19/10/2026
À CEUX QUI N’ONT PAS COMPRIS NOTRE DÉMARCHE CONCERNANT NOTRE FILM.
Nous tenons aujourd’hui à apporter une précision essentielle à celles et ceux qui n’ont pas compris, ou qui ont mal interprété, le sens de notre démarche.
NON, NOTRE FILM N’A AUCUNE PRÉTENTION HISTORIQUE !
Il n’a jamais été question pour nous de réaliser un documentaire historique, de reconstituer fidèlement une opération militaire ou de prétendre raconter l'Histoire avec un grand H.
Ceux qui cherchent dans ce film une exactitude historique passent à côté de l’essentiel de notre message.
NOTRE OBJECTIF EST TOUT AUTRE : SENSIBILISER AUX SOUFFRANCES DE NOS CAMARADES REVENUS D’OPÉRATIONS EXTÉRIEURES (OPEX).
Nous voulons parler de ces hommes et de ces femmes qui ont servi leur pays, qui ont connu la peur, la violence, la perte de frères d’a***s et qui, pour certains, sont revenus profondément meurtris.
Meurtris dans leur chair, mais aussi dans leur tête, dans leur âme, au plus profond de leur être.
Nous voulons parler de ces blessures invisibles, de ce trouble de stress post-traumatique qui continue de faire souffrir certains de nos camarades, parfois des années, voire des décennies après leur retour.
Car il faut comprendre une chose : ce n’est pas parce qu’un soldat est rentré chez lui que sa guerre est terminée.
Certains continuent de livrer, chaque jour, un combat silencieux. Un combat contre les souvenirs, les cauchemars, les angoisses, l’isolement et parfois l’incompréhension de ceux qui les entourent.
Et derrière chacun d’eux, il y a souvent une épouse, un époux, des enfants, des parents, toute une famille qui souffre également, parfois sans savoir comment aider.
C’EST DE CETTE RÉALITÉ QUE NOUS VOULONS PARLER. PAS D’UNE LEÇON D’HISTOIRE.
Notre film utilise des images et une mise en scène pour transmettre une émotion, provoquer une prise de conscience et tenter de faire comprendre ce que les mots, parfois, ne parviennent pas à exprimer.
Nous respectons pleinement l’Histoire, ceux qui l’ont vécue et ceux qui œuvrent à sa transmission. Mais il ne faut pas confondre une œuvre de sensibilisation avec une reconstitution historique.
Nous pouvons entendre les remarques et accepter les critiques constructives. Mais nous demandons simplement que notre travail soit jugé pour ce qu’il cherche réellement à accomplir.
Notre démarche n’est ni une recherche de reconnaissance, ni une volonté de spectaculaire. Elle est avant tout un acte de fraternité, de solidarité et de respect envers nos camarades blessés.
Si ce film permet à une seule personne de mieux comprendre les souffrances liées au stress post-traumatique, si une seule famille se sent moins isolée, si un seul de nos camarades comprend qu’il n’est pas oublié, alors notre démarche aura eu un sens.
À ceux qui n’ont pas compris notre intention, nous voulons dire ceci :
NE REGARDEZ PAS UNIQUEMENT CE QUE LES IMAGES REPRÉSENTENT. ESSAYEZ DE COMPRENDRE CE QU’ELLES VEULENT EXPRIMER.
Derrière ce film, il y a une pensée pour tous ceux qui sont revenus des théâtres d’opérations avec des blessures que l’on ne voit pas toujours.
Il y a notre volonté de leur dire qu’ils ne sont pas seuls.
Il y a notre refus de laisser leur souffrance sombrer dans l’indifférence ou l’oubli.
NOUS N’AVONS PAS RÉALISÉ CE FILM POUR RACONTER UNE GUERRE. NOUS L’AVONS RÉALISÉ POUR RAPPELER QUE, POUR CERTAINS DE NOS CAMARADES, LA GUERRE CONTINUE BIEN APRÈS LE RETOUR.
Et c’est précisément pour eux que nous continuerons à sensibiliser, à témoigner et à faire entendre notre voix.
Parce que la fraternité d’a***s ne s’arrête pas au retour d’une mission.
Parce que nos camarades blessés méritent d’être écoutés, compris, accompagnés et respectés.
ET PARCE QU’AUCUN DE NOS FRÈRES OU SŒURS D’ARMES NE DOIT ÊTRE LAISSÉ SEUL FACE À SES BLESSURES INVISIBLES.
NE LES OUBLIONS PAS. NE LES ABANDONNONS PAS.
Pour nos camarades, pour leurs familles, pour ceux qui souffrent encore en silence.
C’est cela, et uniquement cela, le véritable sens de notre démarche.
Michel Zannelli