Ploggathon

Itinéraire Site Web

Ploggathon est une association sportive et artistique pour la préservation du monde Vivant 🌱🐆🌞🌏

Organisateur : Ultra Back To Life 2025 :
https://www.helloasso.com/associations/abundita/evenements/ultra-back-to-life-ubtl-2

08/05/2026

Retour d'expérience ZeOff Trail dans les Monts du Pilat. En deux mots : super génial.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le concept, ZeOff c'est un événement de course à pied sans dossard, sans chrono, sans classement, en petit comité d'une cinquantaine de participants. Une trace pour traverser et découvrir un massif, un balisage et un ravitaillement minimalistes, une étape camping tous ensemble et dans cette édition un ciné-débat autour de la question "comment performer durablement ?" que je venais animer avec les copains Climatosportifs

C'était une interstice dans la Transfruitière. J'avais enchaîné 500 km d'ultra cyclo les quatre jours précédents. Je suis arrivé déjà fumé comme un saumon, les cuisseaux déjà bien rôtis, mais c'était sans compter sur ce qui m'attendait.

Le samedi, 45 km et 2200m de dénivelé dans un environnement technique et majestueux. Il y a eu du temps pour tout. Pour courir, pour échanger, pour admirer, avec des personnes curieuses de l'engagement et du minimalisme. Des conversations vraies au milieu des Monts du Pilat, entre deux montées et pierriers.

Le soir, le ciné-débat a réuni l'ensemble des participants. Attentifs, participatifs, réceptifs. Pour une bonne partie déjà dans la démarche d'une pratique alternative et plus responsable. J'ai eu de bons retours sur le film "100 Marathons vus du cœur" le lendemain, même auprès de coureurs qui avaient des a priori. C'est l'œuvre de mon ami Nicolas Vandenelsken et de l'association Uni-Vert Sport dont je suis également membre.

Le dimanche, le réveil a un peu piqué. 35 km et 1200m de dénivelé au menu. Malgré la fatigue, et après un petit-déjeuner trop gourmand pour ma part, un joli groupe s'est entraîné sur un rythme qui n'avait rien de touristique. Encore une fois, la trace et le panorama étaient remarquables. J'ai fini en bastonnant dans la descente pour suivre Walid, un nouvel ami rencontré sur les sentiers. J'en ai profité pour montrer que les sandales passaient partout et mettre en avant des pieds qui respirent. Pas de chrono, mais au final je me suis quand même dépassé et fait plus que plaisir. J'ai eu les cuisses fumées pendant deux jours.

Ça m'a fait un bien fou de voir et d'expérimenter une alternative au tout-chrono sans devoir en être l'organisateur. Une belle initiative portée par de vrais humains, qui mérite d'exister et de grandir.

Merci à toute l'équipe ZeOff pour l'accueil et l'orga, et à très vite sur les sentiers.

Merci WISE et Salanqa sandales de m'accompagner pour performer durablement et aux climatosportifs de me permettre de l'incarner sur le terrain.

Clément

24/04/2026
Rendez vous du printemps pour finaliser le chantier des mares creusés pendant l'UBTL 🫶🐦💦
17/03/2026

Rendez vous du printemps pour finaliser le chantier des mares creusés pendant l'UBTL 🫶🐦💦

🌿 Envie de nature et d’action concrète ? 🐸

Rejoignez-nous à Saint Siméon de Bressieux pour un moment convivial et engagé autour de la biodiversité !

📍 Rendez-vous au Verger Citoyen (à côté du City Stade)
🗓 Samedi 21 mars à 9h00

👉 Objectif : finaliser la création de mares sur notre territoire 💧

💬 Vous êtes :

curieux de découvrir cet écosystème ?

fascinés par les mares naturelles ?

motivés pour donner un coup de main ?

➡️ Alors cet événement est fait pour vous !

🛠 Si vous le pouvez, apportez vos outils : seaux, bêches, pelles, fourches-bêches…

🥗 Un repas partagé est prévu le midi (pensez à votre pique-nique)

🌱 Vous avez une mare ?
Amenez un peu d’eau ou de végétaux pour enrichir la biodiversité de la nouvelle mare !

⚠️ Événement reporté en cas de mauvais temps

💚 Un moment collectif, utile et accessible à tous — venez nombreux !

