17/07/2026
📖 Carnet de voyage – 1ère Partie
Ce coup-ci, c'est au travers des yeux de Maud, notre accompagnatrice, que nous retournons sur les chemins de l'Aubrac...
[ Rafaelle, que nous ne présentons plus ici, ma collègue mais avant tout l’une des rencontres les plus marquantes de mon cursus pour devenir accompagnatrice en montagne, me propose de la remplacer sur son séjour en Aubrac.
C’est ainsi qu’en mai 2026, j’encadre pour la toute première fois dans le massif central alors que je suis plutôt une habituée des recoins alpins.
Nous sommes juste après la transhumance. On peut encore sentir les odeurs de la fête et les vaches ont regagné les prairies, où la sérénité semble être à son paroxysme.
En amoureuse des plantes, je suis émerveillée par le nombre et souvent par la variété de fleurs dans les alpages du plateau. Je suis heureuse de côtoyer certaines espèces qui me sont peu familières puisque endémiques de l’Auvergne ou bien de Midi Pyrénées.
Je suis fascinée par la taille de ces hêtres centenaires, qui recouvrait autrefois tout le plateau, et qui de loin me semble être des chênes tant leur port m’apparait inhabituel.
Je ressens une terre de tradition.
C’est dans ce contexte printanier, mais aussi dans l’inquiétude de cette première vague de chaleur que j’accueille le groupe.
Nous sommes une toute petite équipe de cinq. Le groupe est bien équilibré (hormis moi) il y a deux hommes et deux femmes : deux Brigitte.
Au jour 1, nous devenons donc le groupe « des Brigittes ». Tout le monde est encore un petit peu sur la réserve mais je sens déjà que « la mayonnaise prend » entre les participants.
Comme à mon habitude, je parle beaucoup de plantes et Dominique en profite pour me demander la signification du qualificatif « astringent » (détail à retenir car il prend toute son importance dans la suite de l’histoire).
Au jour 2, l’hébergement dans lequel nous sommes le soir a deux petits chatons de toute beauté, que beaucoup d’entre nous adopteraient bien : nous devenons donc le groupe des « cats Brigittes ».
Au jour 3, Dominique s’amuse à appeler toute sensation ou élément désagréable « astringent », ce qui est largement repris par l’ensemble du groupe : nous nous transformons ainsi en « les cats brigittes astringents ».
Les traditions s’attrapant comme les coups de chaud, il devient d’usage que chaque jour en plus apportera sa note additionnelle à notre « identité » de groupe.
Dans l’Aubrac, une plante dénommée « thé d’Aubrac » ou plus scientifiquement Clinipodium grandiflorum, ce que nous pouvons traduire en français par calament à grandes fleurs ; bref cette plante fait fureur.
C’est une petite plante forestière, ses feuilles dégagent une odeur un peu citronnée et relativement puissante. Elle a notamment des vertus rafraichissantes, digestives et calmantes.
Pour toutes ces qualités, elle a donc été particulièrement utilisée en Aubrac, principalement, depuis son usage certainement empirique, en tisane : le fameux thé d’Aubrac.
Devenue symbole du plateau et d’intérêt économique, elle est aussi déclinée en petites douceurs qui vont de la guimauve, petits biscuits (qu’elle vient agréablement parfumer) aux indétrônables liqueurs, qui réchauffent le cœur des montagnards (entre autre). ]
©Arne Schröter | Crédit photo