31/07/2025
Bien tardivement, un hommage rendu à huit tirailleurs faits prisonniers et lâchement exécutés le 25 juillet 1940 par les troupes d’occupation allemandes. Une plaque a été inaugurée, 85 ans après le massacre de ces soldats grâce au travail de recherche de Messieurs Roy et Billard, du maire de la commune René Béguin et le soutien du Souvenir Français du Montargois-Gâtinais.
Discours du président du Souvenir Français :
Nous sommes réunis aujourd’hui, 85 ans après, pour accomplir un acte fondamental de justice et de mémoire.
Ici même, en ce lieu devenu symbole, nous inaugurons une plaque à la mémoire de huit tirailleurs sénégalais, soldats de l’armée française, faits prisonniers et lâchement exécutés le 25 juillet 1940 par les troupes d’occupation allemandes.
Leurs noms, pour certains, nous sont désormais connus :
Sagasse Antandou, Bangoura Bakary, Niouma Ballo.
Un quatrième, un tirailleur inconnu, dont l’identité n’a pas encore été retrouvée, mais dont la mémoire mérite tout autant d’être honorée.
Et avec lui, quatre autres soldats restés anonymes, dont les noms, perdus dans les replis de l’histoire, vivent aujourd’hui à travers notre reconnaissance.
Ces hommes venaient d’Afrique de l’Ouest, de territoires alors appelés "colonies", mais c’est bien sous l’uniforme français qu’ils ont combattu, résisté, et qu’ils sont tombés.
Ils ont quitté leur village, leur famille, leur terre, pour une patrie parfois lointaine, mais à laquelle ils avaient choisi d’être fidèles : la France.
Le 25 juillet 1940, ce n’est pas sur un champ de bataille qu’ils sont morts.
Ils ont été abattus froidement, alors qu’ils étaient prisonniers.
Non parce qu’ils représentaient un danger, mais parce qu’ils étaient noirs, soldats de France, et que dans l’idéologie raciste nazie, cela suffisait à les condamner.
Cet acte, aussi cruel qu’oublié, a traversé les décennies dans le silence.
Mais aujourd’hui, grâce au travail des historiens, des associations, des élus, nous brisons ce silence.
Nous inscrivons leur souvenir dans la pierre et dans les consciences.
Car aucun sacrifice pour la France ne mérite l’oubli.
Et surtout pas celui de ceux qui furent doublement trahis : par l’ennemi, mais aussi trop longtemps par la mémoire nationale.
Ce geste de mémoire que nous posons — une simple plaque — est immense.
Il dit : « Nous n’avons pas oublié ».
Il dit : « Leur sacrifice a compté ».
Il dit surtout : « Ils appartiennent à notre histoire commune, à notre mémoire nationale ».
En apposant cette plaque, nous leur rendons justice.
Nous disons :
« Sagasse Antandou, Bangoura Bakary, Niouma Ballo, et vous autres soldats sans nom, nous ne vous oublions pas ».
Vous êtes les fils d’une même patrie, les frères d’armes de tous les soldats tombés pour la France.
Votre sacrifice nous oblige.
Votre mémoire nous unit.
Au nom du Souvenir Français, qui a pour mission de perpétuer la mémoire de ceux qui sont morts pour la France, je rends hommage à ces huit soldats.
Je salue leur courage, leur loyauté, et je m’incline devant leur mémoire.
Et j’invite chacun ici à transmettre cette histoire, Que cette plaque soit un rappel à chaque passant, à chaque jeune, à chaque génération future, que la liberté, la fraternité et la dignité humaine ont un prix.
Et que ce prix, parfois, fut payé dans la solitude d’une campagne, loin de chez soi, dans l’oubli des livres d’histoire.
Mais plus aujourd’hui.
Honneur à Sagasse Antandou.
Honneur à Bangoura Bakary.
Honneur à Niouma Ballo.
Honneur au tirailleur inconnu.
Honneur aux quatre soldats restés anonymes.
Et que jamais la France ne les oublie.