21/10/2026
Violences urbaines : soutien à nos collègues actifs
Les violences urbaines du samedi 17 octobre ont atteint une ampleur et une intensité inédites, rarement observées au cours de
nos carrières de policiers.
Touchant à la fois les institutions, les commerces et nos collègues actifs engagés dans les services d’ordres, elles se sont
caractérisées par une vraie organisation mobile et préparée, des actes de pillage, des attaques ciblées et une banalisation de la
violence, rendant la gestion de l’ordre public particulièrement complexe. Des milliers de commerces saccagés et pillés, des
mairies incendiées à Limoges, Marseille, Lille, Angers, Grenoble et Lyon, des bâtiments publics et privés vandalisés, pillés ou
détruits : le bilan est désastreux.
Nos collègues, souvent débordés et devenus eux-mêmes des cibles, ont payé un lourd tribut : près de 1 000 policiers et
genda***s ont été blessés, dont sept grièvement, à rajouter aux 715 blessés lors du mouvement lycéen. Derrière ces chiffres,
ce sont des femmes et des hommes qui, chaque jour, assurent la sécurité de tous, souvent au péril de leur intégrité physique.
Pourtant, malgré la violence inouïe à laquelle ils ont été confrontés – jets de projectiles, tirs de mortiers, attaques coordonnées
de groupes mobiles et organisés –, la très grande majorité des forces de l'ordre engagées a fait preuve d'une retenue exemplaire.
Nombre d'entre eux se sont retrouvés en situation de légitime défense, subissant des agressions directes et répétées, sans pour
autant répondre par la force létale, alors même que la loi les y autorisait dans certaines circonstances.
La doctrine française du maintien de l'ordre impose en effet un usage de la force "absolument nécessaire, strictement
proportionné et gradué, avec des moyens adaptés". Ce principe, rappelé par le schéma national du maintien de l'ordre, a été
scrupuleusement respecté par les policiers et genda***s, même lorsque leur propre sécurité était gravement menacée.
Sur le terrain, ils ont souvent été contraints de rester mesurés, parfois au prix de leur propre blessure, pour éviter toute escalade.
Certains de nos collègues ont exprimé un sentiment d’incompréhension et de colère face à des consignes jugées déconnectées
de la réalité du terrain.
En tant qu’anciens policiers, nous tenons à exprimer notre profonde indignation face aux accusations de certains responsables
politiques qui affirment que la police "tue", alors que les faits évoqués témoignent, au contraire, de la maîtrise et de la retenue
dont les forces de l’ordre ont fait preuve.
Les forces de l'ordre n'ont pas failli à leur mission : elles ont protégé la République, les citoyens et les biens, avec les moyens
que l’administration leur a donnés, tout en respectant scrupuleusement le cadre légal, même dans les situations les plus
critiques.
N’oublions pas que derrière chaque blessure recensée, il y a une personne, une famille, un engagement, un sens du devoir. La
République ne peut pas demander à ses forces de l'ordre d'être à la fois le bouclier, le paratonnerre et, parfois, le
coupable tout désigné. Il est temps d'apporter un soutien clair et sans ambiguïté à ceux qui, chaque jour, risquent leur
vie pour garantir notre sécurité.
N’oublions jamais que ces « Gardiens de la paix » sont le dernier rempart de la République. Protéger les citoyens
commence par protéger ceux qui les protègent.
L’Union Nationale des Retraités de la Police