23/02/2026
[ÉLECTIONS MUNICIPALES]
Lorsqu’on constitue une liste impliquant des membres de la société civile, il est vrai que l’on ne connaît pas toujours les convictions politiques de chacun, surtout lorsqu’ils ne sont pas affiliés à un parti. On les invite à participer pour ce qu’ils apportent : leur engagement citoyen, leur expertise professionnelle, leur dévouement associatif. Cette diversité d’expériences et de parcours est une force, car elle incarne la vitalité démocratique. Dans cette période de prospection, vous n’êtes en aucun cas le dévot d’un dogme, chargé de faire passer un examen de conscience à tout un chacun.
Mais cette ouverture ne peut exister qu’à une seule condition : le respect des valeurs fondamentales sur lesquelles repose notre pacte républicain. La laïcité, l’égalité, la dignité de toute personne, le refus de la haine ou de l’exclusion ne sont pas des opinions parmi d’autres ; ils constituent le socle même de notre vivre-ensemble… c’est le corollaire de l’engagement politique, au sens noble du terme.
Il arrive, bien sûr, qu’avec le temps, certains engagements personnels ou certaines prises de position révèlent des zones d’ombre, voire des dérives contraires à ces principes. Cela peut surprendre, voire décevoir, mais c’est un risque inhérent à toute aventure collective. En revanche, lorsqu’une appartenance explicite à un courant politique extrême est connue dès le départ, le doute n’est plus permis : il est alors de notre devoir de tracer une ligne claire.
Aucune amitié, aucune justification, aucune stratégie d’ouverture ne peut légitimer le renoncement à nos valeurs. Car au moment où l’on consent à fermer les yeux au nom de la tolérance, on cesse d’être fidèle à l’idéal humaniste qui fonde toute démocratie. L’ouverture ne doit jamais devenir une brèche par laquelle s’engouffrent l’intolérance et le reniement de nos principes.
Fixer des limites, ce n’est pas exclure ; c’est au contraire protéger ce qui rend possible le débat, la pluralité, la liberté. Franchir le Rubicon, ce serait confondre la tolérance avec la complaisance, il n’y a aucune gloire à perdre son cap.
Amitiés républicaines à toutes et à tous
Sylvie SARTIRANO - Jean-Pierre MAURY