Samedi 14 février 2026 - La Course de la Seconde Vie Réveil matinal, la nuit fut correcte. C'est l'heure de célébrer l'a...
27/02/2026

Samedi 14 février 2026 - La Course de la Seconde Vie

Réveil matinal, la nuit fut correcte. C'est l'heure de célébrer l'amour du sport sobre en cette Saint-Valentin. Mais bo**el, j'ai mal au pied. Cette fois, je ne vais pas pouvoir faire semblant de ne pas l'entendre. La douleur est là dès le matin, comme une puissante lance sous cette voûte plantaire gauche. Je n'ai pas le courage d'aller à la do**he froide. Je ne me prépare pas de jus, simplement du Spirtonic à l'eau de mer et au citron. La potion magique suffira pour aujourd'hui. Zelda m'a même préparé un milk-shake fruité et m'emmène au départ. J'ai faim avant même la course alors je mange.

Je suis plutôt en avance, pas comme Louca qui manque de rater le départ. Ce n'est pas ce qui doit être fait, mais je dépose avant l'ouverture un sac d'objets à la Ressourcerie du L*z. J’ai profité de l’occasion pour donner quelques affaires qui ne servent plus. Il est 9h passé quand je prends la route pour sortir de Prades-le-L*z en direction de la Désencombrerie de Grabels. La douleur est directement présente. J'ai mal, j'ai faim. Je mange. Je profite du full soutien de Louca.

Nous nous perdons dans les vallons de Montferrier-sur-L*z. La douleur s'intensifie rapidement et se transfère plus haut, derrière le genou, à hauteur de la hanche. Vraiment, ce début de journée est chaotique. 9 km en deux heures. La journée pourrait bien être très longue, je lâche prise sur l’objectif sportif. On est là avant tout pour les solutions, pas pour la performance. Le passage à la Désencombrerie est avorté. Itinéraire raté, re**rd temporel. Heureusement, personne ne nous y attendait.

Néanmoins, nous devrions trouver du monde, enfin au moins Florestan, au point de ralliement suivant. C'est le Repair Café. Il est malheureusement fermé ce jour, mais je tiens à passer devant quand même. Pour moi, c'est un maillon essentiel de la seconde vie. L'endroit où l'on partage des connaissances, du savoir, du lien social en même temps que l'on répare ses objets. Ces espaces incarnent le monde de demain tel que nous devons le concevoir si l'on veut sortir de notre dépendance à l'extraction de ressources. Sa localisation au sud de Montpellier n'est néanmoins pas la plus optimale pour favoriser son expansion.

Ça me ramène à la question : pourquoi on court aujourd'hui ? Pour la seconde vie de nos objets. 70 000 tonnes d'objets sont jetés chaque année en France. Ces objets qui pourraient continuer de vivre grâce aux 3 R : Réparer, Recycler, Réemployer.

Les ressourceries, les recycleries, ce sont des espaces où donner ce qui ne nous sert plus mais qui fonctionne encore, ou même ce qui peut être réparé. Certaines organisent des ateliers collectifs de réparation, une merveilleuse solution pour redonner vie à nos objets. C'est aussi l'occasion de rencontrer ces formidables réparateurs, ces bricolos qui savent tout faire. Je suis si admiratif de ces gens. Je suis plus que débutant en la matière. Un jour peut-être, si j'arrête de courir pour vous dire de le faire, je deviendrai expert bricolage.

En attendant, je continue de courir pour vous montrer que recycler, donner, réparer ce qui peut l'être et faire tourner ces objets pour économiser sur la production de neuf, c'est une bonne affaire à tous les niveaux. T'imagines les économies en ressources ? Une dinguerie. Réparer un objet plutôt que le remplacer, c'est jusqu'à -90% d'émissions de CO2. 90% des équipements pourraient être réemployés au lieu d'être jetés. Bref, je dois continuer de courir pour la seconde vie.

Sur notre route se présentent des passages extrêmes sur les voies rapides des véhicules motorisés. C'est un aspect de la course et de celles-ci en particulier. Lorsqu'il s'agit de tour de métropole, il y a forcément, ou du moins généralement, des passages sérieux où ça roule, où la circulation demande de l'attention. C'est clairement un aspect majeur de la course dans ces instants. Ce n'est clairement pas ce que je préfère. Je n'ai absolument pas l'intention d'en faire une spécialité, mais ça a le mérite d'être original, différent. Cela se ressent par la demande d’énergie de concentration comme c'est souvent le cas en cyclisme sur route avec du trafic.

