21/08/2026
Le style upanishadique, suite
La dualité est ce que je crois. L’unité ce que je sais. Ce que je suis, dirait Descartes. L’esprit conditionné incapable de discrimination (symbolisée par Rudra, Yama, Ishvara…) défend le mensonge comme le chien battu défend son maître. C’est pourquoi le hatha yoga nous fait incarner le chien. Pour nous inviter à méditer sur le ciel et la terre, l’air et la matière, c’est à dire la vérité et la croyance. Mais qui comprend cela ? Qui s’y intéresse ? On préfère pratiquer aveuglément en attendant un éveil auquel on ne croit pas vraiment. En état de nidrâ, de sommeil de la raison, l’esprit anesthésié se complaît au cœur de son conditionnement. Il y trouve ses repères. Défendra l’illusion bec et ongles, plutôt que déconstruire le mensonge qui l’habite.
Discernement, discrimination, perspicacité, logique, … cette même logique fut la première voie spirituelle de Krishnamacharya, tarka. L’un des 6 darshanas, le nyaya, repose exclusivement sur la logique. Le sens de lien qu’on donne au yoga, est cette logique, cette vision de la réalité affranchie de croyances.
C’est ce que répètent les upanishads et autres contes. Réfléchis, regarde de plus près. Apparaît alors une réalité unique. Non duelle. Le danger est l’entre-deux. L’hypocrite mansuétude qui nous fait pardonner l’infâme, espérer l’impossible et protéger les ténèbres. Le terme hatha yoga, union du soleil et de la lune, exprime la fin de la dualité. Connaissance de la vérité et vision du caché.
Hari om