25/08/2026
Au début du XVIᵉ siècle, l’histoire du Talmud prend une tournure presque incroyable.
Un homme né juif va réussir à obtenir de l’empereur du Saint-Empire l’autorisation de faire saisir les livres de ses anciens coreligionnaires.
Son nom est Johannes Pfefferkorn.
Né vers 1469, probablement en Moravie ou à Nuremberg, il aurait porté le prénom juif Joseph. Les détails de sa jeunesse sont incertains. Les sources indiquent qu’il reçut une certaine formation juive et qu’il vécut plusieurs années au sein de communautés du monde germanique.
Son parcours fut mouvementé.
Après une condamnation pour vol et une période d’emprisonnement, il fut libéré vers 1504. Peu après, il se convertit au christianisme à Cologne avec sa femme et ses enfants.
Après sa conversion, Pfefferkorn devint un polémiste particulièrement agressif contre le judaïsme.
Il développa progressivement une idée radicale : selon lui, le principal obstacle à la conversion des Juifs n’était pas seulement la Bible, mais surtout la littérature rabbinique et le Talmud.
Autrement dit :
pour changer le peuple, il fallait d’abord supprimer ses livres.
Soutenu par les Dominicains de Cologne, Pfefferkorn parvint jusqu’à l’empereur Maximilien Ier.
En 1509, il obtint un mandat impérial l’autorisant à faire confisquer les ouvrages juifs considérés comme hostiles au christianisme.
À Francfort, il pénétra dans le quartier juif accompagné de représentants municipaux et ecclésiastiques et commença à saisir les livres, notamment ceux de la synagogue. Des confiscations eurent également lieu dans d’autres communautés comme Worms et Cologne.
Mais l’affaire prit une tournure inattendue.
L’empereur demanda plusieurs avis savants avant de décider définitivement du sort de ces livres.
Parmi les experts consultés figurait Johannes Reuchlin, grand humaniste chrétien allemand et spécialiste de l’hébreu.
Reuchlin prit position contre la destruction systématique des livres juifs.
Son raisonnement était révolutionnaire pour son époque : on ne peut pas condamner une immense littérature que l’on connaît mal simplement parce qu’elle appartient à une tradition religieuse différente.
Il recommandait au contraire d’apprendre