cessent dans le cadre des manifestations de janvier. Cette mobilisation est plus que jamais cruciale : nous devons continuer d’agir, pour que le monde ne détourne pas le regard. Vous aussi, résistez aux côtés des Iranien·nes !