24/12/2025
Communication publique du collectif NoBitume :
lls ont fermé les yeux... nous avons ouvert les nôtres !
Retour sur un peu plus de vingt-huit mois de mobilisation du collectif No Bitume contre le projet d'usine de bitume à Montans. Faire entendre notre voix : un apprentissage de la vie politique locale et du fonctionnement de nos institutions.
Pourquoi créer No Bitume ?
Il y a un peu plus de 2 ans (mai 2023) naissait le collectif No Bitume pour s'opposer au projet de centrale de bitume voulu à Montans par quelques élus et entrepreneurs du BTP. Ce projet n'est arrivé à nos oreilles que cinq jours avant la clôture d'une mascarade de consultation publique : affichage dans un rayon d'un kilomètre autour de la centrale, aucune communication d'aucune sorte, ni de la commune de Montans, ni de Lisle-sur-Tarn ou Gaillac, alors que ces communes étaient pourtant directement impliquées dans les prises de décision relatives au projet. La vente du terrain par l'Agglo aux frères Laclau avait été pourtant votée un an auparavant (juin 2022). Nos élus étaient donc au courant mais n'avaient rien dit. Pire, ils ont refusé de répondre à nos questions : demandes de rendez-vous en mairie, demandes de réunion publique. Il aura fallu des mois de battage pour enfin obtenir des audiences auprès de certains d'entre eux. À Lisle-sur-Tarn, le sujet n'a été abordé avec la population que lors de réunions de quartier, en juin 2023. Lors de ces réunions, le représentant de la DREAL, invité par madame la maire, a pu nous dire que « nous étions en démocratie » et que nous pouvions faire des recours juridiques si nous le souhaitions.
Nous apprenions donc que la démocratie avait un coût : 15 000 € de frais d'avocats engagés à ce jour. Pas de démocratie pour celles et ceux qui n'en ont pas les moyens ? Ce n'est pas cette démocratie que nous voulons. Nous voulons être entendus sur des sujets impactant fortement notre cadre de vie et celui de nos enfants.
Note : DREAL : organisme d'État qui vérifie la conformité des installations industrielles en lien avec le respect de l'environnement.
Nos actions?
Il nous a fallu nous documenter, rencontrer des personnes vivant à côté de centrales à bitume, vérifier la loi, essayer de comprendre ce besoin effréné de bitume. « Il nous faut bien des routes ! » nous disait-on - bien sûr, mais lesquelles ? Nous avons présenté les éléments recueillis aux habitants de la zone concernée, à la presse, à la justice.
Il nous a été reproché de jouer avec la peur, d'être des menteurs quant aux arguments que nous avancions. Nous n'avons jamais « joué »... ni menti.
A ce jour, la mobilisation des membres du collectif No Bitume a permis de stopper l'avancée du projet. Plus de 600 personnes reçoivent notre infolettre. L'usine qui devait voir le jour à l'été 2023 n'est pas construite ! Quatre recours juridiques ont été déposés par nos soins auxquels s'ajoute une instruction judiciaire au pénal. Nous remercions toutes les personnes qui ont participé et qui participent encore à donner au collectif la capacité financière d'agir.
Apprentissage de la vie politique locale : une agglo déficiente, des maires sous influence ?
Le montage du dossier de cette centrale entre la CAGG et les entrepreneurs concernés a révélé des fonctionnements n'allant apparemment pas dans le sens du bien commun et de la bonne utilisation de nos impôts. A ce jour, cinq mises en examen ont été prononcées et concernent le président de l'agglo, Paul Salvador, les entrepreneurs Jean-Marc et Sylvain Laclau, la compagne de l'un d'eux qui travaillait à la CAGG sur le dossier de vente du terrain pour la centrale, et la Directrice Générale Adjointe pour l'Économie en charge à l'époque de la vente. La justice pénale tranchera. Le fonctionnement de la CAGG a été fortement perturbé. Paul Salvador, sous contrôle judiciaire, a considéré qu'il pouvait continuer à piloter cette institution malgré sa mise sous contrôle judiciaire. Il a même été interdit pendant quelques mois d'entrer dans les locaux de l'agglo et d'entrer en relation avec certains de ses collaborateurs. La réponse de la CAGG à nos sollicitations est invariable : refus de transmettre des éléments d'informations pourtant légalement accessibles au grand public. Quant aux élus, la plupart refuse de communiquer sur le sujet, se bornant à respecter l'omerta qui règne dans cette institution.
Nous en tirons une leçon : voter pour choisir nos élus ne suffit pas. Il s'agit de rester vigilants sur ce qu'ils font de leur investiture. Le budget de nos communes est décidé à 80 % au niveau de l'agglo et non au niveau des mairies. Ceci rend la surveillance plus difficile et d'autant plus nécessaire. Surtout si nos élus ne nous expliquent pas ce qui s'y décide !
La suite?
Aujourd'hui, l'usine n'est donc pas construite ! Le projet est bloqué, mais n'est toujours pas annulé. Le préfet du Tarn a indiqué que ce projet devait attendre : « Le débat autour de l'installation de cet équipement continue sur votre territoire...» Le débat a été lancé à notre initiative, sous notre contrainte. Ce qui n'avait même pas fait l'objet d'un sujet au conseil municipal à Lisle-sur-Tarn avant notre existence est devenu un sujet d'échange. Nous nous en félicitons.
Les membres du collectif No Bitume ont beaucoup appris sur le fonctionnement de nos institutions locales. Nos actions prouvent qu'il est possible de faire entendre nos voix et de s'opposer à ce qui est inutile voire dangereux pour notre cadre de vie.
Nous découvrons que le temps de la justice est long : la procédure pénale est toujours en cours sans nouvelles à date, après plus de 2 ans. Les quatre autres recours déposés semblent attendre sa clôture. Il n'y a pas d'échéance définie à ce jour.
Un nouveau point s'est rajouté à suivre tout particulièrement : les Frères Laclau ont intenté une action judiciaire contre la Communauté d'Agglomération Gaillac Graulhet pour obtenir la reconnaissance de la vente du terrain destiné à la centrale de bitume comme étant « sans vice », forçant ainsi la vente du bien, et réclamant des dommages et intérêts.
Le sujet n'est donc toujours pas clos 28 mois après : il s'agit de surveiller avec nos avocats le déroulé des différents recours judiciaires concernant cette « affaire », notre affaire !
Il faut donc garder nos yeux ouverts !
Vos soutiens, le soutien de toutes et de tous, restent des plus importants.
La communauté d'Agglomération ne défend pas nos intérêts ?
Nous le faisons à sa place !
Début 2024, une trentaine de personnes décide de se porter partie civile dans l'enquête pénale qui vise M.Paul Salvador, Président de la Communauté d'agglomération Gaillac-Graulhet.
Le journal L'Empaillé a offert une tribune à No Bitume pour rendre compte de cette démarche. C'est ICI.
En conclusion : le droit français empêche malheureusement les populations d'intervenir dans une procédure pénale quand celle-ci touche des personnes élues, représentantes de l'intérêt public. C'est en contradiction avec la convention européenne des droits humains, et à ce titre mériterait un recours au plus haut niveau !
Prochaine lettre d'information en Janvier 2026 !
Bonnes fêtes
Gaillac Graulhet Agglomération