08/03/2026
Pazuzu : du grand écran aux sables de Mésopotamie
Le mythe moderne :
Dans l'imaginaire collectif, Pazuzu est indissociable du film L’Exorciste (1973). On se souvient de la silhouette de sa statuette se découpant contre le soleil du désert en Irak au début du film, instaurant un climat d'effroi. Le cinéma en a fait une entité purement maléfique, un "diable" cherchant à corrompre l'innocence. Hollywood l'a déraciné de son contexte pour en faire un démon possesseur. Avec ses quatre ailes, ses serres et son visage grimaçant, Pazuzu cochait toutes les cases du "monstre". Mais l'archéologie nous raconte une histoire plus nuancée...
La réalité historique :
Pour un Assyrien du VIIIe siècle av. J.-C., Pazuzu n'est pas celui qui possède, mais celui qui expulse. C'est un démon "apotropaïque" (qui détourne le mal). Son rôle principal est de terrifier la démone Lamashtu. Cette dernière était accusée de voler les nouveau-nés et de provoquer des fausses couches. En plaçant une effigie de Pazuzu (souvent juste sa tête) dans une chambre, on signifiait à Lamashtu : "Si tu entres ici, tu auras affaire au Roi des Vents du Sud-Ouest." Bien qu'il puisse apporter la peste ou la famine par ses vents brûlants, il est celui qu'on "amadoue" par des rituels pour qu'il devienne un bouclier pour combattre la tragédie (la mortalité infantile).
Photos :
L’Exorciste (1973) DR
Amulette avec le démon Pazuzu. Néo-Assyrien, 681-627 av. J.-C. Chalcédoine. (Photo : Collection privée, Royaume-Uni)