De retour en ville, nous croisons un magnifique dalmatien. En parallèle, nous faisons des images supplémentaires avec les composteurs de quartier et une pub de la Métropole pour le compost sur un panneau JCDecaux dont je trouve enfin l'utilité.

Oranges, oranges, mandarines et viennoiseries. Je mange aussi des fruits secs et la pâte de coing du jardin faite par nos soins. Cette dernière fait du bien au moral que je ne suis pas prêt à perdre malgré la douleur. Louca m'entretient, et à ce niveau je sens que ça va vraiment bien. Je transforme ça en occasion de m'entraîner à la résistance à la douleur. Je n'avais pas programmé cet entraînement, mais dès lors que je l'accepte, il est plus facile. J'ai eu jusqu'à bien mal derrière le genou. La pointe sous le pied continuant à lancer en permanence, j’accepte de marcher tranquillement.

Nous arrivons du côté des Arceaux, où chaque mois se tient la Gratiferia : un temps et un espace de don et d'échange des objets. Je retire de l’argent, je suis les directives de mon caméraman qui a des idées d’images percutantes. Pendant un instant, j'oublie les douleurs. Je relâche l'idée de faire absolument 50 km aujourd'hui. L'important, c'est la seconde vie de nos objets.

Dans le centre, les ressourceries sont nombreuses, on compte 6 points pour l’association emblématique Gammes. Nous en identifierons deux de fermées, la gaminerie et Artex, mais la troisième est ouverte et tenue par des bénévoles en ce samedi midi. Ils ne sont pas vraiment disponibles alors nous visitons la boutique à notre guise. Louca ressort ses idées loufoques et nous voilà en train de faire un tournage clandestin dans la ressourcerie. Vison, lunettes de soleil et liasse de billets. Je joue à l'homme qui se sent riche en faisant ses achats de seconde main avec un style on ne peut plus cocasse. L'objectif "s'amuser" est clairement accompli. Le temps a défilé si vite que nous sommes désormais en re**rd pour le rendez-vous du Repair Café et celui-ci est beaucoup plus loin qu'imaginé. Je sais que Florestan nous y rejoint. Je lui laisse un mot pour le prévenir et nous partons en sa direction.

Sur la route, nous sommes rejoints par la merveilleuse Sophie. C'est toujours un plaisir et quand même spécial de la retrouver. Bon nombre de mes accomplissements sont le fruit de son travail de l'ombre. Une part que je mesure d'autant plus depuis que nous ne collaborons plus ni dans la vie, ni dans les projets. Elle apparaît en même temps que le soleil et juste après cette Fiat Panda jaune pimpante devant laquelle nous faisons quelques photos stars. Cet enchaînement - légèreté dans la ressourcerie, panda, Sophie, soleil - me redonne instantanément la pêche. Je n'ai plus vraiment mal derrière le genou et avance plus facilement. Nous retrouvons Florestan. La troupe s'agrandit avec nos deux nouveaux cyclistes. J'ai maintenant une belle escorte de vélos.

Nous allons jusqu'au Repair Café Montpellier. Il est fermé en ce samedi, mais je tiens particulièrement à ce que nous passions devant ce repère incontournable de la seconde vie. Pour moi, c'est un maillon essentiel. Le Repair Café, c'est l'endroit où l'on partage des connaissances, du savoir, du lien social en même temps que l'on répare ses objets. Ces espaces incarnent le monde de demain tel que nous devons le concevoir si l'on veut sortir de notre dépendance à l'extraction de ressources. Sa localisation au sud de Montpellier n'est néanmoins pas la plus optimale pour favoriser son expansion.

Je repars escorté de mes trois vélos en direction de Port Marianne et d'Alentours Bio. Pas de réparation dans cette épicerie, mais un ravito qui nous attend. Il est 14h30 et il commence à se faire un petit peu faim. Les jolis fruits frais et secs nous régalent. L'équipe nous accueille chaleureusement et nous informe que l'ouverture se passe à merveille depuis notre première visite juste après l'ouverture et la Course du Réemploi. C'est un point de rendez-vous stratégique où Dany vient nous rejoindre et complète l'équipe de C.L.O.P.E. venue massivement soutenir ces deux courses engagées. C'est aussi le moment choisi pour Camille et Roxane des Climatosportifs de nous rejoindre. Je viens juste de rejoindre cette association de sportifs regroupés pour porter les couleurs du sport sobre. Je suis très enthousiaste d’avoir rejoint ce collectif et ravi de rencontrer une des capitaines en la personne de Camille.

On repart en étant 4 à courir, toujours escortés par nos 3 vélos, et un soleil radieux qui donne le moral. Nous partons pour une boucle plaisir le long du L*z avant de revenir par le centre pour aller du côté des ateliers de réparation vélo. Je n'ai plus mal derrière la jambe. Je mets un peu plus de rythme, les fruits du ravito font leur effet. Cet après-midi ensoleillé contraste vraiment avec la veille. C'est amusant de voir comment la situation s'est inversée en 24h. Je suis passé de "tout le monde s'en va avec la pluie qui arrive" à "tout le monde me rejoint avec le soleil". Qu'importe la météo, je continue d'avancer. Camille et Roxane se sont motivées pour faire 14 km pour honorer le 14 du mois et de la Saint-Valentin.

De mon côté, je ramasse les petites fleurs que je croise et les mets sur mon sac de trail Sherpa Wise qui en plus d’être un excellent outil pour courir en autonomie, s’avère être un excellent porte bouquet. Je porte les fleurs de saison, locales, que je me réjouis de voir fleurir. Amandiers, mimosas, et bien d'autres qui poussent naturellement à cette saison. C'est une façon de montrer que ces fleurs sont là, que ce sont celles que nous devrions offrir en ce jour. La dystopie de la Saint-Valentin, c'est que nous offrons des roses qui viennent pour la plupart d'Afrique avec tous les pesticides que l'on a interdits ici tant ils sont néfastes. Les roses ne sont pas de saison chez nous, elles sont empoisonnées et pourtant nous les offrons à notre amour. C'est une dystopie sans nom de notre société alors à défaut de pouvoir empêcher les gens de nourrir ce système, j'ai à cœur de montrer l'exemple d'autres voies à suivre et je me décore de fleurs au fil de la course.

Nous sommes de retour en ville, à Ville et Vélo où nous retrouvons Erwin, notre réparateur de vélo emblématique du centre de Montpellier. Voilà plus de 10 ans qu'il répare et fait réparer dans son magasin, son atelier pro et son atelier associatif et insertionnel. C'est un plaisir de revoir cet ami de longue date et d'écouter son point de vue sur le vélo. En 10 ans, lorsque j'ai découvert Montpellier à l'occasion de mon master et maintenant, celà n’a rien à voir, les pistes cyclables ont pris beaucoup d’espace. La métropole s'est véritablement transformée positivement en faveur de la mobilité douce.

La troupe de runners est à bout de force et nous laisse ici. Le final vers L*zprit Réquipe au Crès, à l'est de la Métropole, n'emballe pas la foule. Je repars seul pour ce dernier tronçon. 8 km et une très longue ligne droite. Louca et Sophie s'arrêtent à la boulangerie. Ils ne me rattraperont pas. Changement de paradoxe : je suis seul pour finir. J'apprécie aussi de courir seul. À mon rythme. Je me sens relativement bien physiquement. Je sais que c'est la dernière séquence, que je n'ai plus que "ça" à parcourir et je serai au bout de ce défi. Des fleurs m'accompagnent sur le bord. Je prends mon temps pour profiter de ces derniers instants.

À deux cents mètres des locaux de la recyclerie sportive et de l'arrivée, la route est barrée car inondée. Je quitte les chaussures et les chaussettes pour une traversée et un bain de pieds frais. Pas désagréable pour récupérer. Amusant, je termine pieds nus. Joaquim et Thomas de la recyclerie m'offrent une arrivée en musique et avec une véritable ligne d'arrivée fabriquée en seconde main par leurs activités. Magique. Merci les gars.

Cette arrivée est très calme. La recyclerie est vide. Sophie a fait demi-tour devant la route inondée. Personne n'est venu pour la visite. Néanmoins, Louca s'en réjouit. Il part à la montagne dans deux jours et trouve son bonheur avec l'ensemble du matériel disponible à prix accessible. Est-ce un échec qu'il n'y ait personne ? Oui et non. Oui, parce que c’était une belle occasion de partager ce moment avec plus de monde, de montrer la recyclerie sportive, de créer du lien, de fédérer. Et non, parce que Louca a trouvé son bonheur pour la montagne. Parce que j'ai eu un moment privilégié avec Joaquim et Thomas. Parce que la ligne d'arrivée en matériaux de seconde main, c'était exactement ça, l'esprit. Et surtout non, parce que la question n'était pas "Combien de monde va venir ?" La question était "Est-ce que ça en valait la peine ?"

Je vois toujours le positif. C'est un moment privilégié avec la recyclerie et j'en profite pour poser mes questions. Je peux dévorer le goûter avec la satisfaction et la joie d'avoir bouclé ces deux courses. Je m'interroge sur la gravité de ma blessure, la douleur ne m’a pas lâché. Au final, j’ai parcouru plus de 45 km aujourd’hui et quasiment 100 km en deux jours. Sous la pluie puis sous le soleil. Pour montrer que les solutions existent. Que le compost nourrit notre territoire. Que nos objets méritent une seconde vie.

Alors pour tous ceux qui compostent, qui réparent, qui recyclent, qui donnent, qui réemploient. Et pour tous ceux qui vont s'y mettre: Oui. Ça en valait la peine.

Tom vient à nouveau me récupérer, je me sens coupable de ne pas rentrer avec le vélo mais je pense que j’en ai assez fait pour ce weekend. Je rentre chez les Thaler avec le sentiment d’accomplissement. Do**he chaude. Repas chaud. Les jambes lourdes mais le cœur léger. Demain, je verrai pour mon pied. Aujourd'hui, j'ai couru pour la seconde vie. C’était beau et je remercie encore une fois tous ceux qui ont participé de prêt ou de loin à ces courses qui nous rappellent que l’on peut courir dans le bon sens.

Merci

Clément

📷 le guillou

Final show des ambassadeurs sportifs du zéro-déchet De base, c'est un accomplissement. Cette fois, ce projet était en gr...
26/02/2026

Final show des ambassadeurs sportifs du zéro-déchet

De base, c'est un accomplissement. Cette fois, ce projet était en grande partie financé. Mon travail était en quelque sorte rémunéré, je n'étais pas simplement bénévole. Cet appel à projet financé par la Métropole de Montpellier pour ces Ambassadeurs Sportifs du Zéro Déchet en valait-il la peine ?

On va vite le savoir. En attendant, je peux déjà dire que je me suis fait mal pour aller au bout. Parce que j'y croyais, parce que je le trouvais vraiment stylé et sensé ce projet. Courir pour aller à la rencontre des acteurs et des solutions qui permettent de réduire les déchets. C'est sur le papier, un peu plus sexy que de courir en ramassant les déchets. Pour ceux qui ont raté un épisode, c'est un domaine de compétence chez moi et chez Ploggathon qui a porté mes records du monde de Plogging.

J’en ai évidemment ramassé quelques-uns, mais ce qui comptait surtout c'était de parler des solutions.

Allons-y. Vendredi 13 février 2026, c'est la Course de l'Or Brun.

Objectif : 50km pour mettre en avant les différentes solutions et les acteurs autour des biodéchets et de la boucle fertile du compost. À mes yeux, ce sont les déchets les plus importants à valoriser. Les biodéchets, c'est de l'or tout simplement. Ce ne sont même pas des déchets. Pourtant, certains remplissent encore 30% de nos ordures ménagères. Un coût environnemental faramineux pour transporter et détruire 80% d'eau et autant de nutriments qui devraient à nouveau nourrir le sol. Oui, c'est malvenu quand on est conscient de l'appauvrissement des sols que nous traversons. Ou plutôt la destruction effrénée des sols que les activités humaines génèrent. Selon les scientifiques, leur état ne permettra plus de nourrir notre population en 2040 tant ils seront arrivés au bout de leur capacité. C'est la réalité du système que nous alimentons.

Alors pratiquer le compost, c'est la première pièce à verser pour alimenter le monde de demain, celui qui collabore avec le vivant, qui boucle positivement et durablement. Aujourd'hui, ne pas le pratiquer est un choix individuel irresponsable ou inconscient tant les solutions sont présentes. Aujourd'hui, je vais courir pour montrer que ces solutions existent, qu'elles sont nombreuses et à portée de main sur la Métropole de Montpellier.

Mon engagement environnemental n'a rien à voir avec un héritage familial, à l'exception de cette pièce maîtresse qu'est la gestion des biodéchets que je n'ai jamais mis à la poubelle de ma vie.

Chez mes parents, nous avions le poulailler et tous les déchets alimentaires partaient pour les poules, à l'exception des résidus carnés réservés aux chiens. Les poules sont d'excellents digesteurs omnivores. Elles peuvent consommer jusqu'à 150 kg de déchets par an. C'est une super solution quand on a suffisamment d'espace à leur offrir. Leurs fientes font un très bon fertilisant pour le potager. Cerise sur le gâteau, elles vous rendent des œufs frais. Et en plus sur le territoire, la Métropole propose une aide pour acheter quelques poules. Adopter une poule ou deux, c'est un excellent choix. Néanmoins, c'est aussi une responsabilité à prendre.

Dans la série des animaux de compagnie qui peuvent nous aider à composter, il y a les lombrics. Le lombricompostage est également une super option pour valoriser ses biodéchets, spécialement conçue pour les appartements. Il utilise des vers spécifiques (vers de compost) qui transforment nos biodéchets en compost de qualité et en "thé de compost", un engrais liquide très efficace pour les plantes. Là aussi, la Métropole de Montpellier Méditerranée vous aide à l'achat. Si vous avez un jardin, vous pouvez même bénéficier d'un composteur individuel. Mais revenons-en à la course et aux solutions collectives.

La course de l’Or Brun

Il est 9h vendredi matin. Nous sommes devant le composteur de quartier du Potager Partagé Voltaire dans le centre-ville de Montpellier.

Louca me rejoint. C'est le vidéaste de ces aventures. Un petit gars comme j'adore : drôle, ouvert, bienveillant et professionnel. Je lui cède le vélo d'Olivier avec lequel je suis venu pour qu'il puisse suivre la course. J'ai apprécié ces 40 minutes d'échauffement à bicyclette, mais il est maintenant l'heure de courir.

Au départ, Adrien est aussi de la partie. C'est l'anti-sportif par excellence. En service civique chez C.L.O.P.E. (Collecte Locale Organisée Pour l'Environnement), il m'offre le plaisir d'une mise au sport pour l'occasion. Avant de partir, je jette mes déchets alimentaires de mon jus vitaminé dans le composteur collectif du jardin partagé pour la caméra. Soit les fibres de choux kales et les résidus de pommes et citrons que l’extracteur a rendus.

C'est à mes yeux la solution la plus pertinente, la boucle la plus évidente à mettre en avant et à valoriser à travers cette course. Ici, le compost est utilisé directement dans le jardin qui produit de la nourriture pour les jardiniers du quartier. La boucle fertile de l'or brun est directement visible et ne nécessite aucune énergie extérieure.

Il y a 35 jardins partagés sur la métropole et 200 bacs d'apports volontaires. Ce sont ceux que je recommande en priorité. On ne peut néanmoins pas tout y mettre. Les restes alimentaires avec du gluten, les résidus carnés et les fruits de mer ne sont pas les bienvenus. Mais pour ça, il y a d'autres solutions.

En attendant, nous prenons la route vers le Lac des Garrigues, où nous allons tenter de trouver un autre jardin partagé et d'autres bacs de compostage. Florestan, coordinateur de C.L.O.P.E., nous a rejoint. Il pousse son vélo et encourage Adrien!

Je suis très enthousiaste d'enfin démarrer ces courses. Néanmoins, ma douleur sous le pied gauche n'a pas traîné à revenir. 300 mètres à peine et je la sens déjà se pointer. C'est moins agréable, mais jusque-là je ne suis pas inquiet qu'elle soit vraiment contraignante.

Je resterai à l'écoute de mon corps. En attendant, je ne vais pas me défiler. J'ai 50 km à parcourir pour le compost qui m'est cher. La bonne nouvelle, c'est que dans mon échelle d'athlète d'ultra-endurance, avec ma perception modifiée des distances, 50 km ce n'est pas si fou. Et même si je dois le faire deux fois d'affilée, je pense pouvoir courir 100 km avec cette douleur.

Réponse demain. En attendant, je constate en direct les effets de la sédentarité sur les humains à travers Adrien qui est parti pour réaliser la perf de sa vie, non sans douleur. Il devient rapidement rouge écarlate, mais avec le soutien de Florestan, il va parvenir au bout de sa peine et arriver jusqu'au Lac des Garrigues au nord de la ville. 8 km au moins. Quel champion, il est allé au bout de lui-même. Et rien que pour ça, cette course est une grande réussite.

Nous trouvons le jardin partagé Cariera où les jardiniers sont en action. Claudine nous reçoit avec une grande sympathie, nous montre les jardins, son utilisation du compost venu du centre de compostage de Grammont où nous avons aussi prévu de passer, et son composteur individuel.

Nous cherchons les bacs de compostage collectif sans les trouver. Claudine nous confie, à notre grande surprise, ne pas en avoir ici. Stupéfaction-réaction. Ni une ni deux, Florestan appelle le responsable compost des services de la Métropole. A priori, le problème devrait être résolu rapidement.

Après avoir pris quelques images, remercié nos hôtes et nos héros sportifs du matin, je repars seul avec Louca, direction la Biocoop Clemenceau où un ravito nous attend. Le timing étant serré, j'accélère le rythme. Nous prenons tout de même le temps de faire attention aux jardins partagés du Bosphore et à l'Agro Parc de Malbosc, ainsi que quelques images sur les nombreux bacs d'apports collectifs présents, en nous amusant à quelques figures gymniques.

Nous arrivons avec le début de la pluie à la Biocoop Clemenceau où un ravito fruité nous a gentiment été préparé. Les activités du magasin génèrent quelques kilos de biodéchets. Les professionnels n'étant pas autorisés à utiliser les solutions individuelles, le magasin engagé fait appel aux Alchimistes, la solution pour les entreprises. C'est d'ailleurs le point suivant que nous irons voir. Le compost produit est même revendu dans le magasin en petits sacs. Nous apprécions encore une fois le partage de valeurs avec Biocoop qui soutient une fois de plus nos aventures.

Swane nous a rejoint pour la suite de la course. Record de distance à 10 km, elle ne sait pas encore qu'elle va le fracasser de 60% pour sa reprise. Cette jeune future bachelière a fait péter les cours pour venir courir aujourd'hui. Et si nous ne lui avons pas demandé, je me réjouis qu'elle l'ait fait car sa présence va illuminer la course alors que la pluie commence sérieusement à se pointer. Voilà maintenant près de 3h de course et 20 km, je suis toujours sec et n’ai pas mal au pied outre mesure.

Nous avons pris la direction de Pérols pour trouver le centre de gestion des Alchimistes. N'ayant pas eu de réponse à mes prises de contact téléphoniques et mails en amont, nous tentons quand même le coup en direct. La responsable est occupée et ne peut pas nous recevoir maintenant, ce que je comprends tout à fait. Néanmoins, ça m'agace un peu qu'elle me donne sa carte pour la prévenir en amont alors que j'ai déjà son numéro, que je l'ai déjà contactée et laissé au moins un message sur le sujet.

Qu'importe. La solution compostage pour les professionnels est bel et bien présente et fonctionnelle, et c'est cela qui compte. Nous repartons sous une pluie qui s'intensifie.

Nous allons maintenant nous intéresser à la solution industrielle de la Métropole et aux bornes d'apport volontaires qui sont, depuis 2 ans, installées un peu partout. Ces bornes accueillent tous les déchets organiques, même les déchets carnés ou les fruits de mer, et constituent la solution complémentaire aux premières. C'est aussi une solution simple pour le grand public avec des bornes disposées un peu partout et qui permettent à chacun de trier ses biodéchets comme les autres. Il y en a déjà des centaines et l'installation continue encore pour les quartiers et villes qui n'ont pas encore été équipés.

Les déchets sont ensuite collectés et partent en camion au centre de méthanisation Amétyst. Cette solution industrielle est loin d'être low-tech et nécessite beaucoup d'énergie. Elle a néanmoins le mérite de produire du biogaz valorisé en production d'électricité et du compost en fin de chaîne pour alimenter ensuite des parcelles agricoles du territoire. C'est une boucle pour du gros volume. Le centre Amétyst est au sud de la ville. Les déchets collectés ne parcourent pas des centaines de kilomètres.

Swane nous a laissés en partant de son côté après avoir parcouru plus de 16 km à la course. Elle n'en avait jamais fait plus de 10 jusqu'ici. C'était en plus une reprise pour elle. Encore une fois, courir pour le vivant, courir autrement permet de dépasser ses limites. Loin du chrono, courir pour une cause qui nous dépasse permet de nous dépasser. La perf de Swane l'illustre parfaitement et m'en réjouit. Cette jeunesse engagée donne de l'espoir. Ensemble, nous avons "composté" un rat mort sur la chaussée, et elle est repartie avec ses poireaux sauvages collectés.

Désormais, la pluie se calme par instants seulement, et les averses sont de plus en plus intenses. J'ai légèrement dévié de mon parcours. Louca m'indique un raccourci piégeux que j'accepte de prendre. Le sentier est détrempé, enfin même inondé. C'est un jeu dangereux pour ne pas se mouiller les pieds et ruiner mes saguaro (chaussures minimalistes) jaune toutes neuves. Un petit saut et une glissade plus t**d, me voilà complètement plein de boue. Jolie chute. Je me suis étiré l'épaule, mais a priori sans gravité. La douleur sous ma voûte plantaire s'est accentuée sans être contraignante jusqu'ici.

Je suis au sud-ouest de Montpellier et je dois maintenant traverser la ville en entier pour aller repérer le centre de compostage de Grammont, bien à l'est de la ville.

Cette fois, je suis trempé et seul pour terminer. J'ai dit à Louca d'aller se mettre à l'abri autant que possible et que l'on se retrouverait à la fin. Finalement, ce n'est que 3 heures à être trempé. Ce n'est pas la fin du monde, je ne suis pas en sucre. Pour moi, cette rincée est l'occasion de sortir de la zone de confort, de m'acclimater à des conditions plus difficiles. Je profite de courir seul. Ce n'est pas le but de ces courses, mais avec le temps et la pluie, personne d'autre ne me rejoindra pour le final.

Louca me retrouve à 3 km de l'arrivée. Nous allons jusqu'au centre de compostage de Grammont. Ici, c'est une déchetterie verte de la Métropole, pour les branchages, la tonte, etc. La production de compost se fait sur site et est redistribuée pour les jardins partagés ou d'autres espaces agricoles.

À quelques centaines de mètres se trouve l'Oasis Citadine, notre partenaire d'arrivée. Je me sens plutôt frais, mais je suis bien content d'arriver. 50 km à pied, ce n'est pas rien. Encore une flaque ou deux à traverser et nous y voici.

La pluie ne se calme pas. Je termine complètement rincé. Noémie et Léane de l'Oasis Citadine nous accueillent à l'abri avec un petit feu, une compote anti-gaspi toute chaude et une infusion elle aussi bien chaude avec les plantes du jardin. Tom et Zelda nous ont rejoints avec le reste du goûter et mes habits de rechange.

La visite de l'Oasis Citadine sera remplacée par de simples échanges très sympathiques autour de nos parcours et l'histoire de ce lieu que j'apprécie particulièrement. Comme son nom l'indique, l'Oasis Citadine est une ferme urbaine collective qui montre la voie de la permaculture et de l'agroécologie. Je suis très content de terminer cette course ici et encore plus de la conclusion de Noémie qui nous parle du point de compostage du jardin : "Notre compost, c'est le cœur fertile de l'Oasis. C'est avec lui qu'on nourrit le jardin qui nous nourrit."

Sur ces magnifiques mots de conclusion, je plie mes affaires et apprécie le retour motorisé avec Tom et Zelda. La famille Thaler m'accueille toujours chaleureusement. Place à la récupération puisque demain, c'est à nouveau 50 km, mais cette fois pour la seconde vie de nos objets.

Je m'endors en me demandant si je vais tenir. Mon corps accuse le coup, enfin mon pied, pour le reste, rien à déclarer.

Photos Louca Le Guillou

Adresse

Montpellier